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« Sardanapale, le favori » à l’origine, est un fascicule de 32 pages paru dans la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi en 1949. Ce récit était signé Jean Daye, un des nombreux pseudonymes d’Henry Musnik, un auteur de langue française d’origine chilienne qui fut l’un des grands piliers de la littérature populaire durant le second tiers des années 1900.

L’auteur fut également journaliste sportif et c’est tout naturellement qu’il inscrivit certains de ses textes policiers dans le milieu sportif. Généralement, ses textes mêlant les deux mondes étaient signés de son pseudonyme de Jean Daye.

SARDANAPALE, LE « FAVORI »

Sardanapale, un pur-sang magnifique, est un galopeur hors pair qui a ridiculisé tous ses concurrents sur la place européenne.

C’est désormais au tour Silver-Cloud, un cheval américain, de le défier dans un duel attendu par tous les turfistes et amateurs de paris.

Les spécialistes ne tarissent pas d’éloges sur Sardanapale qui est l’incontestable favori et le vainqueur certain de la course.

Pourtant, le jour venu, Sardanapale fait piteuse figure face à son adversaire.

Le propriétaire de ce dernier soupçonnant une magouille derrière la défaite incompréhensible de son poulain, décide de faire appel à un détective…

Sardanapale, un pur-sang français, a épuisé tous les rivaux possibles sur son continent. Aussi, c’est un pur-sang américain qui va bientôt se mesurer à lui, en face à face. Mais les spécialistes ne donnent pas cher des chances du cheval américain tant Sardanapale semble voler sur la piste.

Pourtant, Sardanapale perd très largement la course. Une défaite à ce point incompréhensible que le propriétaire du cheval soupçonne quelque chose et décide d’embaucher un grand détective pour savoir ce qui a bien pu se passer.

Après avoir abordé le monde de la boxe, du football, du cyclisme, c’est maintenant au tour du monde du cheval auquel Henry Musnik confronte ses personnages policiers.

Ici, c’est un détective, M. Descombes, qui est chargé de découvrir pourquoi Sardanapale, ultra favori d’une course, l’a perdue aussi lamentablement.

On se doute que dans ce texte de pas tout à fait 8 800 mots, l’auteur ne va pas développer une intrigue haletante. Ce format court ne le permet pas. Le détective aura donc juste à répondre à la question « Qui a drogué Sardanapale ? » et pour se faire, il se contentera de fouiner à droite et à gauche et comptera, comme beaucoup de ses confrères (de textes courts, mais pas que) sur la chance.

Le défi de ce genre de format est de proposer un texte qui se lit agréablement sans se prendre la tête et qui délivre une histoire complète même si pas complexe.

Et Jean Daye, alias Claude Ascain, alias Henry Musnik, alias... relève allègrement le défi puisque « Sardanapale, le favori » occupe un bon petit moment de lecture.

Au final, un petit récit policier se déroulant dans le monde de l’hippisme et qui se lit avec plaisir.

 

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« N° 9, voiture verte » est, à l’origine, un fascicule de 32 pages paru en 1949 dans la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi.

Il est signé Jean Daye, un des nombreux pseudonymes de Henry Musnik (alias Claude Ascain, Alain Martial, Pierre Olasson, Pierre Dennys, Gérard Dixe...)

Henry Musnik, bien que né au Chili à la fin du XIXe siècle, fut l’un des principaux piliers, par son immense production, de la littérature populaire fasciculaire du second tiers du XXe siècle.

On lui doit un nombre de textes impressionnants dont beaucoup naviguent dans le genre policier.

Il a développé un grand nombre de personnages récurrents (Commissaire Lenormand, Inspecteur Gaspin, le cambrioleur Robert Lacelles, le détective Yves Michelot, Daniel Marsant, Michel Vaudreuil, Jack Desly, Robert Navarres, Daniel Desmont, Max Berton...) même si certains textes et histoires servaient à différents personnages afin de gonfler artificiellement une production pourtant déjà imposante.

Mais l’auteur fut également journaliste sportif, et il n’est pas rare qu’il mêlât le milieu du sport à ses récits policiers.

Généralement, ces textes étaient signés Jean Daye.

N° 9. VOITURE VERTE

Étienne Derang et Gérard Villeton, deux jeunes passionnés d’automobiles, ont mis au point un carburateur révolutionnaire permettant aux véhicules d’aller plus vite, plus longtemps et en consommant moins d’essence.

Pour faire la preuve de l’efficacité de leur invention, ils ont engagé une voiture de course équipée de la fameuse pièce mécanique, au « Trophée des Douze Heures », durant lequel elle sera confrontée aux bolides des meilleurs constructeurs du moment.

Lors les essais, Gérard, qui est un pilote aguerri, est blessé par une pierre venue de nulle part.

Dès lors, Étienne, suspicieux, soupçonne un acte malveillant.

Sur ses gardes, il décide de passer la nuit dans le garage afin de surveiller leur petit bébé.

Le lendemain matin, Gérard le retrouve ficelé et bâillonné dans la remise...

Claude Ascain (c’est le pseudonyme de l’auteur que je préfère et celui sous lequel je le nomme le plus facilement) s’est déjà confronté à plusieurs sports (cyclisme, hippisme, boxe, football) et le voilà, dans « N ° 9. Voiture verte » plongé dans la course automobile.

On y retrouve deux jeunes hommes d’environ 25 ans qui ont mis tous leurs temps et leurs argents dans la création et la fabrication d’un carburateur révolutionnaire.

Mais, pour prouver l’efficacité de leur invention, il leur faut remporte La course du moment : « Le Trophée des Douze Heures », une course de vitesse et d’endurance (12 heures) à laquelle participent tous les grands constructeurs automobiles.

Pendant les essais, Gérard, l’un des deux inventeurs et pilote de leur voiture, est blessé par une pierre, un silex fort bien taillé et coupant. Si celui-ci n’en fait pas cas, Étienne, son ami et partenaire, lui, trouve cela étrange.

Soupçonneux, il voit déjà une main étrange cherchant à faire capoter leur entreprise. Aussi, décide-t-il de dormir dans le garage qui abrite leur invention pour éviter que quelqu’un ne profite de la nuit pour la saboter.

Le lendemain matin, Gérard retrouve Étienne ligoté dans le garage...

Dans ce petit récit (un peu plus de 8 600 mots), Claude Ascain-Jean Daye, nous livre une petite intrigue dans laquelle aucun enquêteur n’apparaît (même s’il est question d’un détective en cours de route). Si l’intrigue, dans ce genre de fascicule, est toujours limitée, ici, elle est quasi inexistante.

Mais, peu importe. L’auteur livre un petit récit qui mélange les genres sans s’imprégner réellement d’aucuns (ni policier, ni aventures, ni sportif) et ne cherche rien de plus qu’à occuper un petit moment de lecture, ce qu’il réussit à faire.

Les personnages sont soit inconsistants, soit manichéens (comme de coutume dans ce format court) et la plume se contente de dérouler le récit sans faire preuve de style (comme souvent).

Pourtant, malgré ces inconvénients que l’on pouvait anticiper au vu du format, l’ensemble se lit sans déplaisir et c’est déjà pas mal.

Au final, un petit récit dans le monde de la course automobile qui se contente du minimum syndical, mais on n’en attendait pas plus.