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« L’énigme de la rame 204 » est un récit publié initialement en 1938 sous la forme d’un fascicule de 32 pages dans la collection « Le petit roman policier complet » des éditions Ferenczi et réédité chez le même éditeur en 1952 dans la collection « Mon roman policier ». Il est signé Marcellus.

Marcellus, aussi nommé Charles Marcellus, est un auteur de littérature populaire derrière lequel certains voient Marcel Deville, un auteur-compositeur.

Ce pseudonyme est rapproché par d’autres passionnés à celui de Désiré Charlus, qui semble être un autre pseudonyme de l’écrivain se cachant derrière celui de Charles Richebourg.

D’après mes lectures, le style et la maîtrise du format court de Marcellus et celui de Charles Richebourg sont trop différents pour que les deux personnes n’en soient qu’une seule.

« L’énigme de la rame 204 » met en scène le personnage de l’inspecteur Méral, un héros récurrent de Marcellus qui apparaît dans au moins 8 enquêtes dont certaines ont été éditées dans les deux collections suscitées et d’autres uniquement dans la seconde.

L’ÉNIGME DE LA RAME 204

Un soir d’hiver, l’inspecteur MÉRAL est prévenu chez lui, par un collègue, que son neveu vient d’être retrouvé dans le compartiment d’un train avec deux balles dans le corps.

Dans le coma, celui-ci a été transporté à l’hôpital.

MÉRAL, s’il avait pris le temps de se renseigner avant de sauter dans un taxi, aurait appris que le fameux « collègue » ne l’avait pas appelé. Et il n’aurait pas mystérieusement disparu…

L’inspecteur Méral vient d’être prévenu par un collègue du service des garnis que son neveu a été retrouvé dans la rame 204 avec deux balles dans la tête. Il se précipite dehors, saute dans le premier taxi qui passe, pour se rendre à l’hôpital afin de voir la victime. Mais il va disparaître, tombant dans un piège machiavélique…

Je ne sais si « L’énigme de la rame 204 » est la première enquête de l’inspecteur Méral, c’est en tout cas la première parue dans la collection « Le roman policier complet ».

Cependant, Méral est déjà un quadragénaire ayant eu affaire à des trafiquants de drogue assez récemment.

Marcellus nous propose ici un petit récit policier de 9 000 mots de facture classique (dans le monde du fascicule policier de l’époque) qui, s’il se lit agréablement, manque d’une plus-value évidente pour le mener au sommet de cette littérature contraignante.

Certes, on doit admettre en lisant un fascicule que les personnages ne seront qu’esquissés et que l’intrigue sera forcément simple. Pourtant, certains auteurs sont parvenus à proposer, malgré ces restrictions, des récits ayant l’air de romans policiers condensés, contenant tous les passages obligés du genre, tout en ne donnant jamais l’impression que l’auteur a fait des coupes drastiques pour respecter le format.

Ce n’est pas le cas ici et pas le cas, généralement, avec Marcellus.

Si l’intrigue est simple, elle demeure un peu trop linéaire pour pleinement satisfaire le lecteur. D’autant qu’il y a une disproportion entre le but à atteindre et les moyens employés de la part du coupable.

De même, si les personnages sont rarement fouillés, il suffit souvent d’un petit plus (une gouaille, un humour, une particularité) pour rendre ceux-ci un minimum attachant.

Il n’en est rien, ou presque, avec l’inspecteur Paul Méral. À part de savoir qu’il est quadragénaire et de forte constitution, son seul comportement particulier est de se gratter la tête quand il réfléchit... pas suffisant pour le rendre sympathique ou identifiable.

Et le texte se met au diapason du personnage, ne proposant pas de « petit plus » qui le différenciera de l’immense production de l’époque.

Effectivement, Marcellus semble se contenter du minimum syndical, c’est-à-dire produire un texte qui se lit plutôt agréablement quitte à ce qu’on l’oublie dans la foulée.

Dommage ! Certains auteurs ont démontré qu’il était possible, malgré les contraintes du format, de proposer plus, mieux.

Au final, une enquête simple, manquant un peu de sel, mais qui se lit tout de même agréablement.