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« Le fakir Bankar a disparu ! » est un texte initialement paru dans les années 1940 dans la collection (difficile à dater) « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes, sous la forme d’un fascicule de 32 pages contenant un récit de 7500 mots environ.

L’auteur, Marcelle-Renée Noll, n’est autre que Marcel Priollet, l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire entre 1910 et la moitié des années 1950 qui, sous ce pseudonyme ou d’autres (René Valbreuse, Henry de Trémières, R.M. de Nizerolles...) alimenta de nombreuses collections sentimentales, policières, aventures ou fantastique.

On doit à l’auteur deux séries policières : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs » au milieu des années 1940 pour les éditions Tallandier.

Mais Marcel Priollet usa également d’autres personnages récurrents, mais mélangeant leurs aventures au sein d’une collection plus générique, comme ce fut le cas dans la collection « Les Grands Détectives » où il écrivit la plupart des 90 et quelques titres qu’elle contient dans lesquels il utilisa régulièrement les personnages de l’inspecteur Pessart, l’inspecteur Bob Rex, le détective Renard, mais, surtout, le détective radiesthésiste Claude Prince.

Dans « Le fakir Bankar a disparu ! », le lecteur croisera Claude Prince et l’inspecteur Pessart.

LE FAKIR BANKAR A DISPARU !

Le fakir Bankar a disparu !

Après un appel interrompu de ce dernier à Police-Secours, le commissaire de quartier se rend chez lui.

L’appartement de celui-ci est bouleversé, du mobilier renversé… du sang sur le sol… mais pas de corps.

Pourtant, d’après le concierge, personne n’est sorti de l’immeuble.

L’inspecteur Pessart, chargé de l’enquête, en perd son latin.

En quittant la scène du drame, dans l’escalier, il rencontre son ami Claude PRINCE, dont il reconnaît les talents de détective et de radiesthésiste.

Le pendule de Claude PRINCE ne tarde pas à lui apprendre que le fakir Bankar est encore vivant…

Un appel à l’aide arrive à Police-Secours, mais le coup de fil est interrompu. La police débarque sur place, dans l’appartement du célèbre fakir Bankar, mais découvre que les meubles sont renversés et que du sang macule le sol.

Mais le corps est introuvable et, selon les dires du concierge, personne n’a quitté le bâtiment, encore moins en portant un corps.

Alors que l’inspecteur Pessart quitte l’appartement du fakir disparu, il croise dans l’escalier le détective radiesthésiste Claude Prince, qu’il connaît et respecte et lui demande son aide.

Grâce à son pendule, Claude Prince détermine que le fakir est encore vivant, mais qu’est-il devenu ?

Petite enquête, donc, comme toutes celles de la collection « Les Grands Détectives », car, quelque soit le formatage des fascicules (24 ou 32 pages) ceux-ci ne contiennent que des textes de moins de 8 000 mots.

En 8 000 mots, impossible de proposer une intrigue digne de ce nom, d’ailleurs l’auteur ne s’y essaye jamais et propose donc des histoires assez simples.

De plus, l’enquête ne pourra jamais être poussée et, en cela, le don de Claude Prince est un véritable atout pour l’auteur. Effectivement, au moment voulu, un coup de pendule et hop, on trouve la solution ou le coupable, coupant court au récit dès qu’on le désire.

Ce sera une nouvelle fois le cas dans « Le fakir Bankar a disparu ! ».

Mais qu’importe, on sait bien en s’attaquant à un récit de ce format ce que l’on y découvrira et, surtout, ce qu’il ne recélera pas.

En connaissance de cause, donc, on constatera que le récit se lit vite (normal, seulement 7500 mots), mais se lit également bien.

Bien que ce récit n’est pas censé être le premier mettant en scène Claude Prince (il s’agit d’au moins la troisième dans l’ordre de première publication), Claude Prince est présenté comme s’il croisait Pessart pour la première fois, ce qui n’est pas le cas puisque les deux hommes se sont déjà croisés dans des enquêtes précédentes.

Le style est plutôt fluide, sans être transcendant et l’histoire propose une révélation finale qui pourrait offrir une certaine réflexion sur la science puis que l’éminent spécialiste, qui considère Prince un peu comme un charlatan, s’avère en être un lui-même, alors que Claude Prince, est sincère dans sa démarche. Mais là ne serait que psychologie de comptoir à laquelle l’auteur n’a probablement pas pensé au moment de l’écriture.

Au final, un petit récit sympathique à défaut d’être inoubliable.