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Claude Ascain, de son vrai nom Henry Musnik, fut un pilier de par son immense production, de la littérature populaire fasciculaire.

L’auteur, sous de nombreux pseudonymes (Pierre Olasso, Florent Manuel, Pierre Dennys, Jean Daye, Gérard Dixe, Alain Martial…), abreuva de multiples collections chez différents éditeurs, au point qu’il est très difficile d’établir une liste exhaustive de ses récits.

Cependant, le nombre de ses textes serait à minorer du fait qu’il utilisa souvent une même histoire en changeant de pseudonyme et le nom des personnages afin de la proposer à un autre éditeur et ainsi multiplier les contrats ou de par les rééditions.

Malgré tout, entre 1930 et la fin des années 1950, Henry Musnik écrivit énormément, des fascicules, principalement, et surtout des récits policiers.

Pour ce faire, il créa de nombreux personnages récurrents (même si, du coup, certains ont plusieurs noms) souvent inspirés des héros de la littérature populaire, notamment d’Arsène Lupin, qui lui servi d’inspiration pour ses personnages de Robert Lacelles, Mandragore ou Jack Desly, tous trois des gentlemen cambrioleurs.

« L’homme traqué » est un fascicule de 64 pages paru en 1937 dans la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, n° 281 de la collection.

Il met en scène Jack Desly, dans un récit de 19 000 mots…

L’HOMME TRAQUÉ

Revenant en voiture, la nuit, d’une « mission », Jack DESLY, le gentleman cambrioleur, s’aperçoit que le radiateur de son véhicule chauffe dangereusement.

Il s’arrête non loin de l’Oise, prend un bidon, se laisse glisser le long de la berge en pente et s’accroupit afin de remplir son récipient. Au même moment, il s’immobilise. Juste au-dessus de lui, des bruits de voix étouffées, un « plouf ! » dans la rivière. Une masse encombrante vient de disparaître dans les eaux noires.

Nul doute dans l’esprit de Jack DESLY, on a jeté un homme à la flotte…

Jack Desly avait tout prévu pour se forger un alibi en béton pour le cambriolage qu’il vient de réaliser.

Il a loué un fauteuil d’orchestre pour une pièce qu’il connaît par cœur, il a tout juste le temps de rentrer à Paris, et de se rendre au théâtre, se faire remarquer et si Arthème Ladon reconnaît sa « patte » dans le travail qu’il vient d’effectuer, il pourra toujours l’interroger, il ne trouvera pas de failles.

Mais c’était sans compter sur la voiture qui se met à chauffer, vers Compiègne, sur une route qui longe l’Oise. Jack Desly se saisit d’un bidon, se rend près de l’eau et, alors qu’il s’apprête à remplir son jerrican, entend des voix au-dessus de lui, puis un grand plouf et voit un paquet disparaître dans l’eau, sans nul doute un corps dont on vient de se débarrasser. Jack n’écoute alors que son grand cœur et il plonge et remonte un homme encore en vie, mais dont un coup à la tête a fait perdre la raison. Pourquoi a-t-on voulu se débarrasser de ce pauvre bougre ? C’est ce que Jack Desly sera amené à découvrir…

Comme souvent, Jack Desly fait office de justicier au grand cœur. C’est une nouvelle fois le cas dans ce court récit de 19 000 mots, dans lequel il va affronte moult dangers pour découvrir la vérité, mais sans oublier, au passage, de remplir un peu ses poches.

Récit classique, donc, du moins dans la veine des autres épisodes de la série, avec un Jack Desly en guise de héros, Arthème Ladon, l’inspecteur, qui joue le dindon de la farce et Nan-Dhuoc, le serviteur annamite de Jack qui va jouer les sauveurs.

Aventures, mésaventures… le genre du récit n’est pas vraiment dirigé vers le policier bien que le but soit d’innocenter un être accusé de meurtre et de vol.

L’auteur saupoudre un peu d’humour, grâce au jeu du chat et de la souris auquel s’amuse Jack Desly envers Arthème Ladon (un peu moins inspiré que de coutumes).

L’ensemble, sans être exaltant est plutôt agréable à lire, notamment, grâce à la présence de Nan-Dhuoc qui, à l’instar de Bruce Lee dans la série « Le Frelon Vert » (toute proportion gardée) parvient à voler, parfois, la vedette à son maître.

Au final, un récit policier d’aventures qui s’appuie sur une intrigue simple et linéaire pour développer une histoire plaisante à lire.