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« L’énigmatique inspecteur du Yard » est une aventure de Théodore Rouma, le cambrioleur justicier né de la plume de Jean d’Auffargis.

Pour information, la série « Les extraordinaires aventures de Théodore Rouma » fut publiée à partir de 1946 sous la forme de fascicules de 24 pages, double-colonne, contenant des récits indépendants d’environ 13 000 mots aux éditions S.E.B.F.

Derrière le pseudonyme de Jean d’Auffargis se cache Maurice Laporte, principalement connu pour être le fondateur des Jeunesses Communistes Françaises en 1920.

Mais Maurice Laporte quitta rapidement le parti et devint un farouche anticommuniste avant de collaborer avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

En 1945, il s’enfuit en Suisse pour éviter les représailles. C’est de là qu’il use de sa plume pour gagner sa croûte…

Pourtant, les aventures de Théodore Rouma, bien que publiées après la guerre, pourraient bien avoir été écrites juste avant celle-ci comme le laissent penser certains les évènements datés ou datables de certains épisodes.

L’ÉNIGMATIQUE INSPECTEUR DU YARD

L’avion R.A.-124 transportant une cargaison d’or de Croydon au Bourget a mystérieusement disparu !

Scotland Yard aurait pu croire à l’accident si un précédent chargement ne s’était pas récemment évaporé dans la nature.

Aussi, Harry Barker est-il envoyé à Paris pour résoudre cette affaire.

À peine installé dans sa chambre d’hôtel, le policier britannique reçoit la visite de la sœur du pilote du R.A.-124 désireuse de connaître la mission de cet énigmatique inspecteur du Yard qui, de plus, ressemble étrangement à Théodore ROUMA

Le vol R.A.-124 est détourné. Il transporte une cargaison de lingots d’or pour le compte de la Banque d’Angleterre. C’est le troisième vol de ce genre.

Scotland Yard envoie un inspecteur à Paris pour enquêter. Mais ce dernier ressemble étrangement à Théodore Rouma…

Jean d’Auffargis reprend donc tous les éléments usuels de sa série dans ce nouvel épisode.

Effectivement, l’intrigue mêlant vol, action et espionnage, entre dans la droite lignée de beaucoup de ceux de la série.

Une nouvelle fois, Théodore Rouma va tomber amoureux de la première belle jeune femme de 15 ans de moins que lui qu’il va croiser.

Une fois encore, ladite jeune femme va également tomber immédiatement amoureuse de Théodore Rouma.

Le commissaire Larbart va encore être ridiculisé.

Théodore Rouma ne va pas hésiter à se remplir les poches tout en rendant un grand service à la Nation.

Et pour gagner de la place, les gros traits de l’intrigue ignorés par le lecteur vont être déflorés à la fin via une courte lettre signée Théodore Rouma…

Pas grand-chose d’original, donc, dans cet épisode, mais est-ce vraiment le but de ces petits fascicules de faire dans l’original ? Je ne le crois pas. La concision inhérente au genre, d’ailleurs, empêche presque à coup sûr la possibilité d’innover.

Peu importe, car les lecteurs de l’époque (et ceux d’aujourd’hui) cherchaient, à travers ces courts récits, juste à remplir agréablement un petit moment (bien souvent dans les transports) à travers une lecture rythmée, divertissante et pas prise de tête.

Et il faut bien avouer que l’auteur remplit sa mission à travers cet épisode (et les précédents) malgré les quelques travers un peu agaçants et notamment le cœur d’artichaut de Théodore Rouma qui tombe amoureux de toutes les belles femmes blondes de moins de 25 ans qu’il croise. Un grand amour qui, bien sûr, sera sans lendemain puisque chez le héros, une femme en remplace très rapidement une autre (à chaque aventure, en fait).

On regrettera pour autant un petit manque d’humour qui perce dans quelques épisodes.

Au final, un épisode qui, tout comme Théodore Rouma, remplit sa mission : divertir le lecteur, mais sans faire trop de zèle.