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Bill Disley est un journaliste reporter anglais né de la plume de l’énigmatique J.A. Flanigham.

Il vécut, entre 1946 et 1959, plus d’une vingtaine d’aventures en deux salves, la première sous la forme de fascicules de 16 ou 32 pages contenant des récits d’environ 10 000 mots, la seconde sous forme de petits livres de 128 pages.

Bill Disley, reporter au « Star Express » est toujours ou presque accompagné de son ami Jeff, un ancien boxeur, ancien pickpocket et de son autre ami, l’inspecteur Martin de Scotland Yard.

Ses aventures sont contées avec un humour certain et dans le genre du roman noir à l’américaine, mais en plus léger.

J.A. Flanigham est indéniablement un pseudonyme, mais l’on ne sait qui se cachait derrière. On ne peut avancer qu’un probable autre pseudonyme de l’auteur : Raymond Gauthier.

Les premières aventures de Bill Disley vécurent plusieurs éditions. En effet, après avoir débuté dans la collection « Murmure d’amour » des Éditions du moulin vert (au milieu des années 1940), ces récits ont été réédités dans la collection « Police Roman » des éditions Lutèce (vers la fin de la même décennie) et, souvent, réédités quelques années plus tard dans la même collection (au milieu des années 1950), en changeant de titre ou non.

« L’insaisissable M. John » peut être considéré comme la dernière aventure de la première série des Bill Disley. 

L’INSAISISSABLE MONSIEUR JOHN

Herbert Meurisse est fondé de pouvoir dans une grande bijouterie. Il mène une vie de vieux garçon, mais rêve d’aventures.

Quand il s’éprend de Dolly Matthews, sa nouvelle secrétaire, une jeune femme ravissante fantasmant sur une existence luxueuse, il lui propose, après un dîner au restaurant, de prendre possession des bijoux rangés dans le coffre de son bureau et de s’enfuir ensemble vers un destin doré.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu et, alors que le trésor lui tend les bras, un rire résonne dans la pièce…

Le lendemain, Dolly est retrouvée chloroformée sur place, Herbert Meurisse et les joyaux ont disparu. Au sol, du sang ; dans le coffre-fort, la carte de visite de John-le-Balafré, un cambrioleur insaisissable qui sévit depuis quelque temps dans la ville.

Bill DISLEY, qui a déjà écrit plusieurs articles sur le mystérieux voleur, va s’intéresser à l’affaire et, surtout, à Dolly…

Tranquille fondé de pouvoir dans une importante bijouterie, Herbert Meurisse ne rêve que d’aventures, lui qui mène une vie si rangée et si calme.

Aussi, quand il s’éprend de sa jeune et nouvelle secrétaire, après un repas où elle lui avoue avoir toujours rêvé de faste et de luxe, lui propose-t-il d’aller dans son bureau pour voler les bijoux de son employeur.

Sur place, alors qu’il ouvre le coffre-fort, un rire retentit.

La secrétaire est retrouvée chloroformée dans le bureau, le fondé de pouvoir a disparu, du sang est retrouvé.

La police ne tarde pas à mettre les faits sur le dos de John-le-Balafré, un mystérieux cambrioleur qui sévit à Londres depuis quelque temps.

Bill Disley, le célèbre reporter qui vient tout juste de faire publier un article sur l’insaisissable John, va s’intéresser à l’affaire et, surtout, à la secrétaire...

Je retrouver, probablement pour la dernière fois, Bill Disley dans ses premières aventures (les plus courts, en moyenne 10 000 mots), les ayant toutes lues sauf une que je n’arrive pas à me procurer.

Heureusement, par la suite, je pourrais me délecter des nouvelles aventures de Bill Disley, parues, qui s’étalent sur la taille d’un petit roman.

« L’insaisissable M. John » peut être considéré comme la 26e et dernière, dans l’ordre de première parution, de ces courtes aventures.

Il faut rappeler que ces récits ont été édités plusieurs fois (la plupart du temps, dans fois dans la même collection « Police Roman » [fin 1940 puis milieu 1950] après avoir été d’abord publié dans la collection « Murmure d’amour » au milieu des années 1940. Bien souvent, le titre changeait en cours de route, le formatage également.

« L’insaisissable M. John », lui, fait figure d’exception, car, publié en 1955 dans la collection « Police Roman », je n’ai pas réussi à lui trouver d’édition antérieure [peut-être suis-je passé à côté].

Toujours est-il que ce récit de presque 12 000 mots peut être considéré comme la dernière aventure de ce format de Bill Disley.

On y retrouve le fameux trio composé par Bill Disley, le journaliste, Jeff, son ami ancien boxeur, ancien pickpocket et son autre ami, Martin, inspecteur de Scotland Yard.

Les épisodes ne sont jamais aussi bons que lorsque le trio est présent [un peu comme pour les San Antonio] et c’est confirmé par cet épisode.

Si l’intrigue est légère [format court oblige] et que le lecteur aguerri aura rapidement saisi le nœud de l’histoire et anticipé la révélation finale, le plaisir de lecture n’en est pas moins présent grâce aux personnages, mais surtout à la plume de l’auteur qui continue d’exceller dans l’art des incises qui, durant les dialogues, servent d’indication scénique et permette de comprendre la psychologie des personnages à faible renfort de mots.

L’humour est une nouvelle fois présent et passe principalement par le personnage de Jeff et sa relation faite d’amitié virile et vacharde avec son pote Bill.

Pour une fois, on pourra dire que le seul personnage féminin du récit n’est pas aussi noir que dans la plupart des épisodes même si, au final, le goût du luxe qui lui est donné est à la base du récit.

Au final, un très bon épisode de Bill Disley [mais je n’en ai encore trouvé aucun de mauvais, juste des rares un peu décevant], le dernier dans ce format particulier. J’ai hâte de découvrir comment se comportera Bill Disley sur un format plus long.