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Ces derniers jours, je m’intéresse à un auteur totalement inconnu de la littérature populaire policière fasciculaire : Charles Marcellus.

Inconnu, car ses récits n’ont pas traversé le temps. Mais inconnu aussi, car l’on ne sait qui se cache derrière le pseudonyme de Marcellus.

Certains augurent qu’il s’agirait d’un Marcel Deville, inscrit à l’Annuaire de la Société des Auteurs et Compositeurs à la fin des années 1920, celui-ci ayant pour pseudonyme Marcellus.

D’autres le rapprochent d’un dénommé Désiré Charlus, qui pourrait bien être un pseudonyme de Charles Richebourg, auteur tout aussi énigmatique à qui l’on doit les excellentes enquêtes du commissaire Odilon Quentin au milieu des années 1950.

Toujours est-il que Charles Marcellus est l’auteur de quelques fascicules policiers (et au moins deux récits policiers pour un magazine) entre 1936 et 1954, la date butoir pouvant être faussée par des rééditions non identifiées.

L’un de ses personnages récurrents, le principal, est l’inspecteur Méral.

« L’« X » du Ravin de l’Enfer » est une enquête de l’inspecteur Méral, publiée en 1941 dans la collection « Le petit roman policier complet » des éditions Ferenczi sous la forme d’un fascicule de 32 pages contenant un récit indépendant de pas tout à fait 7 800 mots.

L’« X » DU RAVIN DE L’ENFER

L’inspecteur Paul MÉRAL, en congé près de Nantua, avec son collègue Rivet, en profite pour s’intéresser à la découverte du corps d’une jeune femme, jeté du haut du Ravin de l’Enfer, après avoir reçu deux balles dans la tête.

Il décide d’offrir son aide au juge d’instruction chargé de l’affaire, mais ce dernier voit d’un mauvais œil l’intervention de la police parisienne.

Cependant l’indice que MÉRAL a trouvé sur les lieux du drame va convaincre le magistrat d’accepter sa proposition…

L’inspecteur Méral n’a pas pu s’en empêcher. Il a fallu, bien qu’il soit en congé, s’intéresser à un crime s’étant déroulé près de son lieu de villégiature, dans le lieu-dit du Ravin de l’Enfer. Un corps de femme y a été découvert, tué de deux balles dans la tête, et il s’est rendu sur place, avec son collègue l’inspecteur Rivet, pour y mener son enquête.

Fort de ses découvertes, il se rend chez le juge d’instruction pour lui proposer son aide, mais ce dernier refuse, pensant qu’il n’a pas besoin de l’aide de policiers parisiens.

Mais il va changer d’avis devant l’indice que Méral a découvert sur le lieu du drame.

On retrouve donc l’inspecteur Méral et l’inspecteur Rivet dans la dernière enquête publiée au sein de la collection « Le petit roman policier complet », les autres se mêlant aux rééditions des autres titres de cette collection dans celle « Mon roman policier » des mêmes éditions Ferenczi, à la fin des années 1940.

Que dire de cet épisode si ce n’est qu’il ne se démarque pas beaucoup des autres et, surtout, qu’il possède, en plus des défauts inhérents au format (intrigue simple, narration linéaire, personnages à peine esquissés, voire inconsistants…) ceux des récits de la plupart des auteurs de fascicules policiers de 32 pages qui maîtrisaient difficilement le format, tant dans sa narration que dans la construction de leurs histoires.

Effectivement, après lecture de récits nés de la plume des rares auteurs excellant dans le format, on constate plus facilement les manques dans les histoires des autres.

Ici, le grand problème est que le lecteur a toujours l’impression que l’auteur lui a caché des choses, a occulté des passages de son histoire pour rentrer dans les clous ou apporter de faux rebondissements.

Déjà, le fait que l’inspecteur Méral parte en congé avec son collègue de travail peut laisser dubitatif… mais c’est surtout le préambule qui se veut intriguant et qui ne l’est qu’à travers le fait de cacher l’identité des protagonistes de cette scène.

Suivront alors d’autres ellipses qui, si elles permettent de rentrer largement dans les clous du fascicule (l’auteur avait de la marge, il pouvait faire plus long, un fascicule du genre pouvant contenir allègrement 10 000 à 12 000 mots), ne permettent pas au lecteur d’avoir l’impression de lire un véritable roman policier, même en concentré, ce que parvenaient à faire des auteurs comme Charles Richebourg, Maurice Lambert, Louis C. Thomas…

Pour le reste, si l’intrigue est effectivement simpliste et n’offre pas de grand intérêt, la lecture de ce fascicule n’est pour autant pas désagréable pour qui apprécie ce format très court.

Au final, rien de transcendant, juste de quoi remplir un petit moment de lecture.