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La littérature populaire fasciculaire compte un nombre incalculable de séries entre le début et la moitié du XXe siècle.

Dans le seul genre policier, une liste exhaustive serait probablement impossible.

Parmi cette ribambelle de textes issus de plumes d’auteurs aguerris, parfois devenus culte ou bien plus obscurs, voire totalement impossibles à identifier, on trouvera deux séries à la même dénomination : « Les enquêtes du commissaire Benoit ».

Si l’une est développée par Gérard Dixe (un pseudonyme de Henry Musnik) et Jean d’Arjanse, aux éditions E.R.F, sous la forme de fascicules de 16 pages avec une couverture monochrome à une date non indiquée, une autre, composée de 14 titres de 12 pages, double colonne, (récit d’environ 10 000 mots) est publiée à partir de 1946 par les éditions Nicéa et écrite par les énigmatiques Robert et Jean Grimey. À noter que les couvertures sont ici en couleurs et signées Jean Pape.

Qui sont ces auteurs ? Des frères ? Un ROBERT et un autre qui s’appelle Jean Grimey (Robert est écrit en majuscule sur les couvertures, laissant supputer à un pseudonyme à part entière, mais écrit en minuscule à l’intérieur du fascicule, laissant penser qu’il s’agit du prénom). On ne le sait pas à l’heure actuelle.

Quant au commissaire Benoit, il s’agit d’un policier qui officie avec ses fidèles lieutenants : les inspecteurs Rousseleau et Tolday et son jeune secrétaire Pierre Lissier.

« Le numéro 32 s’est évadé » est la 10e enquête de Benoit.

LE NUMÉRO 32 S’EST ÉVADÉ

Le commissaire BENOIT vient de boucler une enquête qui l’a mené à Alger.

En se promenant dans les rues dans l’attente de son vol de retour, il croise son fidèle Rousseleau. L’inspecteur est en voyage de noces dans la ville avec son épouse Hélène.

BENOIT, heureux de les rencontrer, les invite au restaurant, puis au « Terrier », une boîte de nuit à la mode.

Alors que BENOIT s’apprête à quitter ses amis pour se reposer avant son départ, des cris retentissent dans l’établissement, une jeune femme est retrouvée assassinée dans un cabinet particulier du « Terrier »…

Encore à Alger à la suite d’une enquête, Benoit rencontre par hasard dans la rue l’inspecteur Rousseleau en voyage de noces avec sa femme Hélène. Il les amène manger puis dans une boîte de nuit à la mode. Au moment où le trio s’apprête à quitter l’établissement, des cris perçants se font entendre. Une jeune femme a été retrouvée morte dans un salon particulier de l’établissement. L’homme qui accompagnait la défunte s’enfuit, Benoit se lance à sa poursuite.

Quand l’individu saute dans une voiture, le commissaire Benoit monte dans un taxi, rejoint par les époux Rousseleau et la course-poursuite s’engage.

Mais, ensuite le fuyard provoque un accident dans lequel les policiers et la jeune épouse sont blessés...

On retrouve donc le commissaire Benoit, Rousseleau et Lissier (Tolday et Bidart sont occupés ailleurs). Cette fois-ci, les policiers se trouvent à Alger et vont devoir retrouver l’homme qui a assassiné l’épouse d’un docteur dans une boîte de nuit, mais qui est aussi responsable de l’accident de voiture qui a failli coûter la vie à la femme de Rousseleau.

Dans le même temps, ils devront mettre la main sur un homme qui s’est évadé de prison (de la cellule n° 32), en France, mais qui, ayant été vu à Marseille, a probablement pris le bateau pour l’Algérie.

Les recettes de la série sont respectées avec de l’action plus que de la réflexion, des rebondissements, du danger... L’ombre du Mondain, cet avocat gangster, continue de planer sur la série, malgré le fait qu’il soit incarcéré. Lissier, continue à tomber dans des traquenards et à risquer sa vie et Benoit parvient, comme toujours à boucler son enquête en 11 500 mots.

Pas grand-chose de plus à dire sur cet épisode en particulier si ce n’est que le cadre d’Alger n’est pas assez mis en avant (mais le format court n’est pas propice à cela).

L’enquête se lit plaisamment bien que les facilités de l’intrigue sont plus présentes que de coutumes.

Au final, une enquête agréable à suivre dans la veine des précédentes bien qu’un peu en deçà tout de même.