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Voilà des années que j’en parle et pourtant, Henry Musnik est toujours inconnu de la plupart des lecteurs d’aujourd’hui.

Pourtant, il fut l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire entre 1930 et 1960 grâce à son immense production dont il abreuva de multiples collections chez différents éditeurs et sous de nombreux pseudonymes (Alain Martial, Jean Daye, Claude Ascain, Pierre Olasso, Gérard Dixe, Pierre Dennys…).

Né en 1895 au Chili et mort en 1957 à Paris, Henry Musnik fut également journaliste sportif.

Difficile d’établir une liste exhaustive de ses textes tant il en a écrit, d’autant qu’il faudrait, pour cela, repérer les nombreuses rééditions sous différents titres, les réutilisations de textes e, changeant le nom de sa plume et ceux de ses personnages pour les proposer à plusieurs éditeurs et, probablement, ses traductions pirates de récits de la littérature populaire anglo-saxonne comme les aventures de Sexton Blake.

Pourtant, malgré toutes ces « astuces », Henry Musnik écrivit énormément, dans différents genres, mais principalement pour le genre policier, des centaines et des centaines de fascicules.

Pour ce faire, il créa plusieurs personnages récurrents, souvent inspirés de célèbre héros de ses pairs comme Arsène Lupin.

Dans la collection « Police et Mystère », une collection de fascicules de 64 pages, vers la fin des années 1930, on retrouve deux personnages récurrents de l’auteur, dont il signa les aventures du pseudonyme de Claude Ascain, et qui luttèrent l’un contre l’autre pendant 17 épisodes.

Ces deux ennemis, Daniel Marsant, agent secret du Deuxième Bureau, et le Grand Maître, un génie du mal aux multiples visages, sont inspirés de Fantomas et de l’inspecteur Juve, les héros de Marcel Allain et Pierre Souvestre.

« Le repaire de Roncerac » est la 8e confrontation entre les deux hommes.

LE REPAIRE DE RONCERAC

Les journaux font les gros titres sur l’agression dont a été victime un employé de la maison Rondier et Tallet, spécialisée dans la recherche en sidérurgie.

Pourtant, le directeur de l’établissement s’inquiète d’un tout autre sujet. On a dérobé dans son coffre-fort les plans d’un acier révolutionnaire résistant à d’extrêmes chaleurs.

Quand il s’en confie au chef du Deuxième Bureau, celui-ci convoque immédiatement son meilleur agent, Daniel MARSANT.

Pour ce dernier, aucun doute ; derrière ce vol se cache une nouvelle fois le terrible Grand Maître, génie du crime aux cent visages et aux mille identités…

Une agression mystérieuse a eu lieu dans une entreprise de recherches en sidérurgie. Un ingénieur a été assommé sans qu’il ne sache par qui ni pour quoi.

Si une enquête de police a lieu, le directeur de l’établissement, lui, se rend plutôt au Deuxième Bureau, car il s’est rendu compte qu’on lui a dérobé les plans d’un acier révolutionnaire dans son coffre-fort sans que celui-ci n’ait été fracturé.

Mais seules trois personnes savent où se cache la clef et connaissent le code. Parmi elles, sa secrétaire, qui n’est autre que la petite amie de la victime de l’agression.

Immédiatement, Daniel Marsant, l’agent secret, soupçonne son ennemi juré, le Grand Maître, d’être derrière toute cette affaire…

On retrouve donc Daniel Marsant une nouvelle fois aux prises avec le Grand Maître dans ce récit de 17 400 mots.

L’auteur développe son intrigue comme dans les précédents épisodes en proposant une affaire criminelle anodine, mais fomentée dans l’ombre par le génie du crime, le Grand Maître.

Daniel Marsant a vent de l’affaire et soupçonne son ennemi d’être derrière celle-ci. Il va donc chercher à lui mettre la main dessus, va s’en approcher, pensant enfin réussir, mais le génial criminel va s’échapper au dernier moment…

Si la structure est classique, elle n’en est pas moins un peu redondante et peut lasser les lecteurs pas très fans de ce genre de lecture. Les autres se trouveront en pays connu et conquis et y trouveront satisfaction.

Personnellement, j’aurais un avis un peu mitigé, trouvant que la pratique manque un peu de finesse, mais acceptant que les auteurs de cette littérature fasciculaire n’avaient ni le temps, ni les moyens ni l’envie, pour la plupart, de faire dans la subtilité.

En clair, Claude Ascain (Henry Musnik) donne aux lecteurs ce qu’ils sont venus chercher sans tenter de leur proposer un peu plus, un peu mieux.

Dommage pour moi.

Au final, un épisode dans la lignée des précédents, mais dont la structure redondante nuit, pour moi, un peu à la lecture.