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Henry Musnik, je ne cesse de le rabâcher, est un auteur majeur de la littérature populaire fasciculaire française, bien que né au Chili à la fin du XIXe siècle.

Sa production immense fut dispersée au gré des éditeurs et des collections et signée de nombreux pseudonymes (Pierre Olasso, Jean Daye, Pierre Dennys, Gérard Dixe, Alain Martial, Claude Ascain…)

Pour augmenter sa célérité, nourrir son inspiration, et respecter la concision des formats fasciculaires, il n’hésita jamais à calquer ses personnages sur des héros reconnus comme Arsène Lupin, les détectives de romans noirs à l’américaine, le commissaire Maigret ou… Fantômas.

C’est ce dernier qui sert de modèle à l’auteur pour développer le Grand Maître, un génie du crime surnommé aussi l’Homme aux cent masques, l’Homme aux mille noms. Pour remplacer l’inspecteur Juve, Henry Musnik crée Daniel Marsant, un agent du Deuxième Bureau.

La lutte entre les deux hommes durera 17 épisodes disséminée au sein de la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, en 1939, sous la forme de fascicules de 64 pages contenant des récits indépendants d’environ 18 000 mots.

« Toujours lui ! » est la 6e confrontation entre les deux antagonistes.

TOUJOURS LUI !

Pierre Verhulst, un ingénieur belge en vacances et M. Tallien, notaire à Versailles, se présentent au commissariat de Maisons-Laffitte pour déclarer avoir été témoins d’une étrange explosion dans la forêt de Saint-Germain.

L’événement n’aurait pas attiré l’attention de Daniel MARSANT, agent du Deuxième Bureau, s’il ne voyait pas derrière ce fait la main du Grand Maître, un génie du crime qu’il pourchasse depuis longtemps.

Quand Pierre Verhulst trouve la mort dans un tragique accident de voiture, pour Daniel MARSANT, le doute n’est plus permis, quelque chose de diabolique est en train de se tramer…

Une explosion dans la forêt de Saint-Germain, deux témoins auditifs, un ingénieur belge de passage, un notaire de Versailles…

La chose aurait pu passer inaperçue, ou presque, mais Daniel Marsant, agent du Deuxième Bureau, imagine que cela puisse être du fait de son ennemi, le génie du Crime, le Grand Maître. Il faut dire qu’il voit la patte de l’Homme aux cent masques derrière chaque méfait et il n’est pas loin d’avoir raison.

Aussi, Daniel Marsant décide-t-il de suivre la piste de l’ingénieur belge, mais il apprend, bientôt, que celui-ci vient de mourir dans un accident de voiture…

Toujours lui ? La question est bien posée. Car la réponse n’est pas sûre et l’auteur promène son personnage à travers la France et la Belgique pour l’obtenir.

Certes, le récit est mouvementé, bien qu’il s’appuie un petit peu trop sur le hasard (le Dieu des policiers, comme aiment à le rappeler les écrivains usant de ce dit hasard pour faire avancer leurs intrigues), mais l’histoire s’avère un peu moins intéressante que les précédentes et les enchaînements un peu moins crédibles, du fait de ce hasard incessant et du manque de jugeote de notre espion quand il s’agit de tomber dans un piège grossier. Là encore, le hasard ou la chance le servira pour se sortir des griffes du Grand Maître, mais d’une façon bien moins glorieuse que de coutume. D’autant qu’on se demandera ce qui empêchait le Grand Maître de terminer sa tâche avant de fuir…

Mais le récit respecte les codes du jeu du gendarme et du voleur cher à Pierre Souvestre et Marcel Allain pour leurs aventures de Fantômas ainsi que la multiplicité des fausses identités et des grimages.

Alors, on ne va pas bouder notre plaisir et se contenter de ce que nous propose Claude Ascain pour cet épisode, d’autant que, dans l’ensemble, pour de la littérature fasciculaire, ce n’est pas si mal, mais on ne pourra regretter quelque peu que cet épisode soit un peu en deçà des précédents. En espérant que le suivant relèvera la barre.

En attendant, on aura goûté à quelques expressions belges. Ce qui n’arrive pas tous les jours.

Au final, un épisode un petit peu décevant, mais qui demeure dans le haut du panier de la production d’Henry Musnik et qui remplit tout de même son office d’occuper agréablement un petit moment de lecture..