Tancrede4

« Tancrède chez Skanderbeg » est une aventure de Tancrède Ardant (la 4e), le gentleman cambrioleur, aventurier et justicier né de la plume de Frédéric Sipline.

À l’origine, ces aventures, qui sont au nombre de 5, ont été publiées sous la forme de fascicules de 32 pages double colonne contenant des récits entre 12 et 16 000 mots, au sein de la collection « Collection Rouge » des éditions Janicot en 1944.

Frédéric Sipline est probablement un pseudonyme, car on ne trouve pas trace, il me semble, de lui ailleurs que pour ces 5 titres.

Le personnage de Tancrède Ardant est très largement inspiré de la figure d’Arsène Lupin bien que son côté aventurier prenne de plus en plus d’ampleur au fil des épisodes et l’éloigne du célèbre héros de Maurice Leblanc.

Il est d’ailleurs à noter qu’un personnage qui verra le jour l’année suivante, Théodore Rouma, de Jean d’Auffargis, sera très proche, dans le format, le genre et les caractéristiques, de celui de Tancrède Ardant.

TANCRÈDE CHEZ SKANDERBEG

Poursuivi jusqu’en Italie par son meilleur ennemi, le policier B. J. van Goitsenhoven, Tancrède ARDANT, l’aventurier cambrioleur, se voit contraint à fuir par bateau en Albanie.

Mais B. J. est un farouche et opiniâtre adversaire que Tancrède ARDANT ne parvient pas à semer. Celui-ci le poursuit jusque dans les rues de Kruja.

En désespoir de cause, Tancrède ARDANT trouve refuge dans le palais de Ouloug bey, un riche et cruel trafiquant de drogue.

Et personne n’échappe aux griffes de l’abominable Ouloug bey…

À peine rentré d’Espagne (voir « Tancrède et la fille de Vallverde »), Tancrède est retrouvé et poursuivi par le policier B.J. van Goitsenhoven.

Tancrède s’enfuit en Italie, puis, n’ayant pu semer son adversaire, en Albanie.

Là, il pense avoir la paix, mais B.J. le retrouve à Kruja et Tancrède s’enfuit dans les ruelles de la ville.

Arrivé dans un cul-de-sac, il n’a d’autre solution que de pénétrer dans une demeure pour se cacher, mais il s’agit du palais de Ouloug bey, un homme puissant et cruel qui détient prisonnière une belle jeune femme que Tancrède fera tout pour libérer. Mais on ne quitte pas le palais d’Ouloug bey vivant...

Frédéric Sipline nous invite une nouvelle fois au voyage dans cette aventure de Tancrède Ardant.

Après la Grèce, l’Espagne, voici que Tancrède traverse l’Italie pour s’attarder en Albanie. Mais d’épisode en épisode, les voyages se font de plus en plus éprouvants pour le jeune homme.

L’auteur s’appuie sur la figure tutélaire d’un héros national albanais, Skanderbeg ou Georges Castriote, qui résista, au XVe siècle, à l’Empire ottoman, pour nous proposer un de ses descendants fictionnels (du moins faut-il l’espérer) qui, lui, est devenu un tyran despotique et cruel (double pléonasme) qui règne sur la région d’une main féroce grâce à l’argent récolté par le trafic de haschich.

Tancrède va vivre des moments difficiles, mais, comme toujours, il trouvera une belle blonde à protéger et dont il tombera forcément amoureux (et inversement), car, où qu’il aille, il se trouve toujours une belle et jeune blonde en danger et prête à tomber dans ses bras.

Heureusement, la série est courte, sinon, ce serait un véritable harem de blondes que Tancrède aurait à ses pieds d’autant qu’au vu de l’illustration et du titre du dernier épisode (« Tancrède se marie ») il y a fort à parier qu’il ajoutera une blonde à son compteur.

Mais, malgré les clichés du beau héros sans peur et sans reproche, charmant et charmeur, qui tombe toutes les belles blondes de moins de 22 ans qu’il croise, il faut reconnaître à ces aventures qu’elles sont rondement menées, notamment celle-ci et la précédente et que l’auteur ne laisse aucun temps mort à son héros et au lecteur.

Même si, bien sûr, la chance sourit toujours aux héros de la littérature, donc, à Tancrède, et que la crédibilité n’est pas toujours de mise, il faut bien reconnaître que le lecteur s’en moque et en a pour son argent, d’autant que les fascicules de l’époque ou ces rééditions d’aujourd’hui ne coûtent pas cher.

On retrouve donc tous les ingrédients des épisodes précédents, quelques morceaux de bravoure, de bons sentiments, un peu d’humour, de l’action, du dépaysement, de l’amour, une plume parfois poétique pour les descriptions...

Au final, un épisode un peu plus long que les précédents (15 500 mots) et qui se lit d’un trait avec un grand plaisir. On va finir par regretter que l’auteur n’en ait pas écrit plus.