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« L’homme sans livre » !!! C’est ainsi que fut surnommé José Moselli (1882 - 1941).

Pourtant la production de l’auteur fut immense, mais elle se destina quasi exclusivement pour les magazines des éditions Rouff (Cri-Cri, L’Intrépide, L’Épatant, Le Petit Illustré).

S’il demeure encore dans quelques esprits, c’est avant tout pour sa production d’anticipation, « La Fin d’Illa » étant probablement un de ses récits les plus connus.

Pourtant, José Moselli se consacra énormément aux récits d’aventures et aux récits policiers d’aventures qu’il signa de plusieurs pseudonymes, dont Jacques Mahan.

Sa vie fut une aventure puisqu’il fugua à 13 ans pour s’engager comme mousse puis il devint officier de la Marine marchande, ce qui lui fit voir du pays, des souvenirs dont il se servit par la suite, faisant naviguer ses héros à travers le monde.

Dans le domaine policier, en plus de son voleur John Strobbins (son personnage récurrent le plus connu), José Moselli fit vivre plusieurs détectives, Iko Terouka, M. Dupont… et Tom Browning et Césaire Rabascasse de l’agence Browning et C°…

On notera également deux romans publiés en feuilleton dans des journaux : l’excellent « La momie rouge » et « Triplix l’insaisissable »…

Les aventures de Browning et Rabascasse furent publiées entre 1922 et 1935 dans le magazine Le Cri-Cri…

Si les textes, comme ceux des autres détectives, se présentent comme une histoire à suivre à raison d’une page ou deux par magazine, le jeudi, en les épluchant on constate qu’ils se décomposent, en fait, en plusieurs petites enquêtes (plus d’une 40aine pour Iko Terouka, probablement au moins autant pour Browning et C°).

« Le Club des Légataires » est la seconde enquête du duo.

LE CLUB DES LÉGATAIRES

Tom BROWNING et son associé Césaire RABASCASSE, détectives privés, ont été chargés par une dame brésilienne, Madame Adalgiza Garcia, de découvrir les empoisonneurs de son beau-frère. Son fils, en effet, a été condamné comme étant le coupable, et elle le croit innocent.

BROWNING et RABASCASSE se rendent à Pernambuco, pour procéder à une enquête qui va les confronter à une terrible organisation…

Après le succès de leur première enquête, Tom Browning et Césaire Rabascasse, grâce à la prime touchée, ont emménagé dans de nouveaux bureaux bien plus luxueux.

La publicité faite autour de cette affaire résolue ne tarde pas à leur amener une première cliente, Mme Adalgiza Garcia, une Brésilienne, qui vient leur demander d’innocenter son fils, condamné pour l’empoisonnement de son oncle (frère de son père), un riche banquier dont il était l’héritier.

Le duo s’embarque immédiatement pour Pernambuco et commence leur enquête chacun de son côté.

Rapidement, Browning est persuadé que le fils est réellement coupable alors que Rabascasse, lui, croit en son innocence…

On retrouve donc ce tout nouveau duo (nouveau qui date de presque un siècle) dans une nouvelle enquête qui va les mener au Brésil (les détectives Mosellien travaillent dans le monde entier).

On pouvait se demander, dans le premier épisode, qui de Césaire Rabascasse et Tom Browning portait la culotte, du fait que Rabascasse était bien plus en avant dans cette affaire que son confrère, alors qu’il s’évertuait à annoncer qu’il était le « C° » de « Browning et C° ».

Dans cette seconde affaire c’est une nouvelle fois Césaire Rabascasse qui tient la baraque, non seulement intellectuellement, puisque Browning se tromper à propos de la culpabilité du fils de la cliente, que physiquement, puisque c’est à nouveau lui qui tire son collègue du pétrin.

Pour le reste, cette seconde enquête est plus longue que la précédente (23 000 mots contre 16 000), mais s’inscrit parfaitement dans sa veine et dans celles des enquêtes des autres détectives mosellien : action, dépaysement, exotisme, dangers, déguisements, poursuites…

Certains diront que ce n’est pas de la grande littérature, je ne les contredirai pas, mais ce n’était sûrement pas la volonté de l’auteur dont le but était de divertir un lectorat plutôt jeune (les textes étaient publiés dans des magazines jeunesse et étaient accompagnés de dessins d’illustration), friand d’aventures, d’actions et de paysages lointains.

Et l’on peut dire que les héros en voient du pays, en vivent des aventures, et en courent des dangers.

La lecture est donc rythmée, sans temps mort et si, d’épisode en épisode, l’ensemble peut sembler redondant, étonnamment, l’auteur parvient à se renouveler tout en usant des mêmes recettes.

On appréciera que le personnage de Césaire Rabascasse prenne le dessus, pour l’instant, sur celui de Tom Browning, une possible revanche de John Watson sur Sherlock Holmes puisque les deux héros mosellien ressemblent étrangement à ceux de Conan Doyle…

Au final, le duo prend de l’épaisseur, Césaire Rabascasse prend les rênes des enquêtes, et les aventures s’enchaînent agréablement.