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Il n’est pas rare, dans la littérature populaire fasciculaire policière, que l’enquête que le lecteur passionné doit effectuer sur les textes et les auteurs pour contextualiser un personnage récurrent et une série soit plus exaltante que celles contenant dans lesdits textes, surtout quand ceux-ci sont plus tournés vers l’aventure que le genre policier.

C’est une nouvelle fois le cas avec « Inspecteur Doublet à travers le monde » une série de 14 fascicules de 24 pages contenant des récits indépendants d’environ 12 000 mots, signés Jean Normand. Elle est parue à partir de fin 1945.

Effectivement, les fascicules n’étant pas numérotés, il faut alors se lancer dans la lecture des épisodes pour se faire une idée de l’ordre chronologique de la série.

Pour rappel, Jean Normand (1885-1956), de son vrai nom Raoul Anthoni Lematte, après avoir fait des études de Droit et être parti en Guyane pour servir dans l’administration pénitentiaire est devenu un écrivain prolifique de la littérature populaire fasciculaire, notamment dans les genres aventures et policiers.

LES FAISEURS DE « QUIMBOIS »

À Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, un pauvre hère venant de découvrir un gisement aurifère est retrouvé mort, dans sa chambre, d’une cause qui semble naturelle.

Un major d’infanterie coloniale, seul médecin du pays, conclut rapidement à un coup de « quimbois », un breuvage qu’on va acheter à une sorcière, et qu’on fait absorber à son insu à un rival pour s’en débarrasser.

Le jeune sergent Paul DOUBLET, lassé que ce genre de meurtrier ne soit jamais inquiété du fait que ledit poison ne laisse aucune trace dans l’organisme, décide de profiter de sa semaine de congé pour enquêter sur le crime. Son objectif premier, trouver le faiseur de « quimbois »…

En Guyane, la mort rôde. Les serpents dans la forêt, la fièvre de l’or… mais il faut aussi compter sur les faiseurs de « quimbois », des sorciers et sorcières créant des décoctions à partir des poisons de la nature pour les gens désireux de se débarrasser d’un rival.

Et c’est un « quimbois » qui est la cause de la mort d’un pauvre homme qui avait eu la chance de découvrir un gisement aurifère convoité.

Le jeune sergent Paul Doublet de l’infanterie coloniale, excédé que ces meurtres ne soient jamais punis du fait que ces poisons ne sont pas identifiables et détectables, décide de profiter de ses congés pour rechercher le faiseur de « quimbois » et, par lui, connaître l’identité du meurtrier…

Indéniablement, « Les faiseurs de « quimbois » bien qu’il ne soit pas le premier épisode de la série que je lise, est le premier épisode de la série.

Effectivement, l’inspecteur Paul Doublet n’est pas encore inspecteur, mais encore sergent dans l’infanterie coloniale.

C’est donc à sa première enquête que l’auteur nous convie.

Pour se faire, Jean Normand positionne l’histoire dans un pays qu’il connaît bien, la Guyane et s’appuie sur le folklore local et les quimbois, ces pratiques mystiques ayant pour but d’envoûter ou d’empoisonner autrui.

Il choisit pour héros un sergent d’infanterie coloniale qui va, à sa libération, s’engager dans la police coloniale.

Bien évidemment l’intrigue policière est légère, le format court n’aidant, et le texte est plus dirigé vers le genre aventurier, aidé en cela par l’exotisme des lieux.

Mais ne boudons pas notre plaisir, ce récit de 12 300 mots se lit agréablement, du fait, principalement, de sa concision et du folklore mis en avant.

Au final, premier épisode dans lequel on fait la connaissance d’un jeune héros, mais aussi du milieu de la sorcellerie locale.