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« L’étrange mort de Zucco » est initialement paru sous la forme d’un fascicule de 32 pages dans les années 1940 dans la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes.

Il est signé Marcelle-Renée Noll, un pseudonyme du prolifique auteur Marcel Priollet.

Pour rappel, Marcel Priollet fut l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire pendant à partir de 1910 et ce pendant près d’un demi-siècle.

Que ce soit dans le genre sentimental, aventures, policier, fantastique... Marcel Priollet, sous son nom ou divers pseudonymes (Henry de Trémières, René-Marcel de Nizerolles, René Valbreuse, Gérard Dartis...) a écrit un nombre incalculable de ces petits romans dont raffolaient les lecteurs.

Dans le genre qui m’importe le plus, le policier, Marcel Priollet a signé deux séries : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs » mais il a également développé d’autres personnages récurrents, notamment dans la collection « Les Grands Détectives » dont il est l’auteur de la plupart des plus de 90 titres. Parmi ces personnages, un revient de manière plus systématique (même si certains se croisent régulièrement) : Claude Prince, un détective radiesthésiste.

Claude Prince est l’homme qui va résoudre l’affaire de « L’étrange mort de Zucco ».

L’ÉTRANGE MORT DE ZUCCO

L’éminent professeur américain en radiologie, Willy Brent, veut profiter de sa venue à Paris à l’occasion d’un congrès pour passer la soirée avec Claude PRINCE, le détective radiesthésiste avec lequel il correspond depuis longtemps au sujet de ses recherches.

Claude PRINCE étant absent, le Docteur Willy Brent se retrouve seul pour assister à un spectacle.

Aussi, offre-t-il la place qu’il avait achetée pour son compagnon à une jeune femme faisant esclandre à la caisse, car tous les tickets ont déjà été vendus.

Les attractions se succèdent, puis vient le tour du trapéziste Zucco.

À l’entrée de l’artiste, la voisine du docteur ne peut se retenir de lui dire combien elle le déteste depuis que celui-ci l’a quittée pour une autre quelques mois après leur mariage.

Soudain un cri, Zucco chute et atterrit, sans vie, dans le filet de protection…

Alors que l’éminent scientifique radiologiste américain, le Dr Brent, est en voyage à Paris pour une conférence, il espère en profiter pour passer du temps avec Claude Prince, une personne qui s’intéresse à ses travaux et avec qui il communique depuis un certain temps.

Mais Claude Prince a dû s’absenter pour une affaire. Aussi, les deux places que le Dr Brent avait achetées pour assister à un spectacle vont être perdues. Qu’à cela ne tienne, le Dr Brent veut voir le trapéziste Zucco qui doit se produire aussi, il se rend tout de même au music-hall.

Sur place, il offre la seconde place à une jeune femme n’ayant pu obtenir un billet. Il se trouve que celle-ci lui assure être la femme bafouée de Zucco. 

À ce moment, en plein numéro, Zucco s’effondre depuis son trapèze et s’écroule, sans vie, dans le filet de protection. 

Le Dr Brent s’étant proposé en tant que médecin, conclut à une mort naturelle, probablement une rupture d’anévrisme.

Mais le policier chargé de l’enquête trouve suspecte la présence de la femme de la victime au moment de la chute et soupçonne qu’un crime se cache derrière l’accident.

On retrouve donc Claude Prince dans une enquête tout aussi rondement menée que les précédentes.

Il faut dire qu’avec ce format ultra court (pas tout à fait 7 800 mots) l’enquête ne peut s’étendre réellement, d’autant que Claude Prince intervient que très tardivement, la majeure partie de l’ouvrage se focalisant sur les circonstances de la mort du trapéziste.

Mais qu’importe, l’avantage avec Claude Prince, c’est qu’il n’a pas besoin de réfléchir longuement, son pendule fait tout le travail pour lui.

Et c’est un peu le dommage de la « série » : que ce détective original ne soit pas plus mis en avant. Que son don ne soit pas plus utilisé ou mieux utilisé, du moins, mieux exposé.

Encore, une fois, bien sûr, la concision du texte n’offre aucune possibilité en ce sens, mais peut-être Marcel Priollet aurait-il pu une fois ou deux se servir de son personnage dans un format plus long.

Malheureusement, comme bien souvent, chez de nombreux auteurs, un personnage récurrent n’était utilisé que sous un seul pseudonyme et que pour une seule collection. Ici, ce fut sous Marcelle-Renée Noll et pour « Les Grands Détectives » une collection de trop courts fascicules.

D’autant que la mort étrange (car le décès de Zucco devient encore plus étrange par la suite) était propice à un certain suspens, à du mystère et aurait pu donner un bon roman à rebondissements. Mais il n’en est rien.

Dommage.

Pour autant, comme les autres titres de la série, ceux-ci se lisent d’autant plus facilement qu’ils sont courts.

Au final, un court récit dans lequel Claude Prince, comme souvent, assure le minimum syndical.