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Marcel Priollet est un auteur majeur de la littérature populaire (ceux qui lisent toutes mes chroniques — y a-t-il des gens assez masos pour ça ? — doivent avoir l’impression que je radote à force de répéter peu ou proue les mêmes choses d’une critique à l’autre d’un titre de l’auteur).

À partir d’environ 1910 et pendant près d’un demi-siècle, l’auteur, sous différents pseudonymes (René Valbreuse, Marcel-Renée Noll, R.M. de Nizerolles, Henri de Trémières…) abreuva de nombreuses collections fasciculaires dans tous les genres à la mode à l’époque (policier, aventure, sentimental, fantastique). Si la pratique est aisée pour des séries de quelques fascicules (« Old Jeep et Marcassin », « Monseigneur et son clebs »), elle est bien plus ardue quand il s’agit d’une collection plus généraliste avoisinant les 100 titres.

Pourtant, sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll, l’auteur parvint à signer la très grande majorité des presque 100 fascicules de 32 pages de la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes dont « Le crime du Parc Saint-Cloud » est le 17e titre.

LE CRIME DU PARC DE SAINT-CLOUD

Dans une clairière du parc de Saint-Cloud, une jeune fille est retrouvée égorgée, les veines tranchées et vidée de son sang.

Crime rituel à imputer à un certain membre d’un cirque ambulant installé non loin ?

Meurtre de sadique ?

L’inspecteur François PESSART est chargé de le découvrir.

Mais souvent le pendule du détective radiesthésiste, Claude PRINCE est plus clairvoyant que le policier…

Le maréchal des Logis Lambert, pour aller manger chez sa vieille tante, traverse le Parc Saint-Cloud, dans lequel le cirque Baum est installé depuis quelques mois. Dans le parc, il trouve un petit chien abandonné. Le toutou a un collier avec une plaque sur laquelle est gravé le nom d’un Conseiller d’État logeant tout proche.

Après dîner, il décide de ramener le chien, espérant recevoir une récompense, mais, au lieu de le remercier, toute la maisonnée est sens dessus dessous, la jeune fille du conseiller, qui était avec le chien, a disparu depuis plusieurs heures. Tout le petit monde part à sa recherche, le conseiller, son fils, le fiancé de la disparue, le maréchal des Logis… et on finit par retrouver le corps de la jeune fille, exsangue, dans une clairière, la gorge et les poignets tranchés.

L’inspecteur Pessart est chargé d’une enquête qui fait porter les soupçons sur les gitans du cirque voisins…

Voici donc un épisode classé dans sa réédition dans la collection « Claude Prince, détective radiesthésiste », mais qui fut réédité en 1958 dans un recueil de deux titres issus de la collection « Les Grands Détectives » et titré : « Les dossiers de l’inspecteur Pessart ».

Si l’autre titre qui compose se recueil ne pose aucune question, « Le mystère de l’Arabella » puisqu’il concerne la jeunesse de l’inspecteur Pessart, on se demandera un peu pourquoi l’éditeur de l’époque y a intégré ce « Le crime du Parc Saint-Cloud » puisque l’inspecteur Pessart n’y apparaît pas, tout juste est-il cité deux fois par le juge d’instruction comme étant le policier chargé de l’enquête.

Ceci dit, Claude Prince, celui qui découvre la solution du mystère, n’apparaît pas énormément non plus (comme souvent) et c’est uniquement parce que le fiancé de la victime va le voir en toute fin d’ouvrage que Claude Prince peut lui révéler ce qu’il a appris de son pendule.

Raaa, c’est super efficace un pendule… dans la vraie vie, je ne sais pas, mais pour offrir abruptement une solution à une énigme sans avoir à s’étendre sur le raisonnement intellectuel qui y a mené, voilà qui est sensationnel.

Comme pour les autres titres mettant en scène François Pessart, Claude Prince et consorts, on ne retiendra pas grand-chose de celui-ci qui n’est là que pour remplir un court moment de lecture sans se prendre la tête. D’ailleurs se la prendrait-on que l’on trouverait aisément certaines choses à redire : qu’il est difficile de vider de son sang une personne morte au préalable (le cœur ne battant plus, le sang n’est plus propulsé dans les veines) ; que le lecteur devine qui est le meurtrier (alors que Pessart, lui, non) et ce bien plus vite que Claude Prince et sans user d’un pendule ; qu’on se demande ce que va faire le fiancé de la victime chez Claude Prince sachant qu’il avait embauché un détective, au préalable, qui lui a appris ce qui l’amène chez Claude Prince (oui, je suis énigmatique, mais je ne veux rien déflorer d’une intrigue à la base simpliste, mais caduque).

Mais ne faisons pas la fine bouche, on ne peut guère attendre plus d’un texte qui n’atteint pas 9 000 mots (et encore, celui-ci est long par rapport aux autres de la collection).

On se consolera en se disant que Marcel Priollet, quelques années plus tard, proposera deux bonnes séries policières. Lesquelles ? Je l’ai dit en début de chronique, vous ne suivez pas ou quoi ?

Au final, un petit texte qui n’est là que pour combler un petit moment sans se prendre le chou.