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Jean des Marchenelles, de son vrai nom Jean Dancoine, fut un auteur de comédies de théâtres, de récits policiers, éditeur, directeur de collections, journaliste…

Né près de Lille en 1913, il s’y implanta professionnellement et n’hésita jamais utiliser sa région dans ses divers récits.

De son œuvre policière, on retiendra principalement un personnage récurrent, le détective Francis Bayard, alias le « Sphinx » que l’on retrouve à partir du début des années 1940 dans plus d’une quinzaine de récits, la plupart sous la forme de fascicules de 32 pages au sein de la collection « Police Privée » aux éditions S.I.L.I.C et quelques-uns dans la « Collection Rouge » des éditions Janicot ou dans la collection « Main Blanche » aux éditions S.P.E.

Mais Francis Bayard vécut également quelques aventures plus longues sous la forme de romans.

VENGEANCE BOHÉMIENNE

C’est la fête au village.

Les romanichels ont implanté leur cirque près de la Grand-Place pour le plaisir de tous.

Tous ? Non. Le maire, M. Cappelmans voit d’un mauvais œil cette installation. Il craint que Stella ne soit attirée par ce monde dont elle est issue. Car M. Cappelmans a recueilli la fillette, voici vingt ans, auprès de sa mère bohémienne, morte, et a décidé de l’adopter.

Aussi, quand un jeune homme de la troupe, acrobate et lanceur de poignards, vient lui demander la main de Stella, celui-ci le jette comme un malpropre.

Quelques heures plus tard, M. Cappelmans reçoit, dans la rue, deux couteaux dans le dos…

Le crime semble signé, mais le détective Francis BAYARD est d’un autre avis…

Un village, un cirque, des romanichels, il n’en faut pas plus pour mettre les habitants en ébullition. Ceux qui espèrent se divertir devant les clowns et les acrobates. Ceux qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de voleurs de poules et de charlatans. Et, enfin, le maire du village dont la fille adoptive fut recueillie par lui, il y a près de vingt ans, auprès de sa bohémienne de mère qui venait de mourir.

Mais Stella, la fille, est irrémédiablement attirée par ses racines et surtout par un beau jeune homme, acrobate et lanceur de couteaux.

Quand ce dernier vient demander au maire la main de Stella, celui-ci le jette manu militari.

Aussi, quand le maire est tué de deux couteaux plantés dans le dos, le coupable semble ne faire aucun doute…

Jean des Marchenelles, dans les fascicules mettant en scène son détective Francis Bayard, nous sert régulièrement du chaud et du tiède. Chaud quand il distille tous les ingrédients qu’il maîtrise (narration, humour, second degré…) et tiède, le reste du temps.

Et il faut dire que le tiède est souvent présent quand le détective Bayard, lui, est absent (du moins, en apparence).

Aussi, en précisant que le détective Bayard apparaît très tardivement, vous comprendrez que je considère ce titre comme un épisode « tiède ».

Par « tiède » je n’entends pas indigeste ni même insipide, mais juste un récit qui ne sort guère du lot des centaines, milliers de fascicules de la littérature populaire qui, pour être agréables à lire, n’en sont pas pour autant inoubliables ni même fort agréables à déguster.

Car Jean des Marchenelles nous propose une intrigue simpliste, torpillée par un titre un peu trop révélateur, un récit manquant d’humour (par rapport à certains épisodes), le tout sous la forme d’une bluette sentimentale.

Ici, point de mise en abîme comme dans d’autres titres où apparaît l’auteur lui-même sous la forme d’ami et biographe du détective.

Pas plus d’idées narratives originales comme il sut parfois en proposer.

Juste le minimum syndical pour proposer un récit de 9 000 mots qui se lit sans déplaisir et rien de plus.

C’est déjà pas mal, mais on s’était habitué à mieux de la part de Jean des Marchenelles.

Au final, un petit épisode se lisant bien, mais en deçà des meilleurs épisodes de la série. Dommage.