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Je poursuis ma découverte des enquêtes de l’inspecteur Machard, de Maurice Lambert, avec « Le pendu du transbordeur » un fascicule de 18 pages, double colonne, publié en 1946, dans la collection « Allo Police ».

En ce qui concerne l’auteur, Maurice Lambert est un alias de Georges O. Duvic, alias Géo Duvic, un auteur de littérature populaire et chansonnier né en 1900 et mort en 1968.

Sa production fut principalement dirigée vers le genre policier et, pour ce faire, il développa plusieurs personnages récurrents dont les deux principaux sont le commissaire Mazère et l’inspecteur Machard.

Tous deux vécurent des enquêtes réparties au sein de diverses collections chez divers éditeurs (« Collection Rouge » chez Janicot ; « Énigma » chez Nicéa ; « Police Express » chez A.B.C. ; « Ici Police » et « Allo Police » chez S.E.G...) entre 1942 et 1946.

« Le pendu du transbordeur » est une enquête de 12 600 mots mettant donc en scène l’inspecteur Machard.

LE PENDU DU TRANSBORDEUR

L’inspecteur MACHARD est dépêché à Rouen pour enquêter sur la découverte, au petit matin, d’un corps pendu en haut d’un transbordeur du port.

Le suicide est à écarter, la victime a succombé d’une balle dans le cœur avant d’être balancée au bout d’une corde.

MACHARD pense immédiatement à un règlement de compte au sein du « milieu » et s’en va parcourir les ruelles malfamées à la recherche de renseignements.

Il ne se doute alors pas qu’il risquera sa vie pour une affaire qui demeurera, selon ses dires, la honte de sa carrière…

Sur le port de Rouen, un petit matin, on découvre un homme pendu au pont d’un transbordeur.

Le médecin légiste constate que l’homme est mort d’une balle dans le cœur avant d’être pendu.

Ses papiers et les étiquettes des vêtements ont été arrachées pour empêcher l’identification, mais l’homme avait sur lui vingt billets de mille francs.

Devant le manque de résultat de la police locale, l’inspecteur Machard est dépêché de Paris.

La vêture de la victime ainsi que l’argent font penser à Machard qu’il s’agit d’un règlement de compte du milieu marseillais. Il décide alors de visiter les mauvais quartiers de la ville à la rechercher d’informations…

Je ne cesse de le clamer dès le premier titre de l’auteur que j’ai lu, Maurice Lambert maîtrisait à la perfection le format fasciculaire et suffisamment le genre policier pour réussir à performer dans un format donc la concision constitue le principal écueil.

Effectivement, la plupart du temps, l’auteur parvenait, ce que réussissaient rarement ses confrères, à proposer aux lecteurs un roman policier en condensé malgré le peu de mots qu’il avait à sa disposition (environ 10 000 mots par fascicule).

Il intégrait à son récit tous les passages obligés du roman policier : les fausses pistes, les nombreux suspects, les rebondissements…

Cependant, avec « Le pendu du transbordeur », le lecteur ne se trouve pas face au meilleur récit de l’auteur, la faute à une intrigue menée principalement par le hasard.

Certes, Maurice Lambert se dédouane un peu en agitant le spectre du fameux hasard, dieu des policiers et en précisant également que l’inspecteur Machard mène là une enquête dont il pourra avoir honte.

Mais cela ne suffit pas à hisser le texte à la hauteur des meilleurs de Maurice Lambert.

Malgré tout, l’ensemble se lit agréablement et on regrettera également la fin un peu rapide, voire brutale, malgré un double rebondissement.

Au final, pas le meilleur texte de l’auteur, mais un bon récit tout de même.