CouvVS

« Vendetta sicilienne » est initialement paru en 1957 sous la forme d’un fascicule de 32 pages dans la collection « Mon Roman d’Aventures » des éditions Ferenczi.

Il est signé Désiré Charlus.

La seule chose que l’on sache de Désiré Charlus, c’est qu’il cache le même auteur que le pseudonyme Charles Richebourg. Et tout ce que l’on sait de Charles Richebourg, outre qu’il avait également pour pseudonyme Désiré Charlus, c’est qu’il possédait une belle plume, une excellente maîtrise des formats courts (il a principalement voué sa plume à des fascicules 32 pages... et quelques fascicules de 64 pages), qu’il maniait bien la langue française et l’humour et, surtout, qu’il a écrit 46 excellentes enquêtes du commissaire Odilon Quentin.

VENDETTA SICILIENNE

Le vieux Martino Morgani a été condamné au cachot après que Luigi Locatello, neveu d’un juge, et Benedetto Campestre lui ont tendu un piège pour le faire accuser de vol.

Felipe Morgani, le fils du détenu, décide de prendre le maquis afin de venger son père dans la pure tradition de la Vendetta sicilienne…

Pour de sombres histoires de bornages de terrain, deux hommes fomentent un plan pour faire accuser et arrêter un troisième pour vol.

Mais le fils de ce dernier décide de venger son père en assassinant les deux personnes responsables de sa déchéance. Il prend alors le maquis, arme au poing...

Signé Désiré Charlus, ce petit récit conte donc la vendetta d’un fils pour venger l’honneur de son père et le décès de sa mère, morte par le chagrin.

Intrigue simple et linéaire, donc, totalement adaptée au format du fascicule 32 pages.

La vengeance semble être au cœur de la plupart des écrits de Charles Richebourg destinés à la collection d’aventures, du moins est-ce le sujet central des trois textes issus de cette collection que je viens de lire (« Les Enfants du Dragon », « Horrible vengeance » et celui-ci).

Et, le moins que l’on puisse dire est que la vengeance n’est jamais bon enfant, ce qui est un doux euphémisme.

Ces textes laissent imaginer un penchant sadique à l’auteur que l’on n’entrevoyait pas du tout dans la série Odilon Quentin.

Il faut dire que l’avantage d’une telle vengeance définitive, c’est qu’elle permet de couper court à n’importe quelle histoire de façon brutale sans que l’on ait à y redire (ce qui, là encore, convient tout à fait à la concision inhérente au format).

Mais, contrairement aux deux autres textes, signés, eux, Charles Richebourg, ici, l’humour est totalement banni. Est-ce le changement de pseudonyme qui explique le changement de style ? Peut-être.

On retrouve donc des personnages classiques : les traîtres pleutres, le vengeur déterminé, la population qui penche vers le héros et la gendarmerie qui se trouve entre les deux.

Un récit pas désagréable à lire bien qu’il manque la légère note d’humour que met généralement l’auteur dans ses textes et qui vaut principalement pour sa fin abrupte et peut-être morale...

Au final, moins enlevé et léger que les textes précédents de l’auteur avec une plume un peu moins alerte, mais un agréable petit moment de lecture tout de même.