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Franchement, si depuis le temps que je vous en parle, vous ne savez toujours pas qui est Claude Ascain, c’est que vous ne lisez pas mes chroniques et, donc, que vous ne lirez probablement pas celle-ci non plus.

Pour autant, je vais vous faire une petite présentation de l’auteur.

Claude Ascain, de son vrai nom Henry Musnik, né en 1895 au Chili, mort en 1957 en France, un des principaux pourvoyeurs de récits de la littérature populaire fasciculaire entre 1930 et la fin des années 1950.

Sous de nombreux pseudonymes (Pierre Olasso, Jean Daye, Gérard Dixe, Pierre Dennys, Alain Martial, Florent Manuel…) il écrivit un nombre incalculable de textes, principalement dirigés vers le genre policier et aventure, mais pas que, sans parler de ses contes et ses articles pour des journaux.

Si l’auteur a gonflé sa production en réutilisant certains de ses textes, en les signant d’un autre pseudonyme et en changeant les noms des personnages, il n’en demeure pas moins un des auteurs les plus prolifiques de sa génération.

Si les séries qu’il développa officiellement, dans des collections éponymes, sont assez rares (« Mandragore » est un des rares exemples où il fut le seul auteur à écrire les épisodes, contrairement à « Les enquêtes du commissaire Benoit », « Les enquêtes du commissaire Lenormand »… on retrouve pourtant des aventures de bon nombre de ses personnages récurrents disséminés dans des collections plus généralistes.

Ainsi, dans la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, à partir de la fin des années 1930, on retrouve plusieurs de ses personnages dont le cambrioleur Jack Desly et Daniel Marsant, agent du Deuxième Bureau, en lutte contre le génie du crime, le Grand Maître.

Cette lutte durera 17 épisodes, sous la forme de fascicules de 64 pages contenant des récits indépendants [mais avec un fil rouge tout du long] d’un peu moins de 20 000 mots.

« Le mystère du dépôt d’armes » est la 7e mission de Daniel Marsant, elle fut publiée en 1939 sous le n° 369.

LE MYSTÈRE DU DÉPÔT D’ARMES

Daniel MARSANT, l’agent du Deuxième Bureau, accueille le détective Lexing envoyé par son ami Dillwood, espion américain.

Cet émissaire lui apprend que le Grand Maître, son ennemi juré, chef d’une bande internationale de criminels, est présent sur le sol français pour mener à bien un quelconque trafic. Il en veut pour preuve qu’il a suivi jusqu’ici un de ses hommes de main.

Malheureusement, celui-ci a été retrouvé mort sur une plage du Croisic.

Mais Lexing propose de prendre la place du défunt en espérant que le Grand Maître finisse par le contacter.

Quelques jours plus tard, Daniel MARSANT reçoit un courrier signé du Grand Maître lui annonçant la capture de Lexing…

Le Grand Maître est de retour en France, Daniel Marsant en est persuadé, un détective américain envoyé par son ami, l’agent secret Dillwood, le lui affirme.

Mais ce dernier pense avoir une idée pour approcher le Grand Maître, prendre la place d’un des hommes de ce dernier, homme retrouvé mort sur une plage du Croisic. Quand le Grand Maître le contactera, alors, il préviendra Daniel Marsant.

Mais, bientôt, Daniel Marsant reçoit une lettre de son ennemi mortel lui annonçant la capture du fameux détective…

On poursuit donc la lutte entre le Grand Maître et Daniel Marsant avec une 7e confrontation qui est dans la droite lignée des précédentes.

Henry Musnik, en s’inspirant de Fantômas et de son ennemi l’inspecteur Juve, a créé deux personnages qui lui permettent de reposer un peu ses neurones en évitant d’avoir à chercher une réelle intrigue comme il aurait dû le faire dans un récit policier classique.

Effectivement, la lutte entre les deux antagonistes est plus propice à des moments de confrontations, d’actions, de poursuites et de combats sans avoir à se soucier de l’ancrer dans une véritable histoire. C’est plutôt malin, cela permet aussi toutes les excentricités [même si l’auteur ne plonge pas trop dans le fantasque et le rocambolesque] et donne aux lecteurs de l’époque tous les ingrédients qu’il apprécie : aventures, actions, poursuites, grimages, déguisements…

Bien évidemment, à terme, cela risque de devenir un peu redondant, surtout si on enchaîne les lectures, mais, tant que cela marche…

Personnellement, je préfère d’autres séries de l’auteur, notamment celle autour de Jack Desly ou, plus encore, de Mandragore, mais comme le genre même de la série n’est pas celui auquel je goûte le plus, je ne suis pas le mieux placé pour juger.

Cependant, il faut reconnaître que l’ensemble se lit sans déplaisir malgré un manichéisme évident et une redondance des situations où l’un pense tenir l’autre qui va s’échapper par miracle avant que l’autre pense s’être débarrasser de l’un alors que celui-ci, également chanceux, va s’en sortir.

Au final, une série dont les épisodes s’enchaînent sur un même schéma un peu redondant, qui pourra rebuter à terme, mais qui, pour l’instant, offre des moments de lecture agréables.