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Marcel Priollet (1884 - 1960), auteur de littérature populaire fasciculaire spécialisé dans les récits dramatico-sentimentaux et dans ceux policiers, bien qu’il ait également œuvré dans le fantastique et l’aventure.

Entre 1910 et 1960, il écrivit un nombre considérable de textes et de séries sous son nom ou sous pseudonymes (Henry de Trémières, René Valbreuse, R. M. de Nizerolles, Marcell-Renée Noll).

Vers la fin des années 1930, il signe, sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll, la grande majorité des 96 titres de la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes.

Dans cette collection, il met en scène plusieurs personnages récurrents dont le détective radiesthésiste Claude Prince, l’inspecteur principal François Pessart, l’inspecteur de la Brigade Mondaine Bob Rex ou encore le détective Sébastien Renard.

« Dans un château », n° 77 de la collection, est un fascicule de 22 pages contenant une enquête de Sébastien Renard de 7 000 mots.

DANS UN CHÂTEAU

Par un soir de pluie et de brouillard, le détective Sébastien RENARD et son passager ont un accident de voiture.

Si Sébastien s’en sort indemne, ce n’est pas le cas de son ami. Aussi, va-t-il chercher assistance dans le château du comte de Sistrière, camarade de régiment.

Invité par le propriétaire des lieux à rester le temps que le blessé guérisse, une nuit, Sébastien RENARD reçoit la visite, dans sa chambre, de la comtesse. Celle-ci demande son aide, se sentant en danger, son mari voulant se débarrasser d’elle pour épouser sa maîtresse enceinte de lui.

Le lendemain matin, lors d’une partie de chasse à laquelle Madame de Sistrière est obligée d’assister, un coup de feu résonne, un cri de femme retentit…

Nuit et Brouillard, plus pluie, égale accident de la route pour Sébastien Renard et son ami. Le détective s’en sort bien, mais l’ami est bien amoché. Séb, pour les intimes, va chercher de l’aide dans un château proche appartenant au comte de Sistrière. Ce nom lui dit quelque chose, en effet, un camarade de régiment portait le même. Cela tombe bien, c’est lui le proprio. Aussi, ramène-t-on le blessé au château et les deux malheureux sont invités à y demeurer jusqu’à rétablissement.

Lors de conversation, Sébastien Renard apprend de la bouche de son ancien camarade qu’il est malheureux en mariage ayant dû épouser une servante qu’il avait engrossé.

Le soir, la comtesse vient le voir dans sa chambre pour lui demander de l’aide. Elle a peur, on veut la supprimer, car son mari veut épouser sa maîtresse, la fille du marquis voisin, qui est enceinte de lui.

Le lendemain, lors d’une partie de chasse à laquelle tout ce beau monde participe, une détonation résonne, puis le cri de la comtesse. On retrouve, au bord de l’étang, une grande flaque de sang, le corps a dû tomber à l’eau et couler…

Marcel Priollet ne peut s’empêcher, ou rarement, surtout dans cette collection, de mêler ses intrigues policières à des intrigues sentimentales.

C’est une nouvelle fois le cas ici où une bonniche tombée enceinte épouse le jeune et beau comte avant d’être martyrisée par la belle-mère et délaissée par le mari, car n’étant pas du même monde. Vient alors une autre idylle entre le comte et sa promise de jeunesse, une femme de son rang, double intrigue qui engendre celle policière d’un potentiel meurtre.

Rien de nouveau, donc, dans le monde de Priollet et on regrettera principalement que l’ensemble soit ultra condensé, mais format oblige, car ces fascicules de 24 pages peinent à contenir plus de 7 000 mots, ce qui est très peu… trop peu.

C’est si peu que la solution est très rapidement trouvée par Sébastien Renard et qu’il lui faut, pour être aussi rapide, un peu beaucoup de chance.

C’est si peu que la fin tombe brutalement sans que le lecteur ne sache si le récit est bel et bien terminé ou s’il va continuer dans le fascicule suivant, sans prévenir, comme cela est déjà arrivé dans la collection.

Mais comme le n° 78 n’est pas signé de l’auteur et que le titre ne semble avoir aucune correspondance avec cette histoire-là, il faut bien se résoudre au fait que Marcel Priollet à taillé à la hache jusque dans ses derniers mots.

Au final, difficile de faire bien et court à la fois, surtout quand le dernier sentiment du lecteur est « Est-ce bien la fin ? ou y a-t-il une suite ? ».