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Max Paul ou Paul Max (Max étant le nom) est un auteur Belge totalement méconnu à notre époque, comme énormément de ses contemporains, et de façon totalement injustifiée (comme beaucoup de ceux-ci)...

Il est né au cours des années 1880 (tous le monde ne s'accorde pas sur la date) en Algérie.

Il obtient (je ne sais quand) la nationalité Belge et meurt à Bruxelles en 1944.

Il devient rédacteur de l'Étoile Belge en 1913 et utilise sa plume également pour écrire des romans d'aventures exotiques.

Ce n'est qu'à partir de 1937 qu'il s'essaie au roman policier avec une nouvelle parue en Angleterre et qui servira de base, par la suite, au roman « Début dans la Police » qu'il signera M.A. Hyckx et se faisant passer pour le traducteur de l'auteur (procédé courant que de prendre un pseudonyme anglophone à l'époque).

C'est cette nouvelle, puis ce roman, qui font naître le personnage de Billy Mac Tiddle, un jeune écossais vendeur de chaussettes qui deviendra détective par hasard et riche, par volonté de placer ses chaussettes.

L'auteur fera revivre le personnage dans plusieurs romans et nouvelles (moins que ce que la liste de Wikipédia veut bien le faire croire) dont : « La poupée chinoise »...

LA POUPÉE CHINOISE

Un appel anonyme au commissariat de Vines Street : « Allez au 44 ter, Dover Street. Dans une mansarde, vous trouverez une femme assassinée. »

L’inspecteur principal James Day, de Scotland Yard, est immédiatement chargé de l’affaire.

Dans le bâtiment, le policier ne tarde pas à remarquer une tache brunâtre sous la porte d’une des chambres en soupente.

Le battant, une fois défoncé, laisse place à un horrible spectacle, une fille menue, la gorge tranchée, baigne dans son sang.

À part le corps, la pièce est vide de tout objet.

Les seuls accès à la scène de crime : la porte et une lucarne située à 2,50 m de hauteur, toutes deux verrouillées de l’intérieur.

James Day décide d’interroger les habitants de l’immeuble et découvre que l’un d’eux est le comptable de son ami Billy MAC TIDDLE, le « Roi de la Chaussette », autant connu pour le succès de son négoce que pour ses talents hors pair d’enquêteur.

Et James Day sait qu’il croisera forcément, à un moment ou un autre, Billy MAC TIDDLE sur sa route, car celui-ci ne résiste jamais à résoudre un mystère…

Un inconnu appelle la police pour signaler que le corps d'une femme assassinée se trouve dans une mansarde d'un immeuble de Dover Street.

C'est l'inspecteur-principal James Day, de Scotland Yard, qui est chargé de l'affaire.

Prenant d'abord la nouvelle avec légèreté (un canular téléphonique macabre n'est pas à exclure), James Day se rend dans le bâtiment et commence à chercher. Soudain, il aperçoit une tache brunâtre sous la porte d'une mansarde fermée de l'intérieur. Une fois la porte défoncée, il découvre le corps d'une femme baignant dans une mare de sang. La pièce ne possède que deux ouvertures : la porte, verrouillée de l'intérieure et une lucarne, située à 2m50, elle aussi cadenassée de l'intérieur. Dans la pièce, ni chaise, ni escabeau permettant d'accéder à la lucarne.

Alors qu'il interroge les habitants de l'immeuble, il apprend qu'un de ceux-ci est le comptable du riche vendeur de chaussettes Billy Mac Tiddle, son ami, avec lequel il a déjà débrouillé des affaires criminelles...

« La Poupée chinoise » est donc un roman mettant en scène le fameux Billy Mac Tiddle. Pourtant, il serait plus judicieux de dire qu'il s'agit là d'un roman dans lequel « apparaît » le fameux Billy Mac Tiddle tant celui-ci intervient tardivement (il arrive vers la fin du premier tiers du roman) et est guère présent même si c'est lui, finalement, qui résoud le crime et trouve l'assassin.

Mais, tout le roman, toute l'enquête, est menée par l'inspecteur-principal James Day et c'est lui, le héros de l'histoire, même si c'est un héros qui se trompe de suspect.

Billy Mac Tiddle étant moins présent, on se doute que l'humour de l'auteur (qui intervient souvent par l'intermédiaire des réflexions de ce personnage) sera moins présent également.

Pour autant, il ne faut pas bouder ce récit qui place ses qualités ailleurs que dans l'humour même s'il n'en est pas totalement dénué.

Effectivement, Paul Max s'attaque à un sous-genre du roman policier auxquels nombre d'auteurs de romans policiers se sont essayés : « le crime en chambre close ».

Car, c'est tout le mystère du crime de la poupée chinoise (appelée ainsi car la victime est de petite taille et a un visage d'annamite) : comment le ou la meurtrière a put quitter la pièce alors que celle-ci était cadenassée de l'intérieur ?

Mais James Day n'en a cure, il se contente de regrouper les indices pour trouver un coupable, charge à lui d'expliquer comment il s'y est pris une fois arrêté. 

D'ailleurs, il ne tarde pas à en trouver des indices, menant tous à un bellâtre qui semble multiplier les conquêtes comme il multipliait, dans sa vie passée de baroudeurs, les aventures.

Billy Mac Tiddle, toujours attiré par les mystères, quant à lui, préfère s'intéresser à la manière dont le coupable est sorti de la pièce (la lucarne, selon lui) et donc de chercher un homme très grand et très fort.

Sa méthode lui attirera les quolibets de son ami James Day, mais, l'écossais est entêté même si, dans cette affaire, le plus entêté entre lui et James Day ne sera pas celui que l'on croit.

Le lecteur se retrouve donc face à un bon roman policier classifié dans un sous-genre toujours propices aux mystères et il aura même le droit à plusieurs suspects durant l'affaire, tant les indices troublants pointent vers différents personnages.

Pourtant, on regrettera juste que le coupable soit un peu trop prévisible et que l'explication finale occulte quelques indices que la police aurait dû trouver sur place.

Mais ne faisons pas la fine bouche, l'ensemble est très agréable à lire et même si on aurait préféré que Billy Mac Tiddle soit plus présent, le roman n'en est pas moins un bon roman policier.

Au final, « La poupée chinoise », même s'il souffre du peu de place prise par l'attachant Billy Mac Tiddle, remplit sa double mission de donner du plaisir au lecteur et de proposer une intrigue de plus dans le sous-genre du « crime en chambre close »...