CouvPW5

« La banque mystérieuse » est une aventure du détective américain, installé à Paris, Paddy Wellgone, de H. J. Magog.

H. J. Magog, de son vrai nom, Henri-Georges Jeanne (1877 - 1947), même s’il est désormais totalement oublié, fut l’un des piliers de la littérature populaire de la première moitié du XXe.

De sa production, il inonda les collections fasciculaires, mais également les magazines et les journaux, dans les genres à la mode à l’époque (aventure, sentimental, policier, fantastique).

Il fait partie de ces nombreux auteurs ayant écrit de nombreux contes pour la rubrique « Les 1001 contes » du journal Le Matin.

Pour son œuvre policière (la seule qui m’intéresse… comme chez tous les auteurs), on notera qu’il fit vivre (chichement) deux personnages récurrents.

Le premier, l’inspecteur Sive, apparaît dans au moins deux romans.

Le second, celui qui nous intéresse aujourd’hui, est le détective Paddy Wellgone, identifié dans au moins 7 aventures dont « La banque mystérieuse ».

Il faut savoir que le personnage est probablement né dans le roman « L’énigme de la malle rouge », excellent roman policier, édité sous la forme de feuilleton dans « Le Journal » en 1912 (puis dans d’autres, pendant les 20 années suivantes) et plusieurs fois sous forme de livre, aux éditions Tallandier et aux éditions R. Simon, en 1932, sous le titre de « Le cadavre du tunnel » et signé Paddy Wellgone lui-même (le roman a également été traduit et publié, au moins, en Espagne).

Plusieurs textes de Magog ont été plusieurs fois réédités, soit chez Ferenczi (en passant de la collection « Le Roman Policier » dans les années 1920 à celle « Police et Mystère » dans les années 1930 [comme beaucoup de titres des deux collections], mais également chez R. Simon, en changeant parfois le titre, mais, surtout, la signature [Jean Tardoise ou Jean de Laon].

« La banque mystérieuse » est paru dans la collection « Police et Mystère » en 1935. Une probable réédition, mais je n’ai pas réussi à identifier le titre original.

LA BANQUE MYSTÉRIEUSE

Le señor Porfirio Helrados, riche sud-américain de passage à Paris, a subi un inexplicable vol.

Alors qu’il était dans une banque pour encaisser un fort chèque, il se retrouve, les poches vides, dans une chambre d’un hôtel miteux sans qu’il sache comment !

Devant le scepticisme voire l’indifférence de la police, la victime se tourne vers Paddy WELLGONE, détective à la réputation mondiale.

Celui-ci, donnant foi aux dires de M. Helrados, décide d’enquêter en se rendant, incognito, dans la banque mystérieuse…

Il ne tarde pas à y repérer le manège d’un bien étrange employé…

Paddy Wellgone est chargé, par un riche argentin, de trouver comment celui-ci s’est fait voler 100 000 francs, alors qu’il était allé encaisser un chèque dans une banque et qu’il s’est retrouvé dépouillé, plus tard, dans une chambre d’hôtel miteuse, sans se souvenir de ce qui s’est passé entre les deux évènements.

À la lecture de ce petit roman de 18 000 mots, nul doute semble possible, au vu du style, du sujet, de l’ambiance, que ce texte ait été écrit, comme les autres épisodes de Paddy Wellgone, dans les années 1920.

Le texte de 1935 serait donc bien une réédition, sans que j’en aie trouvé la preuve pour l’instant.

On retrouve donc, comme je le disais, l’ambiance surannée des épisodes tels que « Le masque à lunettes » ou « Le testament fantôme » et, surtout, la naïveté de l’intrigue.

Effectivement, les voleurs se donnent énormément de mal pour dépouiller leurs victimes, alors qu’il serait tellement plus facile de leur tomber sur le râble à un moment donné.

Difficile, donc, de croire à cette manigance machiavélique, et, du coup, de se prendre réellement au jeu de l’aventure.

Le style, la plume, étant à l’image de l’intrigue, on se retrouve, paradoxalement, face à un texte un peu désuet [ce qui peut faire son charme].

Je dis « paradoxalement », car, « L’énigme de la malle rouge » bien qu’antérieur aux textes cités, s’avère être bien plus moderne, tant dans l’histoire que dans le style et, surtout, infiniment plus exaltant à lire.

Peut-être l’auteur s’épanouissait-il plus dans le format long que dans le court ??? Allez savoir.

Cependant, si on ne tient pas compte de cette première enquête de Paddy Wellgone qui place la barre très haut, on peut apprécier les épisodes suivants pour ce qu’ils sont, de petits romans plaisants lire et qui ont le charme suranné des textes de collections fasciculaires des années 1920.

Au final, un petit roman dont il faut prendre l’intrigue à la légère pour en apprécier l’essence.