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« Un cri dans le soir » est un épisode de la série « Bill Disley » de J.A. Flanigham, probablement le 22e dans l’ordre de première édition, puisque paru tout d’abord en 1947 au sein de la collection « Murmure d’amour » des éditions du Moulin Vert sous la forme d’un fascicule de 16 pages contenant un récit d’environ 10 000 mots.

Il sera réédité (comme beaucoup d’autres titres de la série) une première fois en 1949 dans la collection « Police-Roman » des Éditions Lutèce, sous la forme d’un fascicule de 32 pages, puis en 1956, toujours dans la collection « Police-Roman », mais cette fois sous le titre « Le secret de Dick Carveur »...

Quant à J.A. Flanigham, on ne sait qui se cachait derrière ce pseudonyme qui servit principalement à développer 4 séries : « Les aventures de Bill Disley », « Les nouvelles aventures de Bill Disley », « Dick et Betty, aventuriers modernes » et « Les dessous de l’Agence Garnier ».

Mais à part cela, l’auteur écrit quelques romans policiers indépendants, tant pour les éditions Lutèce que pour les éditions Ferenczi.

Tout ce que l’on sait de Flanigham, hormis un autre de ses pseudonymes, Raymond Gauthier, c’est qu’il était très inspiré par le roman noir à l’américaine et qu’il maîtrisait parfaitement les formats courts et qu’il excellait dans l’art des incises.

UN CRI DANS LE SOIR…

Londres, la nuit, dans un quartier louche proche de la Tamise, le journaliste Bill DISLEY flâne, sans but.

Soudain, un cri juvénile… des bruits de pas… un garçon se jette dans ses bras.

L’enfant est poursuivi par deux individus patibulaires que le reporter s’empresse de lancer dans une mauvaise direction après avoir caché le môme derrière une cabane.

Bill DISLEY ramène son protégé chez lui et apprend qu’il est le fils d’un condamné à mort qui sera pendu dans quelques jours, pour un meurtre qu’il n’a pas commis.

Le gamin lui explique qu’il était en train de surveiller les hommes qui ont piégé son père quand il a été repéré et qu’il s’est enfui.

Bill DISLEY décide alors de mener son enquête sachant que, pour sauver le prisonnier de la potence, il va devoir lutter contre un gros poisson…

Une promenade, la nuit, dans un quartier louche. Bill Disley tombe sur un gamin qui s’enfuit, poursuivi par deux types pas très aimables. Il cache le gamin, envoie ses poursuivants sur une fausse piste et ramène le môme chez lui.

Le petit lui apprend alors qu’il est le fils d’un condamné à mort, que son père est innocent et qu’il a été piégé par un grand agent immobilier riche et célèbre.

Le père doit être pendu dans quelques jours, Bill Disley va devoir agir vite...

On retrouve ici le trium vira qui fait tout bon épisode de Bill Disley. Bill Disley, lui-même, son ami et garde du corps Jeff et son ami et inspecteur de Scotland Yard, Martin.

Sur une histoire assez simple, format court oblige, et rapidement menée (idem), Flanigham nous propose un récit dans la veine des bons épisodes de la série. Un peu d’action, un peu d’humour, une bonne plume, une narration linéaire, mais bien menée, un peu de chance et hop, l’affaire est dans le sac.

À chaque lecture (ou presque) d’un épisode de Bill Disley, je me pose chaque fois la même question : Pourquoi cette série n’a pas plus de succès et son auteur n’est pas plébiscité ?

Pour la deuxième question, l’anonymat dans lequel se trouve l’auteur de nos jours explique probablement cela. 

Quant à la première... je ne comprends toujours pas.

Étant un coutumier des formats courts et notamment des fascicules de 32 pages, j’ai rarement lu auteur qui maîtrisait à la fois si bien sa plume et sa narration dans un tel format.

J’ai également très peu trouvé de personnages aussi attachants et sortant un peu du flou gaussien dans lequel réside souvent l’enquêteur de ce type de récit très concis.

À vrai dire, à part les enquêtes du commissaire Odilon Quentin, également développées par un auteur désormais inconnu : Charles Richebourg, je ne vois pas d’autres séries réussissant cet exploit et, surtout, sur une telle durée (il existe tout de même une quarantaine d’épisodes quand on cumule l’ensemble des deux collections autour de Bill Disley).

Pourtant, si les enquêtes du commissaire Odilon Quentin semblent emporter l’adhésion des lecteurs, celles de Bill Disley semblent, elles, un peu boudées. Dommage.

Dommage, car la qualité est là.

Qualité de plume. Les récits sont bien écrits, dans un style un peu léger et drôle, avec des dialogues savoureux et, surtout, l’excellence des incises qui apportent beaucoup d’information en peu de mots.

Qualité de narration. Les intrigues sont développées, certes, de façon linéaire (difficile de faire autrement dans ce format), mais l’ensemble est bien lié sans impression de coupures drastique comme dans certains textes.

Qualité de personnages. Si les personnages de la littérature populaire sont souvent copiés les uns sur les autres, Bill Disley, Jeff et Martin sont suffisamment originaux et attachants pour que le fait soit noté.

Qualité des intrigues. Certes, sur 10 000 mots, on ne se trouve jamais face à un grand roman à suspens, mais à quelques exceptions près, les intrigues tiennent la route et ne sont pas trop simplistes.

Alors, pourquoi ? Je ne sais pas.

Toujours est-il que, moi, j’adore les romans de J.A. Flanigham, que j’aime beaucoup Bill Disley et compagnie et que je prends toujours un grand plaisir à lire leurs aventures. 

C’est le principal, non ? Pas forcément, quand on aime quelque chose, on apprécie de le partager. Ce que je tente de faire avec mes chroniques, même si cela semble un peu vain.

Au final, encore un bon épisode des aventures de Bill Disley. Vous devriez essayer.