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Marcel Priollet (1884 - 1960) fut un auteur majeur de la littérature populaire fasciculaire entre 1910 et la fin des années 1950.

On doit à l’auteur de nombreuses séries fasciculaires dramatico-sentimentales du style « Mariée à quinze ans » ou « Accusé par sa fille » et bien d’autres.

Mais, que ce soit sous son nom ou divers pseudonymes (René Valbreuse, Henry de Trémières, R. M. de Nizerolles, Marcelle-Renée Noll…), il écrivit également de nombreux récits d’aventures, fantastiques et, aussi policiers.

Si, dans ce dernier genre, il signa seulement deux séries fasciculaires (« Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs », doutez de l’information en faisant l’auteur de « Tip Walter »), en épluchant son immense bibliographie, on découvre d’autres personnages récurrents dans des séries généralistes.

Ainsi, dans la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes, vers la fin des années 1930, dont la plupart des 96 titres sont signés de l’auteur sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll, plusieurs enquêteurs reviennent régulièrement et, même, se croisent dans certains récits : L’inspecteur François Pessart, l’inspecteur Bob Rex de la Brigade Mondaine, le détective Sébastien Renard et le détective radiesthésiste Claude Prince.

« Les trois épouses de M. Flach », numéro 69 de la collection est un fascicule de 24 pages contenant un récit d’un peu plus de 7 300 mots et dans lequel intervient Claude Prince, avec une petite apparition de l’inspecteur François Pessart.

LES TROIS ÉPOUSES DE M. FLACH

Au cours d’une soirée mondaine, le détective radiesthésiste Claude PRINCE fait la connaissance d’Yvette Flach, une jeune femme en proie à un vif souci.

Celle-ci finit par lui avouer qu’elle craint pour sa vie et qu’elle soupçonne son mari d’être un Barbe-Bleue moderne.

En effet, M. Flach lui a caché avoir eu deux épouses par le passé et elle a découvert un squelette enterré dans son orangerie…

Quelques semaines après cette confession, Claude PRINCE n’ayant plus de nouvelles d’Yvette, se rend à la propriété des Flach.

Le couple s’est mystérieusement envolé !...

Claude Prince fait la connaissance, lors d’une soirée chez Mme de Serres, de la jeune Yvette Flach. Celle-ci semble absente et, apprenant l’identité de Claude Prince, décide de se confier à lui. Mariée depuis peu avec Robert Flach, lors d’une absence de son mari, elle découvre, dans l’orangerie de la propriété, un squelette enterré. En fouillant le bureau de son mari, elle tombe sur deux photos de jeunes femmes avec des petits mots doux au dos, deux probables épouses précédentes que son mari lui a cachées. Elle ne peut s’empêcher d’avoir peur et demande à Claude Prince de venir, le lendemain, à l’orangerie, pour pratiquer son art sur le squelette. Mais, le mari étant rentré à l’improviste, elle décommande Claude Prince.

Deux mois plus tard, n’ayant pas de nouvelles, Claude Prince décide de se rendre à la propriété des Flach et apprend que le couple a quitté les lieux depuis quelques semaines…

7 400 mots ! Je répète ce chiffre pour bien faire comprendre que le lecteur ne peut pas s’attendre à grand-chose d’un si court récit et surtout pas à découvrir une intrigue digne de ce nom.

Dès lors, il ne sera pas surpris de cette histoire assez simple pourtant basée sur de nombreuses coïncidences fortuites afin d’offrir des surprises et des rebondissements aux lecteurs.

On aura le droit au sauvetage du héros pour une « intervention miraculeuse » comme l’indique le titre du chapitre correspondant, un peu comme quand, dans un film hollywoodien, le héros parvient à désamorcer la bombe à la toute dernière seconde… mais en tapant un code au hasard (le hasard fait toujours bien les choses quand il sert le dessein d’un auteur).

Si l’on excepte le besoin d’épouser des femmes, de Robert Flach, pour en faire ce qu’il en fait (il aurait été plus simple, moins voyant et plus rapide de se contenter de faire comme Landru, de fréquenter), les seules choses que l’on peut reprocher à ce texte, c’est ce qui est induit par le format court : l’intrigue et l’intervention du hasard.

Car, à part cela, l’ensemble n’est pas désagréable à lire même si on sent que l’auteur aime revenir à ses grands amours de la littérature dramatico-sentimentale.

Au final, un petit texte qui possède les défauts du format court, surtout quand l’auteur veut tout de même proposer surprises et rebondissements.