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Marc Jordan (pas le chanteur à minettes) est un personnage littéraire créé en 1907 pour profiter du succès des traductions en Europe et en France des aventures du détective américain Nick Carter qui vivait déjà de beaux jours dans son pays depuis des années.

S’il n’est pas forcément le premier détective sériel français et encore moins le seul, il a l’avantage d’être le premier à copier son homologue américain autant dans le fond, le genre que la forme : des fascicules de 32 pages double-colonne à couvertures illustrées en couleurs. De plus, il est également l’occasion pour les éditions Ferenczi, de se lancer pour la première fois dans le genre policier ainsi que dans la littérature fasciculaire, deux caractéristiques qui feront leur succès durant le demi-siècle suivant (jusqu’à l’apparition du livre de poche).

L’auteur de la série est inconnu bien que certains lui prêtent les traits de l’auteur Jules de Gastyne.

« Une tragique partie d’écarté » est le 21e épisode de la série qui en compte 62.

UNE TRAGIQUE PARTIE D’ÉCARTÉ

Le Préfet de Paris est sur les nerfs, trois notables ont été retrouvés morts à quelques jours d’intervalle, deux assassinés en pleine rue, un autre pendu au bois de Boulogne. Chacun portait sur lui une carte provenant d’un même jeu, un Roi de Cœur, un Roi de Trèfle et un Roi de Carreau.

Marc JORDAN, le célèbre détective, est appelé à la rescousse pour résoudre l’affaire au plus vite, avant qu’un éventuel scandale explose.

Marc JORDAN, persuadé que les victimes ont été tuées par une seule personne, va s’empresser de découvrir qui correspond au Roi de Pique afin de trouver la piste le menant au criminel…

Paris, trois nobles sont retrouvés morts dans des circonstances différentes sans que l’on puisse forcément attribuer toutes ces morts à des crimes. Pour autant, en plus de se connaître, les trois défunts ont été retrouvés avec une carte à jouer dans la poche, un roi différent chacun, provenant du même jeu de cartes.

Intrigué, Marc Jordan va se lancer dans l’enquête, persuadé qu’il s’agit de trois crimes derrière lesquels se cache le même criminel.

Marc Jordan revient enfin sur le devant de la scène après avoir passé deux épisodes quelque peu en retrait.

Un mystère l’attend à Paris, mystère mêlant des personnes de la haute bourgeoisie, ce qui a tendance à irriter le Préfet de Police.

On retrouve donc le détective dans son élément puisqu’il navigue régulièrement dans la haute bourgeoisie ainsi que les bas-fonds, pour une enquête qui, sans être des plus captivantes, a pour le moins l’intérêt de revenir aux fondamentaux de la série.

Pas de grands mystères, pourtant, ni de grandes aventures, l’ennemi n’est pas de la trempe du comte Cazalès ou de Pépita la Rouge (que l’on retrouvera dans l’épisode suivant), mais un récit classique et agréable à lire.

Si la plupart des personnages secondaires sont présents (Léonnec, Féréol, le docteur Jarris, Fil-en-Quatre), ils apparaissent très peu et ne servent pas l’histoire (excepté Fil-en-Quatre), ce qui est bien dommage.

Dommage, car les épisodes de la série ne se reposent jamais sur le suspens (qui n’est pas le genre à la mode à l’époque et que le format ne permet pas réellement), mais sur le rythme et l’action et que l’action est toujours plus rythmée quand les lieutenants de Marc Jordan s’en mêlent.

Au final, un épisode plus agréable que les précédents, du moins, plus dans la veine du début de la série et que l’on espère comme rampe de lancement du prochain qui voit le retour de la terrible Pépita la Rouge.