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« Cent vingt victimes » est le 12e épisode de la série « Les enquêtes du commissaire Benoit » parue à partir de 1946 aux éditions Nicéa sous la forme de fascicules de 22 pages, double colonne, contenant des récits indépendants d’environ 10 000 à 12 000 mots.

Les auteurs sont Robert et Jean Grimey, deux personnes sur lesquelles je ne sais rien.

Il faut noter qu’une autre série de fascicules publiés vers la même époque porte le même nom, mais a été développée par les auteurs Gérard Dixe (derrière lequel se cache Henry Musnik) et Jean d’Arsanje.

« Les enquêtes du commissaire Benoit » nous conte donc des enquêtes menées par le commissaire Benoit (qui l’eut cru) épaulé par son jeune secrétaire Pierre Lissier et, parfois, par les inspecteurs Tolday et Rousseleau.

CENT VINGT VICTIMES

Dans la mine, à Ganges, c’est le coup de grisou. De nombreux ouvriers se retrouvent enterrés dans les galeries.

L’ingénieur en chef, M. Caplys, descend pour constater les dégâts et trouve une cartouche de dynamite au pied de l’éboulis. Il est persuadé qu’en fait d’accident, il s’agit d’un acte intentionnel.

Immédiatement, il fait appel à son ami le commissaire BENOIT, de Paris.

Le policier débarque le soir même, en compagnie de son jeune secrétaire Lissier. Plusieurs indices découverts les dirigent sur la piste d’un crime au bilan dramatique de cent vingt potentielles victimes…

Un coup de grisou, dans une mine, rien de plus dramatique, mais également de très banal. Mais quand on découvre une cartouche au pied de l’éboulement, voilà qui remet en cause la thèse de l’accident. Aussi, le commissaire Benoit est appelé à la rescousse par l’ingénieur en chef afin de déterminer s’il y a bien eu crime et qui est le criminel.

Le commissaire Benoit fait à nouveau équipe avec uniquement son jeune secrétaire Pierre Lissier, qu’il considère un peu comme le fils qu’il n’a jamais eu.

Les deux hommes vont devoir déterminer qui a causé l’effondrement de la mine et pourquoi. Mais ils vont se heurter à plusieurs suspects et, surtout, diverses histoires pathétiques...

Les auteurs nous invitent donc à faire un tour dans la mine. Enfin, un tour vite fait, puisque la concision inhérente au format ne permet pas de s’étendre sur le sujet. Bien dommage, car il y a évidemment beaucoup de choses à écrire sur ce monde de la mine et les ouvriers qui y gravitent. Les drames du quotidien, bien évidemment, de la misère, de la peur de l’accident, de l’angoisse de finir enterré vivant, de celle de perdre un proche, mais également tout un tas d’autres choses à raconter sur le sujet.

Malheureusement, le format fasciculaire ne permet déjà pas de proposer des intrigues dignes de ce nom ni de présenter correctement les personnages, ce n’est pas pour faire dans le reportage sur des sujets sociétaux.

Les auteurs proposent donc une intrigue assez simple dans laquelle ils proposent aux lecteurs et au commissaire plusieurs suspects possibles.

Dans une narration linéaire, il suffira d’éliminer un à un les suspects pour trouver le coupable.

Pas de quoi sauter au plafond de plaisir, donc, mais on sait à quoi s’attendre en attaquant des récits aussi courts.

Une nouvelle fois, le jeune Lissier va se laisser éblouir par la beauté d’une femme, au grand dam du commissaire Benoit.

On retrouve avec plaisir les deux policiers même si l’on peut regretter le manque d’action de cet épisode, par rapport à d’autres.

Cependant, l’ensemble est suffisamment rythmé pour que la lecture soit agréable à défaut d’être exaltante.

Au final, un épisode plaisant, mais qui manque un peu de sel pour se hausser au niveau des précédents.