IP15

Allez, encore un petit Marcel Priollet pour la route.

« Petit » est généralement un adjectif qui convient bien aux titres de la collection de fascicules « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes, vers la fin des années 1930.

Petit : car les récits font souvent à peine plus de 7 à 8 000 mots.

Petit : car l’éditeur a fait un petit travail sur ses textes, voire, un très mauvais travail, parfois… souvent. Fautes à gogo, coquilles à profusion, des morceaux de phrases qui sautent ou se déplacent ou sont imprimées à l’envers.

Petit : car même Marcel Priollet, un auteur majeur de la littérature populaire fasciculaire ayant, entre 1910 et la fin des années 1950 écrit un nombre incalculable de récits sous divers pseudonymes (Henry de Trémières, René Valbreuse, R.M. de Nizerolles, Marcelle-Renée Noll) a fait preuve d’une petite forme à travers la grande majorité des 95 titres de la collection qu’il signe sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll.

« Une main a tué dans l’ombre » porte le n° 91 dans la collection « Les Grands Détectives » publié probablement à la fin des années 1930 (les fascicules ne sont pas datés). C’est un fascicule de 24 pages contenant un récit indépendant de pas tout à fait 7 200 mots.

UNE MAIN A TUÉ DANS L’OMBRE

Le fils du banquier Crysal est retrouvé au petit matin, dans les Bois, au volant de sa voiture de sport, une balle dans la nuque.

Qui a bien pu tuer ce jeune homme ?

Un simple voleur ?

Un mari jaloux ?

Un obscur personnage sorti du passé de son père ?

Un maître chanteur ?

L’inspecteur François PESSART va devoir mettre toute sa sagacité au service de la justice pour identifier l’assassin !

Le fils d’un banquier est tué d’une balle dans la nuque, dans sa voiture, retrouvée dans les bois au matin. La veille au soir, il sortait pour encaisser un chèque en vue de financer son escapade avec la femme du caissier de son père. Il n’est jamais revenu.

L’inspecteur François Pessart est chargé de l’enquête. Il va alors devoir déterminer qui est le meurtrier.

Petite enquête, donc, du moins dans la taille. Dans son contenu, si celui-ci, jusqu’à la révélation finale, se révèle plutôt agréable à lire (du moins, plus agréable que la plupart des fascicules de la collection), il pèche notamment par cet ultime rebondissement.

Certes, on comprend que l’auteur ait voulu multiplier les fausses pistes quitte à, une nouvelle fois, jouer sur les coïncidences. Il est louable de sa part d’avoir voulu surprendre ses lecteurs alors qu’il n’avait pas vraiment le temps pour ça.

Mais, malheureusement, l’identité du coupable n’est guère crédible, du moins si on la rapproche avec le reste du texte. Ceci est une faiblesse de beaucoup de romans encore à l’heure actuelle, mais il est un peu plus pardonnable, pour un lecteur, quand il a passé 500 pages à se régaler avec une histoire exaltante.

Ici, elle intervient après même pas trois quarts d’heure de lecture, ce qui n’est pas la même chose.

Au final, un petit récit policier qui pêche principalement par son rebondissement final.