Cadavres_en_vacances

Avez-vous remarqué comme, en vacances, il y a toujours des empêcheurs de tourner en rond ? Pas toujours facile de les admonester ni même de leur en vouloir, surtout quand ceux-ci sont morts…

« Cadavres en vacances » est le second opus de la série « Blanche et Berthe Bodin » du romancier Jean-Pierre Ferrière, une série qui met en scène deux vieilles sœurs, Blanche et Berthe Bodin, des septuagénaires qui ont une fâcheuse tendance à toujours se trouver en présence de cadavres.

La série compte 7 épisodes, publiés entre 1957 et 1961 dans la collection « La Chouette » des éditions Ditis.

Jean-Pierre Ferrière, né en 1933, outre cette série, est également l’auteur de la série « Évangeline » (4 titres) et de très nombreux romans policiers publiés dans la collection « La Chouette », également, ou « Spécial Police » des éditions Fleuve Noir ;  chez « J’ai Lu » et d’autres encore.

Cadavres en vacances :

Ce n’est pas sans rechigner que les sœurs Bodin – Blanche et Berthe, chacune largement septuagénaire, ont accepté de quitter Orléans pour répondre à l’invitation de leur cousine Malichoux qui tient une pension de famille sur la Côte.

Mais le nombre des clients de la pension Malichoux fond comme neige sous le soleil méditerranéen. On meurt comme rien à Beauséjour, on y tombe comme des mouches.

Au lieu de s’adonner au délicieux farniente qu’elles escomptaient, les deux vieilles demoiselles devront s’attacher à percer le terrible secret qui pèse sur la pension, cependant qu’alentour l’incendie ravage les pinèdes et menace la ville.

Raaa, les sœurs Bodin n’ont pas de chance, ou bien si elles en ont (car la chose les occupe et les amuse) ceux qui les entourent n’en ont pas, car ils ont tendance à mourir violemment.

À Orléans, dans le grand Bazar près de chez elles, dans lequel elles commettaient de petites incivilités, par vengeance, une série de morts avait eu lieu. Elles en avaient profité pour s’exercer à la passion de détective en tentant de trouver le meurtrier. Cela les avait amusées, mais, comme il faut bien se reposer un peu, elles décident d’accepter l’invitation de leur cousine qui tient une pension de famille sur la côte.

Quand elles arrivent, l’un des pensionnaires a disparu. Peu de temps après, c’est son oncle, en fauteuil roulant, qui passe sous un camion. Pas de bol, pour eux, mais rien de criminel en apparence là-dessous et donc aucune raison pour les sœurs d’exercer leur nouveau talent.

Cependant, il s’en passe de drôle dans cette pension. Des clients qui, dans la journée, font mine de ne pas se connaître la nuit tiennent des colloques animés à l’écart des regards.

Et bientôt, une jeune femme du groupe est étranglée dans la demeure. Là, c’est certain, les sœurs Bodin vont pouvoir entrer en jeu…

On retrouve donc les deux, Blanche et Berthe, dans une nouvelle enquête à propos d’énigmatiques meurtres dans une pension de famille.

Si, dans le premier opus, les frangines n’étaient pas réellement les héroïnes ni les véritables enquêtrices de l’histoire, du moins, pas celles qui découvraient l’identité du meurtrier, c’est une nouvelle fois le cas dans ce second épisode.

Effectivement, les sœurs Bodin ne vont pas tarder, comme dans l’épisode précédent, à s’associer avec un jeune couple. Hier, c’était avec leur jeune locataire et sa fiancée, travaillant tous deux au Bazar. Aujourd’hui, c’est à Marc et Brigitte Renaud, un couple venu en pension au bord de la mer pour se rabibocher bien qu’ils ne cessent de se chicaner.

C’est donc sur un schéma assez similaire : les deux sœurs et un couple qui enquêtent sur des meurtres en un lieu clos, que l’auteur construit son récit.

Le lecteur n’est donc pas dépaysé malgré le changement de lieu et retrouve les ingrédients du premier épisode. Un peu d’humour, un peu d’enquêtes, quelques morts, les deux sœurs à la fois touchantes et agaçantes, tendres et grinçantes… et une galerie de personnages hétéroclites qui se démène dans une intrigue relativement simple même si, à chaque fois, l’auteur tente de fournir un rebondissement final inattendu.

Certes les aficionados du Thriller contemporain gorgé de sang, de violence, de vulgarité devront passer leur chemin (bien qu’il est bon, parfois, de changer de style), mais les lecteurs qui apprécient une littérature plus légère, un style moins « choc », des personnages moins manichéens et une narration plus classique y trouveront leur compte. Du moins, moi, l’ai-je trouvé.

Au final, un second épisode un peu plus prenant, car plus fluide que le premier, malgré une construction similaire, dans lequel on s’attache encore plus aux deux sœurs Bodin même si on aimerait les voir un petit peu plus chipies et perspicaces.