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Je vous ai déjà tellement parlé de Marcel Priollet, qu’aujourd’hui, j’ai décidé de faire court.

Marcel Priollet, entre 1910 et 1960 fut l’un des piliers majeurs de la littérature populaire fasciculaire grâce à son immense production dans des genres aussi variés que les romans policiers, sentimentaux, fantastiques, d’aventures et jeunesse.

Pour ce faire, il usa de quelques pseudonymes : Henry de Trémières, René Valbreuse, R.M. de Nizerolles ou Marcelle Renée Noll.

Dans le seul genre qui m’intéresse, le policier, l’auteur a développé de nombreux récits indépendants et au moins deux séries avérées : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs » au milieu des années 40.

Sous le pseudonyme de Marcelle Renée Noll, il alimenta, quasi à lui seul, la collection de 95 fascicules de 32 pages, « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes, parue à partir de 1936.

Dans cette collection, il mit en scène plusieurs personnages qui revinrent régulièrement : Claude Prince, le détective radiesthésiste ; le détective Renard ; l’inspecteur de la Mondaine Bob Rex et l’inspecteur principal François Pessart de la P.J.

C’est l’inspecteur Pessart que l’on retrouve dans « Le mystère de l’auto grise » qui fut, à l’époque, le 8e titre de la collection.

LE MYSTÈRE DE L’AUTO GRISE

Marcel Savignon, journaliste sportif, rentre chez lui, à pied, une nuit, en revenant de voir un match de tennis.

Soudain, il entend des appels à l’aide et, n’écoutant que son courage, se précipite dans la direction d’où viennent les cris…

Il sera retrouvé aux abords du Bois de Boulogne par des gendarmes, au petit matin, chloroformé au fond d’une automobile à l’intérieur couvert de sang.

C’est l’inspecteur François PESSART qui sera chargé de résoudre le meurtre du propriétaire de la voiture dont le corps est introuvable et de comprendre le rôle du reporter dans cette histoire…

Au petit matin, les gendarmes découvrent une voiture aux abords du Bois de Boulogne. Pensant qu’il s’agit d’amoureux cherchant un coin tranquille, ils s’approchent pour leur demander de filer, mais ils ne découvrent, à l’intérieur, qu’un homme chloroformé et du sang partout, ne lui appartenant pas.

L’homme s’avère être un journaliste qui, durant la nuit, rentrait à pied chez lui après une exhibition de tennis. Le propriétaire de la voiture, lui, a disparu.

Le juge Harteau ne tarde pas à considérer le journaliste coupable, mais, sans corps et sans aucune preuve, difficile de la faire arrêter.

L’inspecteur Pessart va être chargé de l’enquête.

On retrouve donc l’inspecteur Pessart dans un rôle qui ne le grandira pas et qui, il faut bien l’avouer, ne colle pas à l’image que l’on pouvait avoir de lui jusqu’à présent.

On soupçonnera l’auteur de faire intervenir ses personnages un peu à l’emporte-pièce, sans soucis d’une réelle cohérence.

Cet épisode est d’ailleurs tellement dissonant que l’on est en droit de se demander si Marcel Priollet, comme nombre de ses confrères, ne s’est pas fourvoyé en reprenant un de ses textes en en changeant uniquement le nom des personnages. Mais, comme sa production est immense, il sera difficile de tout lire pour s’en assurer et trouver le texte d’origine si texte d’origine il y a.

L’intrigue, elle, tend plus vers le drame passionnel ou récit du genre que dans le pur récit policier. Sa résolution, une fois de plus, tout comme la construction de l’enquête, s’appuiera sur le hasard.

On pardonnera ce penchant à l’auteur, d’autant plus facilement que la concision de cette collection ne permet pas d’installer une véritable intrigue (ce récit fait à peine plus de 8 000 mots).

On ne trouvera donc rien d’exaltant dans le récit (ce qui n’est pas le but de ce genre de format), ni dans l’histoire, ni dans les personnages, ni dans le style.

Si le style de l’auteur n’est pas indigent, on a connu Marcel Priollet plus inspiré, d’autant qu’il ne grandit pas son personnage principal à travers ce récit.

On notera l’apparition furtive de l’inspecteur Bob Rex, de la brigade mondaine.

À part cela, pas grand-chose de plus à se mettre sous la dent.

Au final, un petit récit quelque peu décevant de la part de Marcel Priollet.