TR14

« L’assassin frappe toujours de face » est le 14e épisode de la série « Les aventures extraordinaires de Théodore Rouma ».

La toute première édition, chez S.E.B.F., de cette série date de 1946 et le fut sous la forme de fascicules de 24 pages, double colonne, contenant des récits indépendants d’environ 13 000 mots.

Derrière l’auteur, Jean d’Auffargis, se cache un dénommé Maurice Laporte, connu pour avoir créé en 1920 les Jeunesses Communistes Françaises. L’homme quitta le parti très rapidement et devint un farouche anticommuniste avant de collaborer pendant la Seconde Guerre mondiale avec les nazis. Après la guerre, il s’exila en Suisse d’où il pratique l’écriture afin de gagner sa vie.

On pourrait logiquement penser que la série a donc été écrite en Suisse, après la guerre, puisque publiée en 1946.

Or, la lecture de certains épisodes laisse à penser, d’après les évènements datés ou datables, que celle-ci fut écrite entre 1936 et 1940…

L’ASSASSIN FRAPPE TOUJOURS DE FACE

Théodore ROUMA, l’insaisissable cambrioleur, par une lettre envoyée à la presse, a promis de voler la rivière de diamant que portera Marie Grace sur scène lors du gala de Charité des « Lits Blancs ».

L’inspecteur Larbart a mis en place un dispositif imparable pour empêcher son ennemi de longue date de réussir son coup.

Tandis que l’actrice et son partenaire jouent, devant trois mille spectateurs, leur sketch, le comédien s’écroule, mort, frappé en pleine poitrine par un projectile.

Sous le choc, Marie Grace s’évanouit et est emportée dans les loges.

Quand Larbart rejoint la jeune femme, le bijou n’orne plus son cou.

Théodore ROUMA a bien tenu promesse… Pourtant, le policier est persuadé que celui-ci n’est pas un assassin…

Lady Reafbury a demandé à l’actrice Marie Grace de porter, lors du Gala des « Lits Blancs » sa rivière de diamants d’une valeur de 15 millions.

Mais Théodore Rouma, lui, via la presse, a promis de s’emparer du bijou lors de ce Gala et de reverser la moitié de sa valeur à des œuvres de bienfaisance. Aussi, l’inspecteur Larbart a été chargé de contrer son adversaire.

Alors que Marie Grace interprète un sketch avec son partenaire, ce dernier s’écroule, touché à mort en pleine poitrine par une fléchette. Marie Grace s’évanouit et est emportée dans sa loge.

Quand Larbart la rejoint, il constate que la rivière a disparu.

Si le juge d’instruction n’hésite pas à incriminer Théodore Rouma, Larbart, qui connaît bien son ennemi, a bien du mal à croire que celui-ci ait assassiné quelqu’un et qu’il ait dérobé le bijou au cou de la jeune femme comme le ferait un piètre voleur.

Pourtant, le directeur de l’Assistance Publique ne tarde pas de recevoir un gros chèque de la part de Théodore Rouma

Avec des récits de 13 000 mots, on sait qu’un auteur a bien du mal à proposer une intrigue digne de ce nom. Certains parviennent à s’en sortir avec les honneurs, d’autres usent de subterfuge pour sauver les apparences.

La première chose qui me charme dans cet épisode, c’est son titre : « L’assassin frappe toujours de face ».

Effectivement, c’est le genre de titre que l’on retrouve principalement dans la littérature populaire et qui me donne toujours envie de découvrir le texte qui se cache derrière.

Malheureusement, ce sera la seule chose qui m’a charmé, car, il faut bien l’avouer, l’intrigue n’est pas à la hauteur de son titre.

Même si l’auteur tente de faire croire à une histoire un peu complexe, le fond de celle-ci n’a rien que de trop classique. De plus, les quelques rebondissements s’appuient sur des faits très peu crédibles et qui laissent le lecteur dubitatif.

Le personnage de Théodore Rouma, encore une fois, s’éprend du personnage féminin de l’histoire ce qui devient un peu lassant. Cet homme a vraiment besoin de se caser ou bien de rentrer dans les ordres, mais, en tout cas, de laisser ses hormones de côté.

Relativement peu d’humour dans cet épisode, contrairement à d’autres, ce qui aurait pu rehausser un petit peu l’intérêt de la lecture.

Au final, le titre étant le sommet de l’épisode, le lecteur ne peut être que déçu par la suite même si, il faut bien admettre que sans être enthousiasmante, la lecture de cet épisode n’est pas non plus indigeste.