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Revenons sur la genèse des aventures des sœurs Blanche et Berthe Bodin.

L’auteur en est Jean-Pierre Ferrière, auteur, scénariste et dialoguiste, né 1933.

Au milieu des années 1950, il est contacté par l’éditeur Frédéric Ditis, qui apprécie une de ses pièces de théâtre, et qui lui demande d’écrire un roman policier pour sa collection « La Chouette ».

J.P. Ferrière écrira alors le roman « Cadavres en solde » mettant en scène une série de crimes dans un grand bazar qui seront en partie résolus par deux vieilles sœurs de plus de 70 ans.

L’éditeur n’est pas convaincu, mais l’auteur ne veut rien changer. OK, allons-y ! et c’est un succès avec plus de 50 000 exemplaires vendus et des lecteurs qui demandent la suite des aventures des sœurs Bodin.

S’en suivront 7 épisodes.

« Cadavres en goguette » est le 3e de la série.

Cadavres en goguette :

Les sœurs Bodin sont dans tous leurs états. Paris ! Enfin ! Et pour la première fois de leur vie… Quelle aventure ! À la fois émerveillées et paniquées par la capitale, les deux vieilles filles posent le pied sur le pavé de Montparnasse. Que c’est beau ! Que c’est grand !... Mais surtout, ne pas se laisser impressionner par les Parisiens : ils cherchent toujours à épater les provinciaux. Alors, ne s’étonner de rien… Même si le neveu de Juliette Legourd, venu les accueillir, n’a pas vraiment l’air d’un étudiant en médecine… Même si leurs chambres ont été retenues dans un hôtel de Pigalle… Même si… Tout de même, ils y vont un peu fort, ces Parisiens…

Les sœurs Bodin ont décidé de visiter Paris et, surtout, d’assister au spectacle du Vrai Mystère de la Passion.

Pour ce faire, elles ont réservé leurs places ainsi que leur ticket d’autocar pour Paris.

Mais que faire de leur petite chatte (l’animal, n’ayez pas l’esprit mal placé) ? La confier à leur pire ennemie, la Colonelle, qui ne pourra leur refuser ce service quand elles lui feront comprendre qu’elles savent que c’est elle qui leur envoie des lettres anonymes de menaces.

Mais Juliette Legourd, la femme de charge de la Colonelle, leur demande de ramener à Paris les cours de médecine de son neveu Roger qu'il a oubliés quand il est venu la voir et dont il va avoir besoin. En échange, Roger leur servira de guide et les conduira dans l’hôtel tenu par sa mère.

À l’arrivée à Paris, une série d’évènements va faire que les deux sœurs vont être accueillies par des membres d’une organisation criminelle et conduites chez Mama-Jo qui tient un lupanar, car elles seront prises par les envoyées du chef du réseau…

Le roman tient donc sur un énorme quiproquo, procédé classique pour engendrer une suite de situation rocambolesque dont le but est de faire rire ou sourire.

Ici, les deux sœurs vont être confondues avec l’envoyée d’un chef de gang qui est chargé d’apporter les nouvelles mesures pour améliorer le trafic de drogue et la prostitution.

Les sœurs, elles, vont prendre les gens qui les reçoivent à l’arrêt d’autobus pour le neveu de Juliette Legourd et la mère maquerelle pour la maman de Roger.

Berthe et Blanche, deux vieilles filles pieuses et chastes, au milieu d’un boxon, la chose à de quoi prêter à sourire.

Et, effectivement, le roman est plutôt plaisant à lire. Pas de franches rigolades, non plus, n’exagérons rien, mais de quoi ne pas se prendre la tête.

D’autant plus que pour la première fois, les deux sœurs vont devoir enquêter seules sur une série de meurtres et vont même risquer leurs vies (dans les épisodes précédents, elles étaient toujours un peu en retrait d’un autre couple d’enquêteurs) en cherchant l’identité de l’assassin.

Rien de transcendant, ni dans l’histoire ni dans le style ni dans le genre, mais l’auteur s’amuse et amuse le lecteur, ce qui est déjà pas mal. 

Au final, un épisode dans la lignée des précédents, mais dans lequel les deux sœurs prennent un peu plus de place et d’assurance et, surtout, sont les vraies vedettes de l’histoire.