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« Un diamant de cent millions » est la première enquête de l’inspecteur Paul Barre, un personnage apparemment créé par Michel Cory et qui a vécu 8 enquêtes intégrées à la collection fasciculaire « La Clé de l’Énigme » des Éditions Populaires Monégasques à partir de 1945.

Des fascicules de 16 pages contenant des récits indépendants d’à peine plus de 6 000 mots.

Quant à l’auteur, je dis, « apparemment créé par Michel Cory », car certains épisodes, dont celui-ci, ne sont pas signés, les autres le sont « Michel Cory », à qui j’accorde donc la paternité de la série, un pseudonyme derrière lequel se cacherait probablement l’auteur Maurice Coriem.

L’inspecteur Paul Barre est un homme de la haute société, élégant et fortuné, mais qui a décidé de devenir policier par passion. Sa fortune et ses connaissances dans le grand monde en font un policier totalement indépendant puisqu’il ne craint pas de perdre son travail et ne craint pas, non plus, sa hiérarchie.

UN DIAMANT DE CENT MILLIONS

Le comte Pierre de Magny, épris de la comtesse Roberte de Plassans, riche et jolie veuve, passe la soirée avec elle, dans son appartement.

Celle-ci, à son entrée dans les lieux, s’est débarrassée de ses bijoux, dont une magnifique bague en diamant d’une valeur inestimable, qu’elle dépose dans une coupe.

Au moment de retourner chez elle, elle constate la disparition de sa bague.

Le comte, redoutant qu’elle le soupçonne, appelle immédiatement la police et exige une fouille complète pour prouver son innocence.

Paul BARRE, un riche homme du monde devenu inspecteur de la Sûreté par passion, est chargé de l’enquête.

Ses investigations démontrent rapidement que le joyau n’a pu s’envoler et, pourtant, il demeure introuvable…

Le lendemain soir, alors qu’il assure la sécurité du Roi et de la Reine d’Illyrie, en visite officielle en France, il est surpris de voir le diamant à la main de la souveraine…

La comtesse de Plassans est jeune, jolie, riche, et veuve... un beau parti, mais imprenable du fait qu’elle a juré sur le lit de mort de son défunt mari de ne pas se remarier après lui.

Pourtant, elle est amoureuse du comte de Magny et passe la soirée chez lui. Pour être plus à l’aise, elle se défait de ses nombreux bijoux de valeur, dont une bague de diamant rose valant cent millions.

Au moment de retourner chez elle, elle s’aperçoit que la bague a disparu. Pourtant, personne n’est entré dans l’appartement du comte, lui-même n’est pas sorti, mais la bague demeure introuvable.

Craignant d’être suspecté par la femme qu’il aime, le comte de Magny appelle immédiatement la police et réclame que son appartement et lui-même soient fouillés avec minutie... Peine perdue, la bague a disparu.

L’inspecteur Barre est alors chargé de l’affaire et va mener son enquête sans plus de succès, apparemment.

Mais le soir, alors qu’il est mandaté pour la protection d’un Roi et d’une Reine venant en visite officielle en France, il constate avec stupeur que la Reine arbore la fameuse bague en diamant rose au doigt d’une main...

Je découvre cette mini (dans tous les sens tu terme) série dans le désordre en fonction des fascicules que j’arrive à trouver. 

Mais, heureusement, j’ai réussi récemment à mettre la main sur les 8 épisodes et je vais donc pouvoir la reprendre dans l’ordre.

Ce premier épisode, très court, donc (6 000 mots), propose une sorte de crime (un vol) en chambre close (un appartement clos) avec la disparition de cette magnifique bague chez le comte de Magny. Personne n’est entré, personne n’est sorti, les accès vers l’extérieur étaient fermés, la police a tout fouillé sans rien trouver.

Heureusement, l’inspecteur Barre n’est pas que beau (comme dirait le marin), il est aussi observateur, méticuleux et perspicace.

Je me plaignais dans un ou deux épisodes que le personnage et les qualités de l’inspecteur Barre n’étaient pas mis en avant.

C’est pourtant le cas dans cette première enquête (toute proportion gardée avec ce format très court). Effectivement, on le découvre méticuleux, observateur et perspicace, mais également un brin ironique et avec une haute opinion de lui et de ses capacités puisque, n’ayant résolu l’énigme au bout de quelques heures, il considère qu’il lambine un peu trop.

Bien sûr, étant donné la concision du texte, on ne s’attendra pas à une intrigue de haute volée. D’ailleurs, si l’auteur avait donné tous les indices en possession de Paul Barre, le lecteur aurait trouvé tout aussi rapidement la solution (quoiqu’il y ait tout de même une petite indication).

Pour autant, il faut reconnaître à l’auteur de parvenir à utiliser au mieux le peu d’espace qui lui est dévolu et de livrer un récit à la fois plaisant à lire, un personnage suffisamment intéressant (même si on sait que le format ne permettra jamais de s’épanouir) et un style (avec un brin d’humour dans cet épisode, ce qui n’est pas le cas dans tous) pas déplaisant.

Le gros problème du récit réside principalement dans cette extrême concision qui empêche toute liberté. Aussi, faut-il lire ces épisodes pour ce qu’ils sont, des petites histoires (des romans à l’intrigue simple et dont on aurait supprimé tout le superflu) et qui se lisent en une grosse demi-heure.

Si on l’aborde dans cet esprit, ce premier épisode est plutôt bon.

Au final, malgré la grande concision du récit, l’auteur, quel qu’il soit, s’en sort avec les honneurs en proposant une intrigue, certes simple, mais naviguant sur un sous-genre à la mode, un personnage prometteur (mais qui ne peut tenir ses promesses dans ce format) et un style agréable (sans être flamboyant).