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Je poursuis ma découverte des enquêtes de l’inspecteur principal Paul Méral, avec « Information sensationnelle », un fascicule de 32 pages, contenant un récit de 8 400 mots, paru en 1954 dans la collection « Mon roman policier » des éditions Ferenczi.

Le récit est signé Marcellus alias Charles Marcellus, un auteur énigmatique qui a principalement écrit des fascicules policiers pour le compte des éditions Ferenczi.

On retrouve ces textes, pour la plupart des enquêtes de l’inspecteur Méral (et des rééditions), dans les collections « Le petit roman policier complet » à la fin des années 1930 et dans « Mon roman policier » à partir de la fin des années 1940.

Quelques récits indépendants dans les collections « Policier et Mystère » et « Crime et Police » du même éditeur, à la fin des années 1930.

Que sait-on, à part cela, de Charles Marcellus ? Rien, si ce n’est qu’un dénommé Marcel Deville avait pour surnom Marcellus, et que certains ont rapproché l’auteur du pseudonyme de Désiré Charlus, qui pourrait être un pseudonyme de Charles Richebourg… mais difficile de croire que Marcellus et Charles Richebourg soient un même auteur au vu des différences de qualités littéraires de leurs textes.

INFORMATION SENSATIONNELLE

La célèbre danseuse Betty Melville est retrouvée morte, au matin, deux balles de revolver dans le cœur.

L’enquête de l’inspecteur Paul MÉRAL met en lumière un coupable idéal, le jeune et fortuné Herbert Richards, petit ami de la victime, qui a quitté celle-ci aux environs de l’heure du drame…

Quand l’arme du crime est découverte chez le suspect, le doute n’est plus permis… sauf pour MÉRAL qui décide de relâcher Herbert Richards…

Une célèbre danseuse a été tuée, chez elle, dans la nuit, par deux balles dans le cœur. Son petit ami, un jeune et riche anglais est soupçonné, dans un premier temps, par l’inspecteur Méral, chargé de l’enquête. Pourtant, plus les preuves s’accumulent contre le dandy et moins Méral le pense coupable. Il va alors le relâcher espérant que la volonté de l’anglais de venger la femme qu’il aimait le conduira sur la piste de l’assassin…

Probablement dernière enquête de l’inspecteur Méral, après, je n’en trouve plus la trace, du moins, pas dans des textes signés Marcellus.

D’ailleurs, il est fort possible que ce titre soit une réédition déguisée d’un autre titre, car, dans la collection « Mon roman policier », il est, avec les deux précédents de l’auteur, les seuls n’étant pas des rééditions éponymes de titres de la collection « Le petit roman policier complet ».

On y retrouve donc l’inspecteur Méral dans une intrigue qui ne soulèvera pas les foules.

Bien sûr, dans un fascicule de 32 pages, de toute façon, aucun auteur ne peut développer une intrigue digne de ce nom. Mais là, l’auteur est loin de remporter la palme du scénario fasciculaire.

Si, une nouvelle fois, Marcellus démontre qu’il n’a pas la maîtrise parfaite du format et du genre contrairement à des auteurs comme Charles Richebourg ou Maurice Lambert, par exemple, son récit pèche également par une succession de dialogues qui sonnent un peu creux, notamment entre Méral et son adjoint Rivet, dialogues qui se veulent pourtant drôles et percutants.

Mais ce qui gêne le plus pour profiter du récit, c’est ce manque de maîtrise que j’évoquais et qui empêche l’auteur de proposer un roman policier en condensé. Car, pour tenir le format, l’auteur choisit de taire des informations ou bien de rendre ses héros incompétents en ne les faisant pas faire des enquêtes pourtant élémentaires qui les auraient mises directement sur la piste de l’assassin.

Si on ajoute la stupidité du meurtrier qui se trahit d’une manière absurde…

Tous ces passages tus ou mis de côté font que le lecteur a toujours la sensation que l’auteur cherche à tout prix à rentrer quitte à effectuer des coupes qui ne passent pas inaperçues. C’est fréquent dans le format fasciculaire, mais des auteurs ont pourtant démontré qu’il était possible de proposer un récit fluide et intéressant même dans un texte de moins de 10 000 mots.

Difficile de jeter la pierre à l’auteur tant rares sont ceux qui ont performé dans le monde du fascicule de 32 pages, mais on pouvait tout de même en attendre un peu mieux.

Au final, une enquête un peu décevante, même de la part d’un auteur qui n’excellait pas dans le format fasciculaire.