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Henry Musnik est un auteur de littérature populaire né au Chili à la fin du XIXe siècle.

Sa production fut immense et principalement destinée aux collections fasciculaires de l’époque.

S’il s’essaya à différents genres littéraires, c’est surtout dans le domaine du récit policier qu’il écrivit.

Difficile d’établir une liste exhaustive de ses textes tant l’homme écrivit et, surtout, tant il usa de pseudonymes (Claude Ascain, Pierre Olasso, Jean Daye, Gérard Dixe, Alain Martial…) et tous ne sont probablement pas encore identifiés.

Certes, sa production fut gonflée artificiellement grâce à quelques supercheries comme de reprendre un texte en changer les noms des personnages, le signer d’une autre pseudonyme, lui changer le titre et le proposer à un autre éditeur.

De plus, certains de ses titres furent réédités officiellement, comme certains de ses titres pour la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi dans la seconde partie des années 30 pour intégrer, dans les années 1950, la seconde série de la même collection.

Pour se faciliter la tâche et écrire plus rapidement, l’auteur utilisait souvent des personnages récurrents (Robert Lacelles, Jack Desly, Mandragore, l’inspecteur Gaspin, le commissaire Lenormand, le détective Yves Michelot…) qui étaient, pour la plupart, inspirés de héros de la littérature populaire comme Arsène Lupin, par exemple.

Daniel Marsant, agent du Deuxième Bureau, a, pour origines, probablement l’inspecteur Juve, le grand ennemi du Fantomas que l’on ne présente plus. Et d’ailleurs, son ennemi, le Grand-Maître, n’est pas sans rappeler le bandit au masque, loin de là.

« Alerte à la banque » est la seconde confrontation, sur 17, entre les deux hommes.

Ces aventures furent publiées au sein de la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, au début de l’année 1939, sous la forme de fascicule de 64 pages contenant des récits indépendants d’environ 18 000 mots.

ALERTE À LA BANQUE

Daniel MARSANT, membre du Deuxième Bureau, est toujours à la poursuite de l’insaisissable Grand Maître, le cruel chef d’une association occulte internationale.

Après avoir démantelé le réseau parisien de la bande, l’agent français est persuadé que son ennemi s’est réfugié en Angleterre.

Aussi, part-il à Londres pour réclamer l’aide de son ami John Armstrong, célèbre détective privé.

Alors que les deux hommes se rendent à l’hôtel dans lequel Daniel MARSANT est descendu, afin de récupérer les affaires de ce dernier, ils remarquent, dans le couloir, une flaque de sang s’écoulant de sous la porte d’une chambre.

À l’intérieur de la pièce, ils découvrent le corps d’un individu lardé de coups de couteau.

Daniel MARSANT identifie immédiatement le mort, il s’agit d’un ancien affilié du terrible Grand Maître…

Le Grand-Maître se cache en Angleterre, Daniel Marsant, l’agent du Deuxième Bureau en est persuadé. Aussi se rend-il à Londres pour demander l’aide de son ami le détective John Amstrong.

Mais ce dernier est déjà bien occupé dans une affaire d’une forte somme en billets de banque échangés contre des faux.

Aussi, accepte-t-il d’apporter son aide à Marsant si ce dernier file, pour lui, un de ses suspects.

En attendant, il s’offusque que son ami ait réservé une chambre d’hôtel alors qu’il a une chambre d’ami à lui offrir.

Alors qu’ils se rendent à la chambre de Marsant pour récupérer ses affaires, ils remarquent une flaque de sang sous une porte d’une chambre voisine. Après avoir fait ouvrir la porte, ils découvrent un cadavre poignardé : un ancien homme de main du Grand-Maître. Dans la pièce, Amstrong découvre un bout de fiche de douanes.

Tandis que Amstrong se rend aux douanes, Marsant va filer le suspect et les deux hommes vont suivre leur piste sans se douter qu’elles vont rapidement se rejoindre.

On sait que le format fasciculaire est relativement difficile à maîtriser. À la concision nécessaire au respect du format (ici, 18 000 mots) les auteurs doivent aussi faire face à l’obligation d’écrire vite et beaucoup.

Aussi, je les excuse souvent d’utiliser de petites facilités dont la plus usuelle est le « hasard » si cher aux enquêteurs littéraires. Certes, les hasards ou coïncidences, la chance, interviennent souvent dans ces courts récits. Il faut l’accepter, c’est le jeu.

Mais là, il faut bien avouer que Claude Ascain (pseudonyme utilisé pour la série) en use et, surtout, en abuse.

Effectivement, toute l’intrigue ne tient que sur le hasard… sur les hasards… car ils sont très nombreux.

Déjà, le fait que Daniel Marsant loue une chambre dans le même hôtel que son ennemi. Qu’il tombe sur la flaque de sang. Que le mort ait arraché un bout de fiche de douane permettant de suivre la piste. Qu’Amstrong et Marsant tombent sur le suspect de l’échange des billets à la sortie d’un hôtel en se rendant au restaurant. Qu’Amstrong se rendre au même endroit et au même moment que Marsant quand ce dernier tombe dans un piège mortel. Qu’Amstrong évite, à son tour, un piège grâce à des commérages…

Et c’est ainsi du début à la fin.

Dommage, car, sinon, le récit n’est pas désagréable, relativement mouvementé même s’il manque un peu de « Grand-Maître » et qu’il est encore difficile de savoir qui du gentil ou du vilain est le véritable héros de ces récits.

Cet épisode, le second, fait donc office un peu de temporisation, d’un épisode tampon, permettant à l’auteur de réfléchir à la suite à donner à ces aventures.

Au final, sans être désagréable ce récit pâtit d’une overdose de hasard permettant aux gentils de s’en sortir et de gagner la bataille.