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Claude Ascain, de son vrai nom Henry Musnik, fut un auteur majeur de la littérature populaire fasciculaire qu’il abreuve de ses très nombreux récits.

Né en 1895 au Chili, sa période de production s’étale entre le début des années 1930 et sa mort en 1957.

S’il écrivit un peu dans tous les genres, c’est avant tout et surtout dans le domaine du policier qu’il s’exprima sous divers pseudonymes (Claude Ascain, donc, mais aussi Pierre Olasso, Alain Martial, Jean Daye, Pierre Dennys, Gérard Dixe et bien d’autres).

Pour multiplier les contrats, il n’hésita pas à réutiliser certains de ses textes en changeant les titres, les noms de personnages, en les signant d’un autre pseudonyme pour les proposer à un autre éditeur.

Malgré cela et les rééditions, il est l’auteur d’un nombre impressionnant de récits dont les personnages sont souvent peu fouillés, format court oblige, et/ou inspirés de personnages célèbres de la littérature populaire tels Arsène Lupin ou le commissaire Maigret.

« Les douze émeraudes » est un fascicule de 64 pages, n° 285 de la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, publié en 1937 et mettant en scène le personnage de Jack Desly, un cambrioleur mondain aidé de son fidèle domestique Annamite Nan-Dhuoc et poursuivi par l’inspecteur Arthème Ladon, son ennemi juré…

LES DOUZE ÉMERAUDES

Jack DESLY, le célèbre cambrioleur mondain, ambitionne d’accaparer les douze émeraudes que le riche américain James Grosswell amène à Paris pour les faire monter en pendentif.

Quand il voit sa proie débarquer dans le palace dans lequel il s’est également installé, il apprend que les joyaux lui ont été dérobés durant son trajet en train malgré la surveillance de l’inspecteur Arthème Ladon.

Plutôt que d’abandonner son projet, Jack DESLY décide de découvrir l’identité du voleur et récupérer son « bien ». Pour cela, il se rapproche du millionnaire et surtout de sa jeune et jolie fille, au grand dam du compagnon de cette dernière…

Jack Desly, apprenant l’arrivée en France du richissime Grosswell, de sa fille, et des magnifiques émeraudes que le gentil papa lui a achetées, décide de s’installer dans le même palace qu’eux. Seulement, à leur arrivée, il apprend qu'un « confrère » a déjà mis la main sur son butin, durant le trajet en train, au nez et à la barbe de l’inspecteur Arthème Ladon chargé de surveiller les bijoux.

Plutôt que de se faire une raison et de passer à autre chose, Jack Desly choisit de découvrir qui lui a coupé l’herbe sous les pieds et de prendre sa revanche.

C’est une nouvelle fois une lutte entre deux voleurs à laquelle nous convie Claude Ascain dans ce récit de 18 600 mots.

Chacun fera preuve d’aptitudes en filature et en déguisements afin de mener leur barque.

Rien de bien nouveau, donc, dans cet épisode, ni de déplaisant pour autant, sauf le fait que Nan-Dhuoc, le serviteur annamite de Jack Desly est bien trop en retrait encore une fois.

Pour le reste, l’intrigue simple consiste en un jeu du chat et de la souris entre Jack Desly et le voleur, mais également entre le voleur et ses associés. Un jeu quelque peu redondant, mais qui, du fait de la concision du texte, n’en devient pas indigeste pour autant.

Arthème Ladon, l’inspecteur de police, l’ennemi juré de Jack Desly, est lui aussi en retrait malgré le double camouflet qu’il subira dans ce récit.

Au final, pas le meilleur épisode de la série, mais une lecture pas déplaisante, ce qui est déjà bien.