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Marcel Priollet… Je continue ? Car je ne cesse de parler de cet auteur de littérature populaire fasciculaire né en 1884 et mort en 1960 qui écrivit des centaines et des centaines de récits entre 1910 et la fin des années 1950, pour alimenter les collections de récits d’aventures, fantastiques, dramatico-sentimaux ou policiers et ce sous divers pseudonymes comme Henry de Trémières, René Valbreuse, R. M. de Nizerolles ou Marcelle-Renée Noll.

Bien sûr, non, pas besoin de vous en parler, donc.

Je vais juste me contenter de contextualiser le titre « Le drame de Juan-Les-Pins » un fascicule de 24 pages publié vers la fin des années 1930, début 1940 (les fascicules ne sont pas datés) n° 79 de la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes et contenant un récit indépendant de 7 300 mots.

C’est dans cette collection que l’on retrouve le plus de personnages récurrents de l’auteur, certains se côtoyant au sein de certains récits : le détective radiesthésiste Claude Prince, le détective Sébastien Renard, l’inspecteur Bob Rex de la Brigade Mondaine ou encore l’inspecteur principal François Pessart.

Ce sont ces deux derniers enquêteurs que l’on retrouve dans le titre du jour. 

LE DRAME DE JUAN-LES-PINS

Un homme est mort !

C’est la frayeur à la pension des « Sables-Rouges » de Juan-les-Pins ! Un client a été assassiné durant la nuit de deux balles dans la tête.

L’inspecteur François PESSART, dépêché de Paris, débarque dans la cité balnéaire pour mener son enquête.

En arrivant, quelle n’est pas sa surprise en apercevant son ami, l’inspecteur Bob Rex de la Brigade Mondaine, en vacances dans la ville !

Mais la stupeur de PESSART est plus grande encore d’apprendre que Bob Rex en sait beaucoup sur le drame de Juan-les-Pins…

L’inspecteur Bob Rex, sous un nom d’emprunt, prend ses vacances dans un palace de Juan-les-Pins, il y croise une belle jeune femme dont il s’éprend rapidement, mais celle-ci est mariée. Quand il la remarque en conversation intime avec le secrétaire de son mari, Bob Rex, curieux, s’approche pour entendre la conversation. La jeune femme confesse au secrétaire que, deux ans auparavant, elle eut un amant qui, se trouvant dans la dèche, lui demande d’engager ses bijoux pour financer son installation professionnelle. Depuis, elle porte de faux bijoux, mais son mari a besoin de les faire estimer pour servir de garantie à un prêt urgent dont il a besoin pour ses affaires. L’ancien amant, contacté par la jeune femme après avoir longtemps gardé le silence, assure débarquer le lendemain à Juan-les-Pins pour apporter les papiers du Crédit municipal permettant de récupérer les bijoux.

Bob Rex décide alors de se loger dans la pension dans laquelle doit arriver le bellâtre afin d’en savoir plus, mais celui-ci est rapidement retrouvé mort de deux balles dans la tête dans sa chambre…

Marcel Priollet est un adepte de l’adage « Chassez le naturel et il revient au galop ». Effectivement, même quand il se consacre au genre policier, il a bien du mal à se détacher de son genre de prédilection, le récit dramatico-sentimental.

Une nouvelle fois, son récit est prétexte à présenter le drame d’une jeune épouse ayant succombé aux charmes d’un bellâtre qui a abusé d’elle pour obtenir de l’argent. La femme vit depuis sous la crainte d’un chantage aux lettres intimes, afin de lui extirper encore plus d’argent.

Sur cette intrigue sentimentale se greffe l’intrigue policière : qui a assassiné l’amant ?

Évidemment, l’auteur va proposer plusieurs suspects, plusieurs pistes, afin de respecter le genre de la collection d’origine qui, je le rappelle, se nomme tout de même « Les Grands Détectives ».

Sur seulement 7 300 mots, avouons qu’il était difficile, voire impossible, à l’auteur de proposer mieux que ce qu’il a fait.

Certes, l’histoire et les rebondissements reposent une nouvelle fois sur quelques hasards ou coïncidences (astuce la plus usitée pour proposer une intrigue un peu éparpillée en peu de mots), mais, cette fois-ci, ces hasards ne sont pas trop incroyables pour nuire à la lecture.

Ainsi, Marcel Priollet, sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll, parvient en si peu d’espace à proposer une double intrigue (dramatico-sentimentale et policières), plusieurs pistes et suspects potentiels, et même un rebondissement final qui prêterait à sourire si le résultat n’était pas la mort d’un homme.

Au final, pas grand-chose à reprocher à ce court récit quand on apprécie le format et la prose de l’auteur.