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« Un Globule dans la Tamise » est un roman de Jean-Alex Varoux, alias Alex Varoux, pseudonymes de Varoujan Alexanian, un écrivain et scénariste français d’origine turque.

Ce roman a été publié dans la mythique collection « Série Noire » des éditions Gallimard en 1974 et met en scène le duo de policier Bruno Zambini et Lucien Lütiger, alias Globule et Lou, que les lecteurs ont pu découvrir dans « La bête de Troufignac » la même année dans la même collection.

On retrouve ces deux personnages dans un troisième titre : « Globule à l’heure Hasch » dans la même collection, l’année suivante.

Globule et Lou sont deux inspecteurs mal notés, fainéants, gaffeurs et laxistes...

Un Globule dans la Tamise :

Un pied de marin français à la sauce cantonaise, c’est immangeable, même pour les appétits britanniques. As de la P.J., mais toujours aussi gaffeurs, Lou et Globule présentement en Angleterre pour enquête n’ont pas les mêmes vues sur l’interrogatoire que leurs collègues d’outre-Manche. Mais ils savent les retrousser ! Une vraie fête des nerfs qui fait couler beaucoup d’ancres…

Globule et Lou continuent leurs petites magouilles pour boire ou manger à l’œil et, à l’occasion, tirer leurs coups.

Alors qu’ils ont réussi à obtenir gracieusement les faveurs de jolies dames dans une maison de plaisir, ils entendent des cris et aperçoivent un homme en train de cravacher une jeune femme. Pensant à une agression, ils foutent une rouste au type, mais celui-ci s’avère être un secrétaire d’État.

Celui-ci s’étant retrouvé dans le coma, Lou et Globule sont envoyés en exil en Angleterre pour retrouver un marin disparu en attendant que l’édile se réveille...

Mais, en Angleterre ou ailleurs, Globule et Lou accumulent les bévues...

On retrouve donc le duo de policier de « La bête de Troufignac ».

Plus que les personnages, on retrouve également la plume de l’auteur, mais aussi une structure et une histoire calquées sur le précédent roman.

Comme la première fois, les deux flics vont enchaîner les conneries, les petites arnaques, vont être réprimandés par le commissaire Le Grobecq et exilés.

Mais, comme c’est souvent le cas dans les suites, l’auteur chercher à en faire plus (au lieu de faire différent ou de faire mieux) et la scène dans l’avion conduisant Lou et Globule à Londres est véritablement excessive.

Pour autant, l’auteur sait proposer des personnages décalés, voire, déjantés, en tous cas, hauts en couleur, et c’est une nouvelle fois le cas avec le policier anglais ou Lady Bradford. On s’amusera également devant les facéties du petit chat peureux qui finira par conduire la révolte des chats dans la ville en prenant le pouvoir du monde des matous londoniens.

Certes, on retrouve l’humour de l’auteur, ses idées stylistiques intéressantes, l’art de créer des personnages déjantés, mais on a vraiment l’impression de retomber sur le même schéma que celui du premier roman et c’est là que le bât blesse : l’auteur ne parvient pas réellement à se réinventer. On a l’impression qu’il déplace son duo (de Troufignac à Londres), mais que la ficelle est la même, le décalage entre leur vie parisienne et celle qu’ils découvrent.

Pour autant, ce roman n’est pas désagréable à lire, mais l’effet de surprise ne fonctionne plus.

Car, tout semble être une transposition du précédent roman. Les costumes sont parfois différents, mais la pièce est la même.

Dommage, j’aurais aimé que l’auteur prenne des risques, change de canevas, revoie sa copie et propose autre chose tout en conservant ses personnages, son humour et sa plume.

Au final, ce second roman est agréable à lire, mais pas assez éloigné, dans sa construction, du précédent, pour totalement charmer le lecteur.