TA 26

« L’étreinte mortelle » est la 26e mission de Thérèse Arnaud, alias C. 25, la célèbre espionne française née de la plume de l’énigmatique auteur Pierre Yrondy.

Sur la série, on notera qu’elle comporte 64 épisodes sous la forme de fascicules de 32 pages, double colonne, contenant des récits indépendants d’un peu moins de 15 000 mots parus à partir de 1934 aux éditions Baudinière.

Elle conte les aventures de Thérèse Arnaud, alias C. 25 la meilleure espionne du Deuxième Bureau qui, pendant la Première Guerre mondiale, combat les espions allemands. Pour ce faire, elle peut compter sur ses fidèles lieutenants : Malabar, l’hercule de la bande et accessoirement chauffeur ; Languille, l’acrobate élastique capable de grimper et se faufiler partout ; Marcel, le savant technicien capable d’analyser les produits chimiques, de décoder les messages ennemis, de développer les photos... ; Friquet, le Titi Parisien qui, sans capacité spéciale est surtout l’atout bonne humeur de la bande ; et, mort dans le précédent épisode et présent que depuis quelques missions : l’Étincelle, un ouvrier électricien sauvé du poteau d’exécution par Thérèse Arnaud après qu’il ait, par obligation de nourrir sa famille, collaboré avec l’ennemi. Mais l’Étincelle, par reconnaissance pour l’espionne, aurait donné sa vie pour elle, ce qu’il fit, d’ailleurs.

Quant à Pierre Yrondy, l’auteur, bien qu’il fut quelque peu médiatique à son époque (directeur de théâtre, accessoirement comédien, auteur de romans, séries, pièces, ayant participé à un raid automobile médiatisé...) demeure aujourd’hui très mystérieux.

On ne connaît rien de sa Bio et l’on mettra en avant, de son travail, principalement deux séries fasciculaires pour les éditions Baudinière, « Thérèse Arnaud », évidemment, et celle qui la remplaça à partir de 1936 : « Marius Pégomas, détective marseillais » une série policière humoristique mettant en scène un détective loufoque et toute son équipe...

L’ÉTREINTE MORTELLE

Première Guerre mondiale !

Alors que les lieutenants de Thérèse ARNAUD alias C. 25, la célèbre espionne du Deuxième Bureau, sont chargés de surveiller un hôtel parisien, l’une de ses chambres abrite un étrange crime…

Un bruit, du sang coule sous la porte, une femme quitte silencieusement les lieux et disparaît de l’établissement sans que personne l’ait vue sortir…

De son côté, Thérèse ARNAUD s’intéresse aux collections d’un extravagant savant.

En parallèle, un capitaine du Deuxième Bureau s’est mystérieusement volatilisé…

Et si tous ces faits étaient liés entre eux comme les maillons d’une même chaîne ?

Qui sait ?

Thérèse ARNAUD, probablement !

Friquet est chargé de surveiller la porte d’une chambre d’hôtel parisien pendant que Malabar, lui, est en faction devant le bâtiment.

Les ordres de la « patronne », Thérèse Arnaud, sont clairs : surveiller, toute la nuit, sans bouger, quoiqu’il se passe.

Et pourtant, il s’en passe des trucs étranges ! Un coup sourd dans la chambre, du sang qui coule sous la porte, une femme qui sort discrètement de la chambre et qui s’évapore sans que Malabar l’ait vu passer...

Et Thérèse Arnaud qui, de son côté, s’amuse à admirer les collections d’un excentrique savant...

Allez savoir ce que tout cela peut bien cacher.

Et voilà que Thérèse Arnaud et toute son équipe sont de retour. Toute ? Non, car l’Étincelle, même s’il n’y est pas fait mention dans l’épisode, est mort à la fin du précédent. Dommage pour lui.

Mais on retrouve Marcel, Malabar, Friquet, Languille, dans cette mission étrange, mouvementée et dangereuse.

On retrouve ainsi tous les éléments qui font un bon épisode de « Thérèse Arnaud » !

Déjà, Thérèse Arnaud, bien évidemment. Ensuite, tous ses hommes (sauf l’Étincelle). Puis de méchants et dangereux espions allemands. Des tunnels. Des inventions excentriques et mortelles. De l’action. Du suspens (dans la mesure du possible dans un tel format). Et la plume usuelle de Pierre Yrondy.

Car, en renouant avec les éléments de la série, il semble que l’auteur en fait autant avec sa plume, et ce de façon justement dosée. Quelques envolées lyriques sous forme de métaphores (mais point trop exubérantes ou risibles, même, parfois, poétiques) ses phrases courtes, sans sujets, pour rythmer certaines scènes... manque juste un tout petit brin d’humour qu’apporter habituellement Friquet et qui, ici, sont totalement absentes.

Mais qu’importe, le reste est là et pour peu que l’on apprécie la série, on prendra un grand plaisir à suivre cette mission de Thérèse Arnaud et de ses hommes qui se termine sur un grand moment de n’importe quoi technologique comme on pouvait en faire à cette époque...

Seul bémol ? Que l’auteur, Thérèse Arnaud et ses hommes aient totalement oublié le décès de l’Étincelle. 

Au final, un épisode plaisant qui se glisse parmi les meilleurs et les plus agréables de la série. On en redemande.