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La collection « Vendredi 13 » des éditions la Branche est une collection dirigée par Patrick Raynal et qui comporte 13 petits romans policiers dont l’intrigue tourne plus ou moins autour de la date fatidique.

Celle-ci a été brillamment inaugurée par le génial Jean-Bernard Pouy avec le titre « Samedi 14 ».

Pierre Bordage a eu la lourde tâche d’enchaîner avec « L’Arcane sans nom », ce qu’il fit avec talent.

Si j’avais, par la suite, été échaudé par « Close Up » de Michel Quint, voilà que j’ai replongé dans la fameuse collection pour découvrir à la fois un roman, « Le dernier contrat » et un auteur, Olivier Maulin.

Le dernier contrat

Laminée par une crise économique et politique sans précédent, la France est plongée dans le chaos. Frère-la-Colère, un moine charismatique et exalté, émerge de la confusion, fédérant bientôt les rebelles de tout le pays pour renverser le pouvoir en place et hâter l’effondrement général. Prêt à tout, Frère-la-Colère engage un tueur à gages, un pro sur le retour, dépressif et alcoolique. Son contrat : assassiner le président de la République le samedi 14 juillet, pendant le défilé. L’avenir de la rébellion ne dépend plus désormais que d’un seul homme…

La France est au bord du chaos, le peuple gronde, se rebelle, contres les élites, le gouvernement, les rues sont bientôt à feu et à sang et un personnage émerge des contestataires, devant à la fois un porte-parole et un guide, Frère-la-Colère, qui, si bien sur les barricades que sur internet, dans sa robe de bure de moine, s’en va prêcher la rébellion.

Mais quand l’armée s’en mêle, les insurgés ont du mal à résister, il faut passer à la vitesse supérieure : employer un tueur à gages pour assassiner le président de la République.

Avec un début d’histoire qui résonne avec une actualité par si lointaine, celle d’avant la Covid 19, celles des gilets jaunes et de la révolte de la rue (mais le livre a été publié en 2012, donc, c’est de la pure fiction), Olivier Maulin nous livre l’histoire de Joseph Victor, un tueur à gages contacté par un des hommes du moine, mais qu’il découvrira mort sur le lieu de rendez-vous. Échappant de justesse aux assassins de son contact, Joseph Victor se fait fort de remonter la piste pour savoir qui voulait l’embaucher afin d’effectuer ce dernier contrat qui lui permettra de prendre une retraite bien méritée au soleil.

Il est bien difficile de juger un auteur à sa participation à cette collection tant, parfois, elle semble être l’aboutissement à un exercice de style.

Ce n’était certes pas le cas de J.B. Pouy (un génie, je vous dis), mais bien celui de Michel Quint et il semble également l’être pour Brigitte Aubert et, du coup, pour Olivier Maulin qui ne semble pas être un habitué du roman policier.

Aussi ne m’est-il pas aisé de juger de la plume de cet auteur à travers ce roman.

Toujours est-il que celle-ci, la plume, a bien failli avoir raison de moi. Non pas qu’elle soit mauvaise, mais le parti pris de décortiquer et répéter le moindre geste du héros narrateur, même si j’ai bien compris que le but était, à la fois, de remplir les pages et, surtout, d’appuyer sur la méticulosité du personnage, n’était pas loin, au bout d’un moment, de me rebuter.

Heureusement, l’histoire n’était pas déplaisante malgré une intrigue, au final, très simple, voire simpliste, et un comportement du personnage principal qui ne tient plus vraiment la route à l’aulne de l’ultime révélation.

Il est vrai que le fait que l’ambiance du récit résonnait avec l’actualité récente des gilets jaunes (en plus extrême) ajoutait un intérêt non négligeable au récit.

Cependant, à la fin de l’histoire, on se rend bien compte que, sans l’énumération répétée des petits gestes du personnage, l’histoire n’aurait guère dépassé les quelques dizaines de pages.

Mais, qu’à cela ne tienne, on suit sans déplaisir, bien qu’un peu agacé par les répétitions (tant de gestes que de mots) cette histoire qui a le mérite d’apporter un rebondissement final que je n’ai pas vu venir alors que j’aurais dû tant il semblait logique, mais j’étais alors probablement trop pris par les tocs du personnage pour ne pas avoir conservé ma perspicacité.

Au final, un roman qui, si on supporte les répétitions voulues et involontaires, s’avère plutôt agréable à lire.