Grands Détectives 84

Marcel Priollet fut un pilier de la littérature populaire fasciculaire pendant près d’un demi-siècle à partir de 1910.

Réputé pour ses séries dramatico-sentimentales autour des malheurs de jeunes femmes ou jeunes filles, il a également beaucoup œuvré dans le récit policier bien que deux seules séries avérées semblent pouvoir lui être imputées sous son vrai nom et aucun sous ses divers pseudonymes (Henry de Trémières, René Valbreuses, R. M. de Nizerolles, Marcelle-Renée Noll…)

Pourtant, lorsque l’on épluche son immense production, on découvre plusieurs enquêteurs récurrents, notamment et surtout au sein de la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes où, vers la fin des années 1930 (aucun fascicule n’est daté) il signa de son pseudonyme Marcelle-Renée Noll la majeure partie des 96 titres.

Parmi ceux-ci on y rencontre régulièrement le détective radiesthésiste Claude Prince, l’inspecteur de la Brigade Mondaine Bob Rex, le détective Sébastien Renard et l’inspecteur principal François Pessart.

« Le mystère du taxi bleu » est un fascicule de 24 pages, n° 84 de la collection « Les Grands Détectives », dans lequel on rencontre l’inspecteur principal François Pessart.

Le mystère du taxi bleu :

Un chauffeur de taxi est bien étonné, arrivé à la destination réclamée par ses deux clients, de n’en voir aucun descendre de son véhicule.

Sortant de l’habitacle, il s’en va ouvrir la porte de derrière et découvre le corps sans vie de l’un des deux, l’autre a mystérieusement disparu pendant le trajet.

Bien que le médecin légiste ait conclu à un décès par overdose, l’inspecteur Pessart, chargé de l’enquête, refuse de clore le dossier et veut comprendre ce qu’il s’est passé et qui peut bien être le passager qui s’est volatilisé…

Dans un taxi montent deux clients. À destination, aucun ne sort de la voiture. Le chauffeur, descendu pour savoir ce qu’il se passe, retrouve l’un de ses deux clients est mort et que l’autre a disparu en route.

C’est l’inspecteur François Pessart qui est chargé de l’enquête. Le médecin légiste conclut à une mort par overdose et le juge veut classer l’affaire, mais Pessart décide de persister et se rend chez le chauffeur de taxi, celui-ci a déménagé sans laisser d’adresse le lendemain de la découverte du corps.

Dans ce court récit (pas tout à fait 7 000 mots) Marcel Priollet distille un peu tous les éléments qu’il a l’habitude d’utiliser. Un peu de drame, de sentiments, du mystère, de la drogue et quelques coïncidences, de multiples pistes et suspects et vogue la galère.

Pour autant, difficile d’être satisfait par la lecture de ce récit tant la fin tombe d’un coup, sans explication, laissant penser que, comme cela est déjà arrivé dans la collection d’origine, « Les Grands Détectives », l’histoire se déroule sur deux fascicules d’affilée sans que le lecteur n’en soit prévenu ni à la fin du premier ni au début du second.

Ainsi, l’histoire de ce n° 84, « Le mystère du taxi bleu » doit probablement se terminer dans le n° 85. Le titre de ce dernier pourrait être un indice, malheureusement, la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes est une collection difficile à cerner.

Déjà, elle n’est pas datée et, à l’heure actuelle, les seuls indices permettant une datation se trouvent dans les récits à travers des dates où se déroulent les histoires et laissent à supposer une édition à partir de 1937.

Ensuite, tous les titres n’en sont pas connus. Même les plus passionnés ayant tenté d’établir une liste exhaustive des titres s’y sont cassé les dents. Il en manquerait une dizaine, dont le fameux n° 85.

Alors ? Histoire à la fin brutale ou histoire à suivre, je pencherai grandement pour la seconde solution, m’étant déjà trouvé dans cette situation à la lecture d’autres fascicules de ladite collection.

Dommage, je ne connaîtrais probablement jamais la fin de cette histoire qui, bien que n’étant pas exaltante, serait plus intéressante avec une fin expliquée qu’avec cette chute dans laquelle Pessart donne le nom des coupables sans expliquer comment il les a identifiés.

Au final, une histoire qui se termine trop brutalement pour être honnête !