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Marcel Priollet sous quelques pseudonymes, dont Marcelle Renée Noll, R.M. de Nizerolles, Henri de Trémières et Jean Valbreuse, fut l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaires entre 1910 et 1960.

Écrivant dans tous les genres à la mode à l’époque (Aventures, Policier, Sentimental, Fantastique), il nourrit des dizaines de collections fasciculaires, par ses séries avérées, mais également pas ses textes plus indépendants (parfois juste en apparence).

Ainsi, dans le genre policier, on pourra se délecter de ses deux séries « Old Jeep et Marcassin » ou « Monseigneur et son clebs ».

Mais il fit vivre également, dans ce même genre, d’autres personnages récurrents dont les aventures se noyèrent au sein de collections plus généralistes.

C’est le cas du détective radiesthésiste Claude Prince, dont on retrouve les aventures en égrenant les 95 titres de la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes (dont il a signé la grande majorité sous son pseudonyme Marcelle Renée Noll).

Mais le détective travaillait parfois avec l’inspecteur François Pessart de la P.J.

Ce même François Pessart vécut également des enquêtes sans le détective, toujours au sein de cette même collection.

« L’auto F.X. 6403 », publié probablement en 1936 (les fascicules ne sont pas datés, mais on peut estimer cette date en fonction de celles qui apparaissent dans les récits), est le troisième titre de cette collection et le troisième dans lequel apparaît l’inspecteur François Pessart (dans le numéro 2, « Le kidnapper n° 3 » on retrouve le détective Claude Prince).

L’AUTO F. X. 6403

L’inspecteur principal François PESSART de la police judiciaire profite de jours de congé pour se rendre dans sa bicoque aux environs de Gif dans la vallée de Chevreuse. Il compte s’y délasser, canne à la main, au bord de l’Yvette dans un coin poissonneux proche.

Au lever du jour, alors qu’il roule à vélo sur une sente étroite, déjà tout à sa partie de pêche, il doit s’écarter pour laisser passer une voiture.

Quelques mètres plus loin, la roue de sa bécane heurte un objet dur et François PESSART se retrouve au sol.

En se relevant, le policier ne tarde pas à constater que l’écueil n’est autre que le corps sans vie d’un homme…

Pessart est en congé. Il se rend dans sa petite cabane près de la rivière Yvette afin d’y passer quelques bons moments à pêcher.

Un matin à l’aube, alors qu’il se rend dans « son » coin de pêche par un raccourci le forçant à emprunter une sente étroite et cahoteuse, il croise une voiture. Un peu plus loin, la roue de son vélo heurte un objet et c’est le valdingue. Pessart se retrouve par terre et la roue de la bécane se voile devant cet affront.

Rageant, le policier se relève pour connaître l’origine de l’accident et il découvre le corps d’un homme, mort, apparemment, d’un coup de couteau en plein cœur.

Regagnant la route à pied afin de se rendre au village le plus proche pour alerter la gendarmerie, il remarque la même voiture croisée plus tôt. Le conducteur vient de terminer de résoudre un problème de crevaison de pneu. Pessart lui demande de le conduire à Gif, mais ce dernier refuse, prétextant un retard, et s’enfuit sans demander son reste. Mais l’inspecteur Pessart a eu le temps de noter le numéro d’immatriculation du véhicule qui est le...

Pas besoin de donner ce renseignement, qui est de toute façon dans le titre.

On retrouve donc François Pessart pour la troisième fois (la seconde fois sans Claude Prince) pour mener une petite enquête (8 000 mots).

On connaît désormais la collection « Les Grands Détectives » et on ne s’étonne déjà plus de la concision des textes qui la composent. On sait également que les intrigues vont forcément être légères et les personnages à peine esquissés.

Pourtant, Marcel Priollet tente de fournir quelques fausses pistes, de lancer le lecteur (à tort ou à raison ?) sur le commun crime sentimental mettant en scène la femme, le mari et l’amant.

Cependant, l’auteur ne se contente pas de cette simple histoire vieille comme le monde et proposera un petit peu plus.

Certes, pour ce faire, il va devoir réduire l’enquête de Pessart à peau de chagrin, mais qu’à cela ne tienne. On ne va pas se plaindre de cette ambition si rare dans des textes de ce format très court.

Pour le reste, un texte dans la veine des précédents de la même collection.

Au final, une petite enquête qui passe un bon petit moment.