MJ27

Comment évoquer Marc Jordan sans me répéter ? Difficile me direz-vous (surtout si vous avez lu mes 26 précédentes chroniques sur les 26 précédents titres de la série)…

Marc Jordan est détective de la littérature populaire fasciculaire né en 1907 pour faire concurrence à son homologue américain, Nick Carter, dont les aventures traduites déferlaient sur toute l’Europe depuis mois.

Nick Carter enquêtait depuis une vingtaine d’années outre-Atlantique et son succès ne se démentait pas (il vécut en tout plus de 1000 aventures jusque dans les années 1950-1960).

Marc Jordan, bien que très proche de son confrère, autant dans les traits du héros, que dans les personnages secondaires, le style et le genre littéraire, mais aussi dans le format (fascicule de 32 pages, double colonne avec illustration couleur en couverture) ne fut pas aussi résistant, 62 enquêtes suffirent à l’émousser.

Mais la série fut l’occasion pour les éditions Ferenczi de s’essayer au format fasciculaire et au genre policier, deux éléments qui firent leur succès par la suite jusqu’à la fin des années 1960 et dans lesquelles elles furent très prolifiques.

« L’homme aux moustaches cirées » est donc le 27e épisode de la série dont l’auteur est inconnu puisque les épisodes n’étaient pas signés.

L’HOMME AUX MOUSTACHES CIRÉES

Le célèbre détective Marc JORDAN accepte de rencontrer, dans sa cellule, Édouard Joliquet, incarcéré pour le meurtre de sa tante.

Persuadé de l’innocence du jeune homme, Marc JORDAN décide de mener son enquête afin de trouver le véritable assassin.

Il ne tarde pas à suspecter le cousin de l’accusé et héritier de la défunte. Mais encore faut-il prouver sa culpabilité.

Pour cela, il doit déjà démontrer que le testament dans lequel la victime incrimine Édouard Joliquet est un faux.

C’est ce que Marc JORDAN s’apprête à faire quand l’Assommeur, un de ses affidés, débarque pour lui annoncer que Fil-en-Quatre, son plus fidèle lieutenant, est tombé dans un dangereux piège…

Fil-en-Quatre, le lieutenant préféré du détective Marc Jordan est tombé dans un piège, c’est du moins ce que vient lui annoncer l’Assommeur pendant que Lagingeole (deux autres affidés de Marc Jordan) suit la piste de son malheureux coéquipier.

Même si Marc Jordan avait autre chose à faire que de sauver le minot, puisqu’il était chargé d’innocenter un jeune homme incarcéré pour le meurtre de sa tante, il n’a d’autre choix que de se lancer à l’aventure (il faut dire que Fil-en-Quatre vient de lui sauver la peau alors qu’il avait été enfermé dans une maison incendiée par Pépita la Rouge et le comte de Cazalès).

Et, il n’y a pas de doute, le rapt de Fil-en-Quatre est encore à mettre sur le compte des deux ignobles individus qui cherchent par tous les moyens à le détruire.

On retrouve donc nos personnages là où le précédent épisode les avait laissés, c’est-à-dire quand l’Assommeur vient prévenir Marc Jordan de la disparition de Fil-en-quatre.

Voilà déjà plusieurs épisodes qui s’enchaînent, chacun terminant sur un rebondissement à suivre et il semble que cela devienne la nouvelle ligne éditoriale de la série, car le phénomène sera encore reprit dans les prochains épisodes.

Le procédé est un peu gênant pour qui ne possède pas tous les épisodes, ce qui ne devait pas être un souci à l’époque, mais qui le devient aujourd’hui tant sont difficiles à trouver ces fascicules qui, en plus de 100 ans, ont presque tous disparu.

Mais revenons à l’épisode.

Si Pépita la Rouge et le comte de Cazalès refont surface, c’est de façon très épisodique, juste pour mettre en place le rebondissement, puisque Marc Jordan ne tarde pas, après avoir sauvé (ou non, je vous laisse le suspens) Fil-en-Quatre, à reprendre le cours de son investigation pour sauver le jeune homme injustement incarcéré pour le meurtre de sa tante.

Malheureusement, du coup, on retrouve Marc Jordan aux prises avec des criminels communs et donc dans une enquête commune qui, par conséquent, et comme à chaque fois qu’il se retrouve dans cette situation, donne un récit pas désagréable à lire, mais qui manque un peu de rythme et d’action (le suspens ne faisant jamais partie de la série).

On peut donc accorder à cet épisode les mêmes qualités et les mêmes défauts qu’à tous ceux dans lesquels le comte de Cazalès et Pépita la Rouge ne sont pas présents, ou peu.

Par contre, je dois avouer que le procédé du rebondissement final pour engager le lecteur à lire l’épisode suivant me dérange un peu (beaucoup, même, car je ne possède pas tous les épisodes).

Au final, un épisode agréable, mais qui manque un peu de punch, de rythme, d’action, pour la série.