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Voilà ! Ça, c’est fait. 

« La lettre mortelle » est un roman de Marcel Vigier que je cherchais à lire depuis fort longtemps, car étant la première aventure contée de l’attachant duo de détectives : Florac et La Glu.

Mais « La Lettre mortelle » est un roman qui n’est paru que dans la mythique collection « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi, dans les années 1910-1920. Et qui dit « mythique » et « 1910-1920 » dit forcément « difficile à trouver ».

Heureusement, armé de beaucoup de patience, d’un peu de chance et de l’aide désintéressée de passionnés de littérature populaire, j’ai enfin pu me plonger dans cette enquête liminaire.

Pour rappel Marcel Vigier est un des nombreux auteurs énigmatiques de la littérature populaire du début du XXe siècle. On ne sait désormais qui se cachait derrière ce nom ou ce pseudonyme et tout juste a-t-on identifié (au fil des rééditions) d’autres pseudonymes de l’auteur comme H. de Luray ou Jean de Valbenois.

Pour ce qui est de Florac et La Glu, ce sont deux détectives. Florac est le chef et la tête pensante, La Glu, de son vrai nom Jean-Frédédic Pommier, est son jeune assistant et protégé de 17 ans (dans cette première enquête).

Ils vécurent au moins 7 enquêtes au sein de cette fameuse collection et comme la plupart des titres de cette collection, les récits ont été réédités dans les années 1930 au sein de la collection « Police et Mystère » du même éditeur. Toutes ? Non, pas « La lettre mortelle », raison pour laquelle il m’a été si difficile de trouver à lire cette enquête.

LA LETTRE MORTELLE

Le baron de Ledignan est découvert, au petit matin, mort, un couteau dans la poitrine, par Victor, son valet de chambre.

La police et la magistrature, dépêchées sur place, interrogent les divers habitants de l’immeuble.

Très vite, le témoignage de la bonne d’une voisine remet en cause les allégations de Victor, assurant que ce dernier est rentré en pleine nuit alors qu’il prétend ne pas avoir quitté le domicile.

De menteur à assassin, il n’y a qu’un pas que le juge est prêt à franchir.

Mais FLORAC, le meilleur limier de la Sûreté, débarque à ce moment-là sur la scène de crime et trouve, sur le bureau, un livre ensanglanté à l’intérieur duquel une feuille collée semble avoir été arrachée précipitamment, laissant, derrière elle, un fragment sur lequel il décrypte quelques lettres : M   O   R   .   A   N.

Persuadé que le meurtre est bien plus complexe qu’il n’y paraît, FLORAC décide de mener son enquête. Pour ce faire, il va avoir besoin de son jeune et dévoué collaborateur La Glu…

Le baron de Ledignan a été assassiné d’un coup de poignard dans la poitrine. Victor, son valet de chambre, qui donne l’alerte après l’avoir trouvé dans son bureau, est rapidement soupçonné par le juge d’instruction. Il ne manque plus qu’à le faire avouer pour connaître le mobile du crime.

Mais Florac, le célèbre limier de la Sûreté, débarque sur les lieux et surprend la main d’une femme surgissant d’une tenture. La main s’évapore, la femme avec, sans que le policier ne parvienne à la rattraper. Mais Florac est certain que l’inconnue cherchait à subtiliser un indice permettant d’expliquer le meurtre, aussi inspecte-t-il tout ce qui se trouvait à portée de cette main et, surtout, un livre ensanglanté déposé sur le bureau. Sur la couverture de ce livre, un fragment d’une lettre décollée à la hâte. Sur le fragment : MOR . AN.

Florac décide de lancer sur cette piste son jeune acolyte La Glu, un gamin débrouillard et ronchon à la gouaille toute parisienne...

« La lettre mortelle » est donc la première enquête du duo Florac et La Glu, une enquête initialement publiée sous la forme d’un fascicule de 128 pages en 1916 et contenant un récit d’un peu plus de 30 000 mots, soit l’équivalent de la seconde enquête (« L’affolante silhouette »), mais le double des suivantes.

On découvre donc ici Florac et La Glu bien que le duo soit présenté, notamment pour Florac, comme déjà auréolé de gloire.

La Glu est présenté comme un garçon de 17 ans, hébergé par Florac, un gamin gouailleur, ayant le langage des rues. Quant à Florac, la description est quasi inexistante.

Florac et La Glu sont donc lancés sur une double énigme : qui a tué le baron ? Et, surtout, pourquoi ? Mais cette double-énigme va très vite s’étoffer d’une chasse au trésor durant laquelle les deux policiers vont encourir de nombreux risques et ils vont échapper à divers attentats.

Bien évidemment, si le mystère semble au cœur de l’intrigue et si Florac déploie ses dons de perspicacité, le récit, lui, est plutôt empreint d’aventures et d’actions que de réflexions, un peu à l’image des productions fasciculaires de l’époque.

Pourtant, force est de constater que la plume de l’auteur n’a pas tant vieilli que cela (moins, en tout cas, que celle de beaucoup de ses confrères), surtout pour un texte datant de 1916, provenant d’une collection où les textes sont souvent désuets.

De plus, Marcel Vigier n’hésite pas à manier l’humour, comme il le fera dans les autres enquêtes, surtout au travers du personnage de La Glu, mais il active, cette fois-ci, les zygomatiques, surtout à travers d’un autre personnage, celui de Archibal Broughton, un milliardaire américain excentrique qui, avec son français approximatif, sa bonne humeur permanente et son obsession de tout vouloir acheter, se révèle à la fois très drôle et très attachant.

Pour le reste, le récit semble un peu s’étirer par moment (notamment à travers la scène finale) sans que je ne sache si cette impression est plus due à la lecture elle-même ou a la comparaison avec la lecture des autres titres de la collection (il faut dire que les fascicules de 128 pages ont très vite été remplacés, dans la collection d’origine, par des fascicules moins épais pour finir par des fascicules de 32 pages)

Au final, une première aventure agréable à lire où l’on découvre un duo de policier attachant, notamment avec le personnage de La Glu, au travers une intrigue se transformant en chasse au trésor.