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« Les aventures extraordinaires de Théodore Rouma » est une série d’un peu plus d’une vingtaine de fascicules de 24 pages, double colonne, contenant des récits indépendants d’environ 13 000 mots, parue à partir de 1946 aux éditions S.E.B.F.

Elle fut signée Jean d’Auffargis, un pseudonyme de Maurice Laporte, principalement connu pour avoir créé les Jeunesses Communistes Françaises en 1920.

L’homme quitta rapidement le parti, devint un farouche anticommuniste et collabora avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. En 1945, il s’exila en Suisse d’où il chercha à vivre de sa plume.

Bien que publiés après guerre, les épisodes semblent, d’après les évènements datés ou datables des récits, avoir été écrits dans les années 1936 à 1938…

Théodore Rouma est un gentleman cambrioleur justicier et patriote…

LES TROIS PENDUS DE LA TOUR EIFFEL

Au petit matin, deux promeneurs découvrent trois hommes pendus aux branches d’un marronnier du Champ-de-Mars, en face de la Tour Eiffel…

Les journaux se font des gorges chaudes de cette affaire, d’autant qu’une lettre de Théodore ROUMA, le célèbre cambrioleur, revendique le triple assassinat allant jusqu’à fournir l’identité et l’adresse des trois victimes.

Pourtant, le commissaire Larbart, connaissant bien son ennemi de toujours, sait que celui-ci n’est pas du genre à commettre des crimes. Mais, pour une fois, Larbart est déchargé de l’enquête…

Trois corps sont découverts pendus aux branches d’un arbre sur le Champ-de-Mars au petit matin. Il s’agit de trois hommes ayant monté une association pour servir de banque au baccara dans les grands casinos de France.

La police et la presse ont reçu une lettre tapée à la machine signée Théodore Rouma. Celui-ci revendique les crimes et assure avoir prélevé l’argent des comptes de ses trois victimes…

Le commissaire Larbart a été mis au vert à la suite de ses nombreux échecs dans la capture de Théodore Rouma, aussi est-ce un autre policier qui est chargé de l’affaire. Lui ne doute pas de la culpabilité de Rouma, pourtant, Larbart le sait, Rouma n’est pas un assassin…

Dans ce petit récit de presque 14 000 mots, l’auteur use une nouvelle fois (au moins la troisième) d’une ficelle qui consiste à ce qu’un criminel revendique son crime au nom de Théodore Rouma. Certes, l’astuce est par trop usitée par de nombreux auteurs (Henry Musnik, par exemple) et tient sur le fait que ledit criminel n’a pas conscience que Théodore Rouma, pour laver son nom, va se mêler à l’affaire et, surtout, la démêler, comme à chaque fois. C’est aussi stupide que les coupables qui font appel au meilleur détective (le héros d’une quelconque série) pour enquêter sur le crime qu’il a commis, pensant pouvoir déjouer l’intelligence du fameux détective, pourtant connu pour être infaillible…

Mettons à part cette petite astuce que l’on mettra, ici, sur le compte de la volonté de proposer un rebondissement à moindres frais de mots, concision du texte oblige.

Pour le reste l’intrigue est plutôt simple et pas très originale.

La chose à noter est que Théodore Rouma, pour une fois (la seconde), est encore amoureux de la femme rencontrée dans l’épisode précédent. Sablons le champagne, cette fidélité, même à court terme, est suffisamment rare chez le personnage pour la noter.

Jean d’Auffargis nous livre un récit qui, sans offrir de grandes qualité, ni de suspens ardent, se lit sans déplaisir, ce qui n’est déjà pas si mal.

On notera également que les évènements de cette histoire sont datables puisque les meurtres ont lieu le 5 octobre 1937, puisqu’ils font écho au 10e anniversaire d’un autre évènement s’étant déroulé le 5 octobre 1927.

On notera enfin que les quelques éléments datables de l’histoire entrent un peu en contradiction avec cette date puisqu’il est dit que, durant l’été, l’Angleterre a remporté la Coupe Davis (or, en octobre 1937, ce sont les Américains qui sont les vainqueurs en titre, l’Angleterre, c’était l’année précédente) et que des Belges sont sur le podium du Tour de France (or, pas de Belge en 1937, mais bien 2 sur le podium en 1936).

Au final, un épisode pas désagréable à lire, mais rien de plus.