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Chaque génération de lecteurs a sa collection de romans policiers cultes ! Même si certaines s’étalent sur plusieurs générations.

Dans les années 1920-1930 : « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi.

Depuis les années 1930 (1927 pour être précis) : Le Masque par la Librairie des Champs-Élysées.

Depuis 1945 à nos jours : La Série Noire chez Gallimard.

Depuis les années 1950 à 1980 (1949 à 1987), la collection « Spéciale Police » chez Fleuve Noir.

Et tant d’autres.

« Le troisième larron », le titre du jour, fait partie de cette dernière collection : « Spéciale police » chez Fleuve Noir (dans laquelle parut également San Antonio) en 1964 (n° 425). Il est signé par l’un des piliers de la collection : Roger Vilard.

Roger Vilard a destiné la plupart de sa production à cette collection en signant plus d’une cinquantaine de titres.

Le troisième larron :

Paul et Maurice sont amis et collègues de travail.

Chaque vendredi, ils transportent la paie des ouvriers dans un vieux véhicule.

Paul est marié avec Gisèle. Maurice est amoureux de Gisèle. Gisèle couche avec Maurice, par dépit, pour oublier la vie de misère qu’elle mène avec un homme sans ambition et dévoré par la passion du jeu.

Aussi, un jour, Gisèle propose un plan à Maurice : se débarrasser de Paul, durant un transport de fond, prendre l’argent et faire croire qu’ils ont été attaqués par des bandits.

Mais le plan ne va pas se dérouler exactement comme prévu...

Roger Vilard revisite le trio mythique des plus grandes tragédies de tous les temps : le mari/la femme/l’amant.

Comme on n’est jamais mieux trahi que par ceux en qui on a le plus confiance, l’amant se doit alors d’être l’ami du mari.

À partir de cette base commune à nombre de drames, l’auteur tisse une intrigue autour d’un transport de fonds, d’une fausse attaque de bandits, de petits grains de sable qui enraie les meilleures machines...

Pourtant, il faut bien reconnaître, l’auteur nous livre là un plat qui, s’il n’est pas indigeste, est d’une fadeur certaine, la faute à des ingrédients d’une banalité confondante et manquant de sel et de rondeurs.

Les personnages (à l’exception de Léon la Fleur) sont pour le moins inintéressants. Les amis, le joueur, l’amoureux transit, la femme en mal de luxe, le manque de scrupules de l’une, de l’autre, la naïveté du troisième...

L’intrigue à la fois trop simple, fonctionnant sur trop de coïncidences, et manquant d’un réel intérêt, d’un suspens certain.

La scène finale qui a bien du mal à tenir debout, mais qui a la décence d’être très (trop ?) concise.

Le style, au diapason du reste : relativement fade.

Que reste-t-il alors ? Un met qui ne porte pas sur l’estomac, mais qui ne titillera pas les papilles et qui remplit juste l’office de boucher un petit trou, mais sans plus.

Du fait « Le troisième larron » se lit sans réel déplaisir d’autant que le roman est très court, mais sans jamais apporter un petit plus au lecteur qui se contentera du minimum syndical.

Heureusement, il faut reconnaître une grande qualité à la plupart des titres des éditions Fleuve Noir : les illustrations de couvertures de Michel Gourdon qui, comme toujours, sont magnifiques. Raaa, comme les illustrateurs d’autrefois manquent aux éditeurs d’aujourd’hui...

Au final, un roman petit dans sa forme et dans son fond.