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« Le secret de Pen-Houarn » est un court roman de Maxime Audouin...

Maxime Audouin, ce nom ne vous dit sûrement pas grand-chose (sauf si vous lisez régulièrement mes chroniques) fût, il y a plus d’un siècle, un écrivain renommé (surtout en Vendée).

De son vrai nom Eugène Delacroix, il prit le nom de sa mère (Audouin) comme pseudonyme quand il se lança dans le journalisme et l’écriture après un début de carrière en tant qu’enseignant puis Principal de collège.

Ayant toujours vécu en Vendée, la plupart de ses récits se déroulent dans cette région dans laquelle il laissa un souvenir, notamment dans le village de Pouliguen où il vécut longtemps et y mourut et dont une rue porte son nom.

LE SECRET DE PEN-HOUARN

En promenade à cheval, sur le plateau de Pen-Houarn, Mademoiselle Andrée, fille du comte de Trescalan, entend son chien hurler. Elle se rapproche et aperçoit un pêcheur en train de mettre une volée au fidèle, mais belliqueux canidé, sous prétexte qu’il s’est attaqué au corniaud de l’inconnu.

Mademoiselle de Trescalan ne supporte pas qu’un vil manant touche à son cher animal et prend le jeune homme de haut. Mais elle se trouve déconcertée quand celui-ci, maître de ses nerfs, fait preuve d’une attitude, d’un langage et d’un charisme démontrant une certaine éducation et, surtout, un sacré caractère.

Dans le pays, l’individu est connu sous le sobriquet de Pen-Houarn. Ce surnom lui va d’autant mieux qu’il lui vient de la bicoque achetée sur le plateau du même nom et du fait que Pen-Houarn signifie « Tête de fer ».

Mais qui peut bien être cet étrange marin vivant avec un vieillard centenaire et n’ayant pour seul moyen de subsistance que la pêche ?

La jeune fille du comte de Trescalan rencontre un étrange pêcheur qui bat son chien après que celui-ci ait attaqué le sien. Quoi, un rustre ose toucher sa bête, elle ne le supportera pas. Elle s’approche, levant sa cravache, mais l’homme, au lieu de la craindre ou de réagir brutalement, s’adresse à elle, la fixant droit dans les yeux, avec sang froid, un sourire ironique sur les lèvres, avec courtoisie et une certaine noblesse dans son attitude.

Décontenancée, Mlle de Trescalan s’en retourne en se demandant qui peut bien être cet individu qui, bientôt, s’opposera à son père et que l’on appelle, dans la région, Pen-Houarn, autant parce qu’il habite une cabane sise sur le plateau du même nom et parce que le nom signifie « Tête de fer ».

Comme vous devez le savoir si vous lisez de temps en temps mes chroniques à propos de mes lectures, je ne lis qu’exclusivement des récits policiers de langue française ces dernières années.

C’est dans ma recherche de ces récits que je fis connaissance de Maxime Audouin et de sa plume et c’est le plaisir que je retirai alors de ma rencontre littéraire avec l’auteur à travers le texte « La bande mystérieuse » que, depuis, je cherchais à lire d’autres récits de lui.

Malheureusement, si Maxime Audouin eut un certain succès à son époque, celui-ci remonte à il y a un siècle et, depuis, l’auteur a sombré dans un anonymat qui lui sied pourtant si peu.

La difficulté à trouver d’autres textes de lui fit que je me passais de sa compagnie pendant des années jusqu’à ce, qu’enfin, je pus regoûter à ce court plaisir à travers quelques autres récits.

Si les premiers étaient teintés du genre policier et, plus encore, de celui d’aventures, ce n’est malheureusement pas, pour moi, le cas de ce « Le secret de Pen-Houarn ».

Effectivement, le titre laisse penser à un mystère, le mystère à du policier ou de l’aventure, voire, des deux.

Pour autant, il n’en est rien.

En effet, « Le secret de Pen-Houarn » est plus à ranger dans le genre sentimental un peu désuet qui était à la mode à l’époque (et dans les années qui suivirent).

Mais, même si ce texte ne m’était pas destiné à la base, le simple fait qu’il naquit de la plume de Maxime Audouin suffit à me pousser à le lire d’autant qu’il n’était pas très long (un peu moins de 18 000 mots).

Si, donc, l’intrigue n’était pas forcément pour me satisfaire, il faut tout de même reconnaître dans ce texte les mêmes qualités d’écriture que dans les autres du même auteur.

Maxime Audouin sait narrer une histoire, quand bien même celle-ci ne serait pas très policière, et parvient, une nouvelle fois, à donner l’impression au lecteur de se trouver face à un roman complet malgré la concision de celui-ci.

Cependant, s’il est un genre qui ne laisse guère de place à l’excentricité et à l’originalité, c’est bien le genre sentimental et l’on sait bien, que ce soit en littérature ou ailleurs, que lorsque les deux personnages principaux sont une belle jeune femme et un beau jeune homme, ils finiront forcément par être attirés l’un par l’autre et ce d’autant plus qu’ils sont d’un monde différent et que leur relation débute par une certaine détestation.

Le lecteur sait donc dès le début comment l’histoire va finir et la lecture consiste seulement à savoir par quel parcours cet amour réciproque va passer.

Le fameux « secret » de Pen-Houarn, n’est pas, lui non, plus, difficile à percer, ce qui laisse peu de place au suspens.

Ne demeure alors, du moins pour le lecteur peu avide de sentimentalisme à l’eau de rose, qu’à se délecter de la plume de Maxime Audouin. Mais cette plume, qui s’adapte merveilleusement bien à des récits plus rythmés, du fait qu’elle sait se faire discrète pour mettre en avant le récit, n’est pas la meilleure, car pas assez flamboyante, quand elle ne peut compter que sur elle-même.

Aussi, les amateurs de récits sentimentaux d’antan apprécieront ce texte sans hésitation, quant aux autres, sans pour autant que leur lecture soit indigente ou indigeste, elle en manquera d’une certaine saveur, de l’épice d’un style plus mégalomane.

Au final, une sympathique bluette sentimentale aussi douce que prévisible.