CLDR10

« Kidnapper n° 3 » (en anglais dans le texte) est une enquête de Claude Prince, le détective radiesthésiste créé par Marcel Priollet sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll.

Paru initialement dans la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes à une date indéterminée se situant probablement au milieu des années 1940. Elle contient presque une centaine de titres dont plus de 70 sont signés Marcelle-Renée Noll.

« Kidnapper n° 3 » est le 2e titre de la collection.

Marcel Priollet fut l’un des piliers de la littérature populaire fasciculaire qu’il abreuva d’un nombre incalculable de textes tant sentimentaux, que d’aventures, policiers, fantastiques...

Il écrivit sous divers pseudonymes dont Henry de Trémières, R. M. de Nizerolles... ou Marcelle Renée Noll, mais également sous son nom.

Claude Prince est un personnage dont les aventures parsèment la collection « Les Grands Détectives » des petits fascicules de 32 pages contenant des textes entre 7500 et 10 000 mots.

Difficile d’établir une liste exhaustive des aventures du radiesthésiste tant les titres de la collection sont difficiles à débusquer.

KIDNAPPER N ° 3

Le bébé d’un célèbre ténor disparaît lors d’une soirée donnée à l’hôtel de l’artiste.

La justice soupçonne d’abord la nurse de l’enfant, puis l’ex-femme du chanteur.

Mais Claude PRINCE, le détective radiesthésiste, rapidement, rentre dans la danse et son pendule lui indique, comme troisième suspect dans le kidnapping, une personne totalement inattendue…

Une série de kidnapping d’enfants a lieu sur Paris. C’est autour de l’enfant d’un ténor célèbre d’être victime. Du moins, c’est ce que pense la police après que l’enfant ait disparu lors d’une réception dans l’hôtel des parents.

L’inspecteur Pessart, chargé de l’enquête, pense tenir la coupable : la nurse. Son alibi est bancal, elle a menti.

Mais ce n’est pas elle. 

Heureusement, Pessart trouve un autre suspect : l’ex-femme du ténor qui ne supporte pas le bonheur de son ancien mari dans les bras d’une femme bien plus jeune qu’elle. De plus, elle a avoué que le bébé était un obstacle entre elle et l’homme qu’elle aime.

Mais ce n’est pas elle non plus.

Et Claude Prince intervient et découvre un troisième kidnappeur potentiel...

Que dire de cet épisode des aventures de Claude Prince ?

Déjà qu’il s’agit peut-être de la toute première aventure ? Je le saurais quand je mettrais la main sur le premier titre de la collection « Les Grands Détectives » (celui-ci étant le second).

Ensuite qu’il présente le personnage central comme déjà célèbre, ce qui sous-entend un épisode précédent (ou bien que l’auteur est parti du principe que son héros était déjà auréolé de succès, ce qui arrive à plein d’enquêteurs en littérature).

Sur 7 500 mots, Marcel Priollet ne cherche pas à installer une intrigue survoltée.

Un enlèvement, une fausse piste, une seconde, puis découverte du ou de la coupable.

Pas réellement d’enquête, ni en cours d’histoire, ni pour la résolution de l’enquête. C’est l’avantage de la radiesthésie, en littérature, c’est que tu peux lui faire trouver ce que tu veux sans avoir besoin d’indice ou de trop t’embêter à chercher.

7 500 mots, c’est un format assez court (usuel dans cette collection).

Pour avoir lu de nombreux titres dans la collection, on peut admettre que celui-ci échappe quelque peu au travail bâclé de l’éditeur (pas énormément de fautes dans le texte original, pas de bout qui manque, rien de rébarbatif sans que cela soit un modèle de probité).

On notera quelques répétitions facilement évitables.

Question narration, on pourra regretter la trop grande part, au début, des articles de journaux pour présenter le crime et le ténor. D’autant que l’on a du mal à croire qu’un journaliste instille autant de détails oiseux dans son article. Il faut dire que, bout à bout, les deux articles représentent un quart du texte final.

On notera également la fin de l’histoire qui est non seulement brutale (mais cela est compréhensible vu le format court), mais également pas super crédible ni morale.

Il faut bien reconnaître que l’on a connu Marcel Priollet en meilleure forme pour d’autres séries policières (« Old Jeep et Marcassin », « Monseigneur et son clebs »). Probablement est-ce la concision de cette série dont les textes sont particulièrement courts qui ne lui sied point et ne lui permet pas d’exprimer son talent au mieux.

Ou bien le travail de l’auteur était à l’image de celui de l’éditeur, allez savoir.

Toujours est-il que les aventures de Claude Prince ne sont pas ce qui se fait de mieux dans le domaine ni dans le format. Son principal avantage est de proposer un personnage original (il y a peu de détectives radiesthésistes dans la littérature populaire policière fasciculaire). Mais cette originalité n’est pas mise au service d’une intrigue. Les dons de Claude Prince ont pour seule prouesse, de réduire les enquêtes à sa portion congrue, donc, pas forcément un avantage pour le lecteur.

Au final, un épisode de Claude Prince qui se lit vite, mais sans enthousiasme.