Freaky Fridays de Brigitte Aubert

Je poursuis ma découverte de la collection « Vendredi 13 » des éditions La Branche, collection dirigée par Patrick Raynal et inaugurée par Jean-Bernard Pouy avec l’excellent « Samedi 14 ».

Après avoir découvert, donc, l’opus de J. B. Pouy, « L’Arcane sans nom » de Pierre Bordage, « Close Up » de Michel Quint et « Le dernier contrat » de Olivier Maulin, j’ai décidé de me pencher sur « Freaky Fridays » de Brigitte Aubert.

Si, mes précédentes lectures, à part une, étaient plutôt agréables, qu’en serait-il de celle-là ?

Pour rappel, la collection « Vendredi 13 » regroupe 13 petits romans de différents auteurs dont l’intrigue tourne plus ou moins autour du jour fatidique.

Freaky Fridays :

Quand une tranquille sexagénaire reprend du service et règle ses comptes avec le passé…
Par un beau vendredi 13, Mamie Hélène, veuve depuis peu, apporte une tarte à ses voisins. Concert de détonations, corps sanguinolents, elle est témoin du massacre aussi expéditif que sophistiqué de toute une famille. Alors qu’elle tente de fuir, l’un des tueurs la surprend.
C’est le début d’une traque effrénée.
Pour sauver sa peau – et s’amuser un peu – Mamie Hélène n’a d’autre solution que de renouer avec son ténébreux passé… Se révèle alors une sexagénaire pas comme les autres, corrigeant les truands comme elle monte les blancs en neige : avec un solide coup de poignet et le goût du travail bien fait.

Mamie Hélène est veuve depuis un an, son Joe ayant eu la mauvaise idée de mourir un vendredi 13.

C’est à lui qu’elle pense en allant livrer un gâteau pour l’anniversaire de la fille des voisins – elle a monté une petite entreprise de pâtisserie artisanale pour s’occuper – alors qu’elle discute avec la bonne de la famille bourgeoise habitant juste à côté de chez elle, elle entend des coups de feu et est témoin d’un véritable massacre de toute la famille par deux géants cagoulés.

Mamie Hélène a tout juste le temps de s’enfuir pour échapper aux tueurs. Que faire ? Impossible pour elle de se rendre à la police, son passé sulfureux remonterait à la surface, elle et Joe étant d’anciens tueurs pour le compte de la mafia italo-américaine ayant bénéficié du service de la protection des témoins après que Joe ait témoigné contre Gioanni, un caïd déjanté.

Très vite, mamie Hélène se rend compte que les tueurs sont à ses trousses. Fuir ? Pour où ? Et puis, mamie Hélène veut savoir pourquoi des tueurs russes ont exterminé ses voisins, aussi, elle va reprendre les armes et ses anciennes habitudes…

Je dois l’avouer, j’avais déjà pris ce livre entre les mains et l’avait aussitôt reposé, les premières lignes me faisant craindre le pire. En effet, celles-ci débutaient par mamie Hélène se repenchant, attristée, sur la mort de son grand amour. Je voyais déjà un roman plombé par des considérations sentimentales qui me sont souvent pénibles à lire.

Heureusement, je me repenchais sur le roman après avoir lu quelques critiques précisant que l’intrigue virait bien vite au petit roman d’action.

Bien m’en a pris puisque, effectivement, une fois la scène de massacre de la famille, l’histoire se déroule à la manière d’un bon petit film d’action avec, pour héroïne, une gentille petite retraitée de 62 balais (un peu à la « RED », mais sans Bruce Willis, Morgan Freeman et John Malkovich, juste avec Helen Mirren).

Car sous ses airs de douce et gentille mamie (62 ans n’est pas un âge de mamie, mais passons), mamie Hélène va s’avérer coriace, têtue et, surtout, très dangereuse.

En effet, pour découvrir la vérité, elle ne va pas hésiter à se mettre à dos des tueurs russes, des assassins de la mafia italo-américaine, des militaires américains, français et, même, des services de l’état.

Si l’on sent un peu, dans l’écriture, que l’auteur se livre là à un exercice de style, il faut bien avouer que celui-ci est bien mené et ne laisse aucun temps mort aux personnages et aux lecteurs.

Certes, les sanglots longs de mamie Hélène sur son vieux Joe sont omniprésents, mais, pour autant, ils ne gâchent en rien le plaisir de lecture, mamie Hélène puisant sa force dans ces souvenirs et, surtout, retrouvent ses réflexes de tueuse grâce à ceux-ci.

Alors, tout comme dans un petit film bourrin, on ne se souciera pas de la crédibilité de certaines scènes, notamment la scène finale, car, Brigitte Aubert parvient à remplir sa mission principale, celle de distraire de bout en bout le lecteur, ni du fait que les personnages sont caricaturaux.

Côté plume, l’auteur démontre un savoir-faire incontestable – plutôt logique puisque l’on a pas affaire à une béjaune.

Au final, une belle surprise que ce petit roman d’autant plus que je partais avec un a priori négatif.