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« Meurtre ou châtiment » est le 13e et avant dernier épisode de la série « Les enquêtes du commissaire Benoit », à l’origine, une collection de 14 fascicules de 22 pages, double colonne, contenant des récits indépendants de 10 000 à 12 000 mots publiés à partir de 1946 aux éditions Nicéa.

Les titres sont signés Robert et Jean Grimey, des auteurs ou des pseudonymes sur lesquels je ne sais rien du tout.

On notera qu’à peu près à la même époque, Henry Musnik, l’auteur d’origine chilienne qui fut l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire (en quantité plus qu’en qualité) développa, sous le pseudonyme de Gérard Dixe, une autre série portant le même nom aux éditions E.R.F. (Éditions R. Fournier) sous la forme de fascicules de 16 pages, double colonne.

MEURTRE OU CHÂTIMENT

M. Marlieux vient demander aide à son ami le commissaire divisionnaire Morland, afin que l’enquête sur l’assassinat de son cousin qu’il héberge depuis son retour d’Amérique soit la moins éprouvante possible pour sa jeune pupille qui est affaiblie par la maladie.

L’inspecteur Tolday est envoyé sur place pour mettre bon ordre et superviser les investigations.

Mais, lors de la fouille de la victime, le policier découvre une carte de visite au nom de l’avocat Gaulduys, le fameux « Mondain », ennemi juré de son « patron », le commissaire BENOIT

Une affaire anodine, un vol qui a mal tourné, un jeune homme assassiné, probablement par une de ses mauvaises fréquentations, avance l’oncle qui l’hébergeait depuis son retour d’Amérique.

Oui, mais voilà, le tonton héberge également une jeune pupille très malade et très fatiguée. Aussi, pour éviter que le remue-ménage de la police locale ne perdure, celui-ci fait appel à son ami le commissaire divisionnaire Morland.

Pas de soucis, on envoie l’inspecteur Tolday, un des fidèles adjoints du commissaire Benoit, pour résoudre l’enquête au plus vite et avec le moins de dérangement possible.

Mais, lors de la perquisition de la chambre de la victime, Tolday découvre une carte de visite au nom de l’avocat Gaulduys, le fameux notable chef de gang international surnommé « le Mondain » qui fut l’ennemi juré du commissaire Benoit et de ses hommes.

Bien que Gaulduys soit en prison pour l’assassinat de sa maîtresse, le commissaire Benoit craint qu’il ne purge qu’une légère peine pour crime passionnel aussi, il espère trouver, dans cette affaire, de quoi alourdir la peine de son ennemi...

L’ombre du Mondain plane donc sur cet avant-dernier épisode, alors que l’on entendait plus parler de lui depuis quelque temps.

Le commissaire Benoit prend donc l’affaire à bras le corps et se rend vite compte que quelque chose de louche se déroule dans la maisonnée. Entre une domestique trop curieuse, une malade étrange et un tonton un peu trop pressé que l’enquête s’achève, il y a de quoi se poser des questions.

On retrouve donc le commissaire Benoit, son secrétaire Lissier et l’inspecteur Tolday réunis, ce qui n’était pas arrivé depuis quelques épisodes pour cette nouvelle enquête.

Tant dans le style que dans les personnages, rien ne diffère des précédents titres et si ce n’était la révélation du nom du coupable, je serais tenté de dire que cet épisode est aussi plaisant à lire que les autres.

Seulement, voilà ! Il existe deux rebondissements qui m’exaspèrent au plus haut point dans les romans policiers anciens et modernes. Vous devinerez aisément que ce récit use de l’un des deux (que je ne citerais pas pour ne pas déflorer l’intrigue).

Et je n’en peux plus de ce genre de révélations à l’aulne de laquelle toute l’histoire perd de sa crédibilité.

Je l’ai déjà reproché à nombre d’auteurs modernes, mais également à des auteurs de jadis comme Pierre Yrondy dans des épisodes de sa série « Marius Pégomas ».

Je le reproche donc également à Messieurs Grimey.

Mais, je suis plus indulgent pour ces auteurs d’autrefois obligés d’écrire beaucoup, vite, dans des formats contraignants que je ne pourrais l’être pour des écrivains d’aujourd’hui produisant un roman par an, ayant de nombreux bêta lecteurs et dont les œuvres subissent un travail éditorial de bien meilleure qualité.

Au final, hormis une révélation finale aussi attendue que redoutée, l’épisode se lit avec plaisir et c’est déjà pas mal.