IP12

Marcel Priollet… auteur de littérature populaire fasciculaire… immense production… genres abordés : policier, drame et sentiment, aventures et anticipation… période d’activité 1909 - 1960… pseudonymes, entre autres, R. M. de Nizerolles, Henry de Trémières, René Valbreuse et Marcelle-Renée Noll…

Je fais court, car j’en ai déjà énormément parlé vu le nombre de titres de l’auteur que j’ai lus et chroniqués.

Il est à noter que Marcel Priollet, sous quelque pseudo que ce soit, dans le genre policier, a fait vivre peu de personnages à la récurrence avérée. Je compte uniquement deux séries : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs » toutes deux publiées aux éditions Tallandier au milieu des années 1940.

Mais si l’on se penche sur les textes publiés dans la collection « Les Grands Détectives » des éditions Moderne, pour laquelle, sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll, il a écrit la majeure partie des près de 100 titres qu’elle contient, l’on découvre alors des personnages revenant régulièrement au fil des récits.

On y trouve Claude Prince, le détective radiesthésiste ; le détective Sébastien Renard ; l’inspecteur de la Brigade Mondaine Bob Rex… et l’inspecteur principal François Pessart, héros du récit du jour, un fascicule de 32 pages contenant un récit indépendant de 8 300 mots publié à la fin des années 1930 (aucun titre n’est daté) et portant le n° 47 de la collection.

LE DIAMANTAIRE ANVERSOIS

Ovide Lechat, un écrivain que le succès a fui, rentre dans son appartement après avoir passé plusieurs jours à Londres pour négocier ses romans avec des éditeurs anglais.

Il découvre avec stupeur le corps d’un homme nu et sans vie dans sa baignoire !

Affolé, il descend en courant prévenir le concierge afin qu’il appelle la police.

Quand l’artiste remonte dans ses aîtres avec le commissaire de quartier, il constate, encore plus décontenancé, que le cadavre a disparu.

Pensant à une mauvaise blague d’un auteur à l’imagination fertile, le policer quitte le bâtiment rageant. Dans la cour, il croise l’inspecteur François PESSART et lui raconte la mésaventure qui vient de lui arriver.

Mais, au lieu de rire de la plaisanterie, François PESSART, porte son intérêt sur les agissements étranges d’un chien…

Un écrivain fauché, que la maîtresse, vénale, a fini par quitter, qui a dû se débarrasser de son majordome, vendre sa voiture et qui, dans un dernier espoir, est parti à Londres pour trouver un éditeur qui veuille de ses romans, revient chez lui et découvre un homme nu et mort dans sa baignoire… Pas de bol. Pourtant, quand il remonte dans son appartement avec le commissaire qu’il a appelé, le mort a disparu.

Le commissaire, persuadé que l’écrivain a été victime de son imagination sans va en grommelant et rencontre, dans la cour, l’inspecteur Pessart de ses amis. Il lui raconte la mauvaise blague, mais, pendant ce temps-là, Pessart suit les agissements du chien du concierge et décide de le suivre jusqu’au 4e étage, à la porte d’un appartement inhabité. Après avoir fait ouvrir la porte par le concierge, il retrouve le défunt dans la baignoire de l’appartement…

Voilà un petit récit policier qui débute bien, ce qui est loin d’être toujours le cas dans la collection « Les Grands Détectives » qui n’a souvent de « grand » que la désinvolture de l’éditeur dont le travail est au mieux mauvais, au pire, pitoyable voire insupportable (les lecteurs des récentes rééditions numériques ont la chance d’échapper au massacre éditorial de l’époque).

Un corps qui apparaît puis disparaît, voici un mystère sans la boule de gomme. Qui est-il ? D’où vient-il ? Formidable nabot des temps nouveaux (pour parodier la chanson « Goldorak » de Noam, que seuls les enfants nés au début des années 1970 doivent connaître).

C’est ce que va devoir découvrir l’inspecteur François Pessart…

L’ensemble tient à peu près la route (ce qui est déjà beaucoup, également, pour les titres de la collection d’origine) même si on peut reprocher quelques détails. On ne va pas faire la fine bouche.

Forcément, du fait de la concision du texte, l’auteur va user de son astuce favorite pour dévoiler le pot aux roses en quelques mots dans le dernier paragraphe du récit : l’aveu en direct ou de façon épistolaire, du coupable ou du témoin principal.

Cette façon de faire permettant de gagner de l’espace qu’il n’a pas, on ne la reprochera pas, non plus, à Marcel Priollet.

Bien sûr, pour les mêmes raisons, on passera sur l’énorme hasard qui permet de faire accuser un innocent, c’est, là aussi, un procédé usuel des intrigues de cette littérature populaire fasciculaire.

Une fois ces faiblesses acceptées ainsi que la simplicité de l’intrigue (qui, pourtant, avait matière, sur une plus grande distance, d’offrir du réel suspens) on ne peut qu’apprécier le texte si tant est que l’on ne soit pas rebuté par les récits courts.

Au final, plutôt un bon récit, dans le genre et, surtout, dans le format qui n’a pour défauts, que ceux inhérents à la concision imposée par les fascicules…